Reportage publié le 10 novembre 2018

La Cathare Moto Trail - 700km de chemins dans la magnifique région de Carcassonne

Texte de David Zimmermann / Photo(s) de Cocoricorando

Du 21 au 23 septembre dernier a eu lieu la 4ème édition de la Cathare Moto Trail, une rando tout-terrain de 700 kilomètres sur trois jours dans la région de Carcassonne. Retour sur cet événement proposé par Cocoricorando.

En 2013, Cocoricorando organisait la première édition du Paris-Dunkerque, une aventure sur trois jours à travers la France par les chemins. L’idée était de proposer aux nombreux possesseurs de trails de s’adonner à la conduite tout-terrain dans un cadre non compétitif et dans une ambiance décontractée. Avec trois itinéraires par jour à choix en fonction du niveau de chacun et deux nuits en camping avec petit-déjeuner et souper en commun, c’est également un excellent moyen de partager sa passion.

Fort de son succès, le Paris-Dunkerque est complété par la Vercingétorix et la Cathare Moto Trail en 2015. En 2016, c’est au tour du March Moto Madness et en 2017 de la Royale de rejoindre le calendrier désormais bien garni de Cocoricorando.

Pour ceux qui s’en souviennent, en 2016 nous vous avions fait découvrir le Paris Dunkerque et la Vercingétorix. Cette année, on a pris part à la Cathare Moto Trail. Cette rando située dans le sud-ouest de la France nous fait découvrir la magnifique région de Carcassonne. La Cathare tire son nom d’une religion ayant existé du XIIe au XIVe siècle avant d’être exterminée par les croisades chrétiennes. Aujourd’hui, on parle aussi du pays cathare pour décrire cette région qui compte de nombreux et magnifiques vestiges de châteaux de ce peuple disparu.

Entre le Hard Alpi Tour et les préparatifs pour le Rallye des Pionniers c’est à la bourre et sans la moindre préparation que je balance mon Africa Twin 650 dans mon vieux Citroen Jumpy pour 800 km de route afin de rejoindre le lieu de rendez-vous de la Cathare Moto Trail à Villemousstaussou. Non, je n’ai pas fait d’erreur de frappe, c’est bien le nom correct. J’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises avant d’être capable non seulement de le prononcer mais aussi de m'en souvenir, essayez-voir c'est pas triste… Il faut dire que nos voisins Français sont particulièrement doués quand il s’agit de trouver des noms de villes un peu funky n’est-ce pas ?

Après avoir laissé mon Jumpy dans un camping à quelques kilomètres, j’arrive à "ville mousse tes sous" le vendredi matin, peu avant le briefing. 

Je constate avec plaisir qu’il y a une bonne palette de vieilles bécanes des années 80 et 90 comme je les aime. De la Suzuki DR600 à la mythique Yamaha XT500, en passant par des Africa Twin, des Dominators et même une vieille MZ deux temps. On notera également la présence de trois sidecars Ural et d’une magnifique Yamaha XT660 d’usine construite à 15 exemplaires pour le Dakar de 1995… 

Alors que je suis en plein matage de motos, je tombe nez à nez avec Jérôme et Pierre, deux potes avec qui j’avais fait équipe sur le Hard Alpi Tour en 2017 et 2016. Jérôme est toujours fidèle à sa vieille Super Ténéré 750, super bricolée. Pour l’occasion elle reçoit même des sacoches latérales de Solex. Pierre, lui, a tronqué sa GS1200 contre la dernière KTM Adventure 1290R. Et moi, je suis bien content de me joindre à eux pour le weekend !

Après un bref briefing donné par l’irremplaçable Laurie, chouchou de ces bikers et présente sur tous les événements Cocoricorando, on prend la route en choisissant la trace « extrême ». La météo est au top. Il fait chaud avec un ciel un peu couvert, juste ce qu’il faut pour rouler dans des conditions agréables.

Comme sur les autres événements, Cocoricorando fourni trois traces GPS (au format GPX ou Tripy). Une trace « route », une trace « aventure » et une trace « extrême ». Chacun est libre de choisir ce qui lui convient le mieux, le but étant de se faire plaisir et d’arriver saint et sauf au bivouac pour le repas en commun le soir.

La trace GPS d’environ 210 km de la première journée nous emmène au travers de paysages vinicoles typiques de la région. Les chemins sont bien entretenus, assez facile d’accès et mes appréhensions concernant ma monte de pneus (Metzeler Tourance) s’envole rapidement quand je réalise qu’ils sont tout à fait aptes à la tâche.  Même s’il y a quelques sections un peu plus caillouteuses, en général ça reste bien roulant et pas trop technique. 

Par la même occasion, je découvre mon Africa Twin 650 pour la première fois en tout-terrain. Très équilibrée et facile à emmener malgré son poids, la grosse surprise c’est son moteur d’une souplesse qui pourrait presque me faire renier ma passion pour les gros monos tant il est agréable en tout-terrain. Elle met immédiatement en confiance et ses suspensions d’origine sont loin d’être ridicules pour ce genre de pistes. C’est sans aucun problème qu’à son guidon je tiens tête à bien des motos récentes et au fur à et mesure des kilomètres, je l’apprécie de plus en plus. 

Après une pause dîner dans la jolie ville de Limoux, on reprend la route et on arrive au camping sur le coup des 17 heures. Le temps d’installer la tente et de prendre une douche chaude, on est prêt pour l’apéro.

