
Comment est-ce que tu t’es préparé pour ces 24 Heures du Mans ?
En tout début d’année j’ai fait dix jours d’entraînement avec mon frère en Espagne, du flat track et du supermotard. Ensuite, fin février, j’ai fait deux jours de tests à Alcarras avec le Tati Team et à cette occasion on a pu mettre au point l’électronique qu’on a revue de fond en comble. J’ai enchaîné avec deux jours de supermotard et de flat track. Début mars, mon team et moi sommes partis pour trois jours de tests privés au Mans. On s’apprête en ce moment à effectuer les essais pré-Mans. Puis après, c’est la course !
Ton Team, Le Tati team, a signé un partenariat plus étroit encore avec Beringer. Quels en sont les avantages, pour vous ?
Du point du vue financier déjà, le partenariat nous permet de développer davantage la moto. On bénéficie également d’une prestation sur mesure pour le freinage, ce qui nous permet d’avoir un meilleur feeling sur la moto en opérant des modifications de détail sur les étriers ou les maîtres-cylindres par exemple.
Cette saison, j’ai l’impression que ton équipe et toi êtes mûrs pour aller chercher un très bon résultat. Est-ce que tu confirmes ?
Cet hiver l’équipe a vraiment investi dans l’électronique. Cela implique de nombreux réglages à effectuer avant la course car nous repartons de zéro, mais j’ai la conviction que quand tout sera bien réglé, ça peut vraiment bien bien fonctionner ! Les quelques problèmes de consommation qu’on a rencontrés l’an passé seront corrigés grâce à ces améliorations. Et les nouveaux boîtiers électroniques qu’on a acquis se rapprochent de ceux qu’on peut trouver sur une moto GP. On devrait donc pouvoir gagner quelques dixièmes au tour. L’objectif pour cette saison est de se battre devant, avec les autres teams privés, et oui, je sens que si on réalise une course parfaite, on peut aller chercher un podium.
Quel est le plus dur sur une course de 24 heures ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les relais de nuits sont les meilleurs. Je les aime bien, car il fait plus frais et on se fatigue moins. Je dirais que le moment le plus dur est entre 9h et 10h du matin, parce que la chaleur revient et toute la fatigue de la nuit arrive. Et en plus tu sais qu’il te reste six heures de course ! De toute manière, ce n’est jamais facile physiquement et on est toujours fatigué à la fin. Une bonne préparation reste essentielle. D'ailleurs en fin de course on remarque que ceux qui n’ont pas de préparation suffisante n’arrivent plus à déhancher par exemple, et roulent pour rouler.
Le manufacturier de pneus peut-il vraiment faire la différence ?
Oui. Les pneus, c’est un gros poids dans la balance. Ils peuvent te faire gagner la course. Evidemment les teams d’usine qui bénéficient de pneus officiels sont avantagés. Il faut savoir qu’en endurance il y a plusieurs types de pneus, ceux du commerce, autrement dit de monsieur tout le monde, ceux de développement ensuite, et enfin les officiels, réservés aux teams d’usine. Pour un ordre d’idée, entre un pneu du commerce et un pneu d’usine, on gagne facilement une seconde au tour.
Est-ce que tu as prévu de courir dans d’autres championnats cette saison ?
Ce n’est pas prévu pour cette année. Lorsque tu as l’opportunité de faire un championnat complet, tu peux négocier avec ton team sur le budget que tu dois apporter pour la saison. Par contre, quand tu veux juste faire une course tu dois tout payer à tes frais et ça coûte un bras ! Entre les pneus, l’essence, la moto, les plaquettes, les frais liés à une éventuelle chute, etc., ça peut vite faire très très cher...
Désormais, en Endurance, on peut voir des teams non “officiels” se battre pour des podiums et des victoires. Comment expliques-tu que des teams privés soient aussi performants ?
La réponse est formulée en partie dans la question précédente. Aujourd’hui les championnats “sprint” type FSBK coûtent super cher. Du coup, de moins en moins de pilotes veulent mettre autant d’argent là-dedans. En Endurance, c’est un peu l’inverse qui se passe. Les managers déjà, sont des passionnés et non pas des businessmen comme dans d’autres disciplines. Ce sont également les managers qui vont chercher les pilotes, par conséquent le principe de l’offre et la demande est différent. En plus, le championnat est vraiment beau et ne coûte pas une fortune. Quand on voit des pilotes comme Guintoli arriver en endurance, ça prouve que ce championnat devient de plus en plus relevé et intéressant. Un autre facteur qui attire de nombreux pilotes, ce sont les nombreux paramètres à gérer pour être bon en endurance. Il ne suffit pas d’être simplement rapide, mais il y a également tout l’aspect physique et mental à savoir gérer. Moi par exemple, je n’ai jamais été le plus rapide en course sprint, par contre je suis régulier et je gère bien mes courses d’endurance. D’autres peuvent être au contraire très rapides sur un relais, mais n’arrivent pas à le demeurer sur la durée car ils n’ont pas la gestion.
Un rêve, un objectif perso à atteindre ?
Enfin aller chercher un p... de podium au Bol d’Or ou aux 24 Heures du Mans ! C’est sûr que ce serait la classe de faire un podium à Oschersleben par exemple, mais ce le serait encore bien plus à une course de 24 heures !
Merci Seb, c’est tout ce qu’on te souhaite !