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La rando Paris-Dunkerque en Triumph Tiger Explorer 1200 - 700 kilomètres d'aventure extrême

Texte de David Zimmermann / Photo(s) de David Zimmermann et CocoricoRando
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Une rando moto tout-terrain de 750km reliant Paris à Dunkerque en trois jours, c’est ce que proposent les organisateurs du Paris-Dunkerque pour la quatrième année consécutive.

Toutes photos se trouvent dans la galerie en fin d'article.

Chez AcidMoto.ch, on a immédiatement accroché au concept. De plus, ça nous a donné une excellente excuse pour tester la nouvelle Triumph Tiger Explorer 1200 XCa.

Jeudi 12 mai : Vuadens-Paris (600km)

Je débarque chez Motos Vionnet à Vuadens (FR) sur le coup des 09h00 pour récupérer la Tiger Explorer 1200 XCa que Triumph Suisse a bien voulu mettre à disposition pour l’événement. Montée avec un train des tous nouveaux Michelin Anakee Wild et une paire de valises en alu, il ne me reste qu’à brancher mon GPS et y charger mes affaires. La XCa, c’est la version avec jantes à rayons, sabot-moteur en aluminium, repose-pieds usinés dans la masse, feux anti-brouillard et arceaux de protection-moteur. C’est la même que j’ai testée lors du lancement au Portugal, à la différence que cette fois, j’ai des vrais pneus tout-terrain (lisez mon article-essai).

Les 600km qui me séparent de Paris se feront sous la pluie. Du coup, malgré moi, je commence directement par tester l’étanchéité de mon nouvel équipement Klim Badlands. Une fois arrivé à Paname et débarrassé de mon équipement, le verdict est sans appel, je suis sec ; Klim a rempli ses promesses pour l’instant. Contre toute attente, mes fidèles bottes TCX ont pris l’eau. Elles étaient pourtant étanches l’année passée. Tant pis, demain, je roulerai avec des sacs à poubelle sur mes chaussettes.

Vendredi 13 mai : Trocadero-Beauchamps (260km)

Le rendez-vous est donné ce vendredi matin à 07h30 devant la tour Eiffel. C’est près de 200 participants, soit 70 de plus que l’année précédente, qui arrivent de France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Suisse. On est accueilli avec du café et des pains au chocolat dans le froid et la brume qui cache en partie la Tour Eiffel...

Comme pour l’édition 2015, les organisateurs ont eu la bonne idée de faire appel à Laurie Bernard de l’émission "Laurie Moto Club", derrière le micro et devant la caméra pour les vidéos du week-end.

Dans le rang des participants, on notera la présence du mythique Lolo Cochet venu pour l’occasion en Ducati Scrambler et des quatre Parisiennes de l’Equipée qui font un gros buzz en ce moment en France. Une mention spéciale encore à un trio belge en Vespa !

La météo est maussade et la température ne dépasse guère les 11°C quand on prend le départ sur le coup des 09h00. Une fois sortis de Paris, on attaque le premier chemin et, là, c’est la surprise... Enfin, avec tout ce qu’il a plu la veille, on pouvait s’y attendre. De la terre et de la pluie, ça donne... de la boue !

L’organisateur a prévu pour chaque jour deux tracés ; le premier qui s’appelle "Aventure" et le second qui s’appelle "Extrême", ce dernier comportant plus de difficultés. Chacun est libre de choisir la trace qui lui convient le mieux, il n’y a rien d’autre à gagner que de la satisfaction personnelle. La navigation se fait au GPS.

Confiant, après mes dix jours de raid au Maroc de la semaine précédente, je choisis l’itinéraire "Extrême" et je me retrouve en l’espace de quelques secondes à rouler à 15km/h, assis avec les pieds à terre comme un débutant et en serrant très fort les fesses comme si ça allait m’aider... Autant vous dire, les 11°C semblent tout à coup de la vieille histoire et j’ai aussi chaud que dans le désert marocain... Oulala, la moto est ultra lourde, je n’arrête pas de perdre l’avant dans la boue, c’est un cauchemar !

Histoire d’en rajouter une couche, je me fais dépasser comme une merde par un groupe d’Allemands en GS Adventure... 100 mètres plus loin, trois sur quatre sont couchés dans la boue et je m’arrête pour leur donner un coup de main à relever leur grosse bécanes. Mon estime s’en porte un peu mieux du coup...

Voilà qui annonce assez bien le topo de la journée qui continuera plus ou moins de la sorte pour la majorité des participants. Entre éviter les chutes comme on peut, aider ceux qui sont tombés à relever leur moto ou se faire aider à relever la sienne. Dans la boue, il n’y a pas la moindre adhérence et, avec une moto qui avoisine les 300kg tous pleins faits, la moindre erreur ne pardonne pas.

Pour corser le tout, les nombreux chemins entre les champs ont des ornières très profondes, si profondes que, parfois, je sens les valises qui touchent. Une fois engagé dans une ornière, il est bien entendu impossible d’en ressortir. Les gars en GS ont touché les cylindres à plusieurs reprises... La meilleure tactique consiste à essayer de rouler sur l’herbe entre les ornières, mais c’est glissant et parfois en dévers...

Malgré les conditions difficiles, les gens sont de bonne humeur et tout le monde est prêt à aider. Lors de mes trois chutes de la journée, j’ai toujours été aidé spontanément sans même demander. La moto est tellement lourde que, même à deux, il n’est pas évident de la relever. Heureusement, la présence des valises limite l’angle d’inclinaison en cas de chute et la rend plus facile à relever.

En milieu d’après-midi, le ciel se fait menaçant et il commence à pleuvoir quelques gouttes. Avec