Peu de Suisses à cette édition, probablement à cause de la grande distance, mais je tombe néanmoins sur Renate et sa clique de GSistes, des habitués que j’avais déjà rencontré sur les autres événements Cocoricorando. Cette petite dame en aura certainement épaté plus d’un au vu de la dextérité avec laquelle elle manie son tank teutonique, en version Adventure qui plus est! La classe ! d’ailleurs, même si la gente féminine n’est que trop peu représentée dans le monde de la moto, et encore moins dans les événements de ce type, je constate qu’il y a quand même qu’elles sont plus nombreuses qu’en 2016.  

La nuit est fraiche et je mentirais si je vous disais que j’ai bien dormi... Déjà, ma minuscule tente de 1.2kg est bien pratique dans les bagages, mais quand il faut dormir dedans c’est une autre paire de manche. En plus, on a eu la brillante idée de poser nos tentes sur un terrain légèrement en dévers, donc impossible de dormir sur le dos sous peine de rouler contre le bord inférieur de la toile. Mais le plus délicat, une fois les derniers fêtards couchés, fut certainement le vacarme des ronflements accompagnés de pets  qui s’élevaient d’un peu partout dans le camping… Et oui, ce soir le souper c’était cassoulet !

Le bivouac étant les deux soirs dans le même camping, c’est léger qu’on part le lendemain matin puisqu’on peut laisser tout notre matos de camping sur place. 

Au menu de la seconde journée, de nombreuses pistes très roulantes et pas piégeuses, bien au frais dans des forêts et sur de petits cols. Les paysages sont magnifiques et de temps à autre on aperçoit les vestiges d’un château Cathare. Le tracé, même en mode extrême est très abordable et constitue un excellent choix pour ceux qui ont déjà mis les tétines dans la terre à quelques reprises. Niveau météo et pistes, difficile de faire mieux. Il fait tellement beau qu’on décide se faire un pique-nique et de casser la croute au milieu de la nature. 

Alors qu’on pensait avoir trouvé un coin tranquille où l’on peut tomber bottes et futals, on tombe pile poils dans le collimateur de l’équipe photo-vidéo de Cocoricorando qui nous immortalisera dans nos plus « magnifiques » calebars. C'est sûr, notre sex-appeal en a pris pour son grade... 

On fait connaissance avec un groupe de belges malchanceux. Coincés ici, ils attendent l’assistance qui doit venir récupérer une de leur moto. Pas de casse humaine heureusement, mais une mauvaise chute qui aura eu raison du carter latéral gauche très exposé de l’Africa Twin 1000 DCT. Résultat un gros trou et une belle fuite d’huile... On leur remonte un peu le moral avec du fromage et du saucisson avant de reprendre la route.

Le reste de la trace sera à la hauteur de ce qu’on a pu avoir ce matin et c’est fatigué mais ravi qu’on rejoint le camping peu avant 18 heures. Ce soir c’est paella pour le souper et une super soirée à discuter d’ULM avec nos voisins de table en sirotant bières et verres de rouge. 

Dimanche matin il faut plier bagages avant le départ car on retourne sur Villmousstaussou. Pour avoir essayé de grappiller un max de minutes de sommeil supplémentaires, je suis un peu à la bourre et j’ai un peu du mal a faire rentrer toutes mes affaires dans mon sac étanche Enduristan.

Chaque matin, les départs sont donnés par groupe de 3 à 5 motos avec un intervalle d’une minute entre chacun, et en règle général ça fonctionne plutôt bien. Ce matin, ça bouchonne un peu au début et on se retrouve derrière les side-cars Ural sur une dizaine de kilomètres. Je suis impressionné de voir, avec leur poids et leur faible puissance avec quelle aisance ils progressent sur les chemins.

Mes coéquipiers devant encore rentrer jusqu’à Grenoble et moi-même jusqu’en Suisse le jour même, on décide de prendre le chemin du retour en début d’après-midi.  

Aujourd’hui la température dépasse allégrement les 30°C et on roule sous un soleil de plomb. Les paysages sont à nouveau plus secs, dans le même style que le premier jour. La piste est toujours aussi sympa, mais vers 13 heures, alors qu'il nous restait bien 140km à rouler, on décide de couper court et de prendre le chemin du retour après une halte dans une petite boulangerie.

Jérôme et Pierre prennent la route pour Grenoble et moi pour Villemoussaussou, afin de récupérer mon Jumpy. Au vu du vent latéral qu’il y avait sur l’autoroute, j’étais vraiment heureux de ne pas faire les 800km du trajet retour à moto.

La Cathare est, comme les autre événements organisés par Cocoricorando, un excellent moyen pour découvrir un coin de ce magnifique pays qu’est la France, de s’initier au plaisir de la conduite tout-terrain dans une ambiance vraiment cool et surtout de rencontrer des gens qui partagent la même passion. En plus, j'avoue que parfois ça fait sacrément du bien de partir faire une virée sans devoir concocter un itinéraire sois-même ni avoir a chercher un ébergement. 

Informations Pratiques

L’inscription à la Cathare Moto Trail coûte 440 euro et inclus les traces, les petits-déjeuners, les trois soupers, l’accès au camping (avec douches et WC) ainsi qu’un T-shirt souvenir. Sur place, il est possible de louer un GPS Tripy pour 110 euro et également de faire transporter ses bagages pour 95 euro. Le forfait accompagnant (ou passager) est de 110 euro.

Pour de plus amples informations sur les événements Cocoricorando, consultez le site officiel.

Attention ! Avec un maximum fixé à 150 participants par événement (200 pour le PDK), mieux vaut ne pas trainer lors de l’ouverture des inscriptions car ceux-ci sont quasi tous complets en l’espace de quelques jours. Pour le Paris-Dunkerque et la Vercingétorix c'est même en quelque heures que toutes les places sont prises.

J’en profite pour remercier toute l’équipe de Cocoricorando pour leur super travail !

David
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