
Johann Zarco découvrait cette année la catégorie intermédiaire, pour sa quatrième saison en Grand Prix seulement, avec l'objectif de s'adapter le plus vite possible à l'exigeant format Moto2™. Grâce à un entraînement hivernal aussi rigoureux que bien pensé, le vice-Champion du Monde 125cc 2011 a eu un impact immédiat en Moto2 et a tout de suite montré qu'il était capable de lutter pour le Top 10, avant de briller à Estoril et de signer une superbe quatrième place, dès sa troisième course sur 600cc 4-temps.
Bien qu'il ne parvienne pas à atteindre le podium, le jeune Français court régulièrement dans le Top 10, face à des pilotes beaucoup plus expérimentés, et décroche le titre de Rookie of the Year avant la fin de la saison, qu'il termine avec un objectif atteint puisqu'il occupe la dixième place du classement général. Son abandon de Valence, lors de la dernière manche du Championnat, est suivi d'une première journée d'essais positive avec la Suter de Came IodaRacing, dont il a pu nous parler au moment de dresser le bilan de sa saison 2012.
"Je crois que c'est plus symbolique que quelque chose de vraiment extraordinaire. Je me suis battu pour être dans les dix premiers, j'ai réussi à finir dixième et j'en suis assez satisfait. Après, le titre du Meilleur débutant de l'année, c'est quand même quelque chose que les gens remarquent et j'en garderai sûrement un bon souvenir."
"Dès le début de l'hiver, on savait que l'année allait être difficile, qu'il fallait s'adapter à une nouvelle moto mais surtout oublier les automatismes que j'avais pu prendre en 125cc et en réapprendre de nouveaux. Grâce à son expérience, Laurent (Fellon, son manager) a pu bien me conseiller. J'ai beaucoup roulé avec ma R6 durant l'hiver, avec un moteur qui a les mêmes caractéristiques que celui du Moto2 et des pneus de la même largeur, ce qui m'a permis de prendre beaucoup de feeling et de bien me préparer pour mes débuts en Moto2."
"Je commence avec une douzième place au Qatar. L'objectif était d'être dans les dix premiers et je l'atteins dès le deuxième Grand Prix, à Jerez. On a ensuite enchaîné au Portugal, à Estoril, où ça a été une superbe course et où je finis quatrième, ce qui est pour l'instant mon meilleur résultat dans cette catégorie. On a donc avancé à pas de géant mais il y a beaucoup d'autres pilotes qui sont arrivés au même niveau par la suite et je pense donc que j'étais simplement mieux préparé qu'eux pour le début de l'année."
"C'est difficile à dire parce qu'il y en a eu beaucoup. En fin de saison, je me suis régalé en Australie, où je termine sixième. Il y a aussi celle d'Aragón, au MotorLand, où l'écart avec le premier était très faible (2,999s). Je termine sixième mais on n'était vraiment pas loin du podium et c'était probablement ma plus belle course cette année."
"Les motos sont géniales, ce sont de très bonnes motos, de vraies motos de course. Les châssis sont très exigeants et c'est parfois impressionnant d'être sur la moto et de passer si vite sans tomber. J'ai toujours eu beaucoup d'adrénaline cette année, à découvrir la vitesse, à plus de 250 km/h, voire 290 au Mugello ou en Australie. Ce sont des vitesses que je n'avais jamais atteintes, mais il y aussi des virages qu'on passe à plus de 200 km/h, en accélérant à fond, et là, on en prend plein les yeux ! C'est beaucoup de bonheur et c'est intéressant en tant que pilote parce qu'on réalise qu'on se rapproche de l'élite. Ensuite, il y a la bagarre avec les autres pilotes qui est beaucoup plus intense, parce que c'est beaucoup plus serré, les motos étant assez semblables. Il y a des équipes qui ont eu plus d'évolutions que d'autres mais ça ne nous empêche pas de pouvoir nous battre et par rapport à la 125, c'est un plus qui est très intéressant."
"J'ai bien mûri. Je le répète encore, avec Laurent, on avait fait beaucoup de kilomètres et je pense que c'est la clé parce qu'au bout d'un moment, on s'habitue à cette vitesse et ensuite ça devient naturel, ce qui permet de passer d'autres caps et d'arriver vers les premières places. Je sens que j'ai mûri en tant que pilote parce que je me sens beaucoup plus à l'aise sur la moto. Rouler à plus de 200 km/h, ça m'a vraiment servi et ça devient naturel. Je pense que c'est la clé pour pouvoir évoluer en sécurité. La maturité et l'expérience servent vraiment. C'était ma quatrième année. Je me sens aussi plus à l'aise dans le paddock, je me sens maintenant comme chez moi et ça me permet d'aborder les course avec beaucoup plus de décontraction. C'est nécessaire en Moto2 parce que le niveau de la concurrence est tellement élevé que c'est souvent dans le mental que se fait la différence."
"Déjà j'aime beaucoup les enfants, et Laurent est un vrai passionné de moto. Il a réussi à me former et à m'amener jusqu'où je suis arrivé et on s'est donc dit qu'il fallait essayer de le faire avec d'autres jeunes. Laurent m'a transmis une méthode pour aller vite en moto, tout en étant en sécurité, et on veut montrer aux gens que c'est possible d'aller vite, à condition de comprendre ce qu'on fait sur la moto et de rester en sécurité. Je m'occupe d'enfants de moins de dix ans et c'est génial parce qu'ils sont vraiment à l'écoute de toute ce qu'on dit et qu'ils progressent très vite, ce qui me procure beaucoup de joie. Ça me plaît aussi parce que ça me rappelle toutes les années que j'ai pu passer en pocket bike et tout ce que j'ai dû apprendre quand j'étais plus jeune."
"On a aussi un autre jeune, un petit peu plus âgé, qui s'appelle Corentin Perolari, et qui a été sélectionné pour la Red Bull MotoGP Rookies Cup 2013. J'en suis fier parce que j'ai beaucoup roulé avec lui. On travaillait avec la moto de la Coupe Yamaha, c'est une machine de 13 ch mais qui a des pneus Dunlop. Ça prouve qu'on peut apprendre beaucoup de choses même sur une moto qui ne coûte pas cher. C'est notre principe avec Laurent. On n'a pas beaucoup de moyens mais on essaye de travailler intelligemment et de préparer les jeunes pour qu'ils soient bons sur n'importe quel type de moto, que ce soit sur PW pour les enfants de moins de dix ans ou sur 125cc. C'est le but de notre école. J'y suis arrivé, pourquoi pas eux. Avec le titre de meilleur débutant de la catégorie Moto2, je leur prouve qu'avec la bonne méthode, on peut y arriver, et je leur sers aussi d'exemple."
"J'ai eu un bon feeling et j'étais assez satisfait parce que j'ai réussi à battre le chrono que j'avais fait en qualifications deux jours plus tôt. J'ai d'abord dû comprendre qu'avec la Suter, on peut passer les virages plus vite et avec des trajectoires plus larges alors qu'avec la TSR, si je partais trop large, les entrées de virage étaient plus difficiles à négocier. Une fois que j'ai compris ça, j'ai pu augmenter mes vitesses de passage en courbe et essayer d'ouvrir les gaz encore un peu plus tôt. Petit à petit, je me suis vraiment fait plaisir. J'étais très content de voir que je pouvais tout de suite ressentir toutes les modifications qu'ils faisaient sur la moto. C'était notre première journée, je suis content, eux aussi. C'est toujours facile de bien s'entendre au début mais ensemble, nous voulons être devant et nous avons maintenant quelques informations pour préparer les tests de février prochain."
"C'est une catégorie très serrée et on se sent toujours assez proche de l'objectif de gagner une course. L'année prochaine, mon objectif sera d'être sur le podium, de pouvoir gagner des courses, de lutter avec Pol Espargaró, qui sera probablement le plus fort l'an prochain et qui a vraiment été très impressionnant sur la fin de l'année. J'ai pu voir comment il pilotait et je crois que dans de bonnes conditions, en étant bien préparé, j'arriverai à le battre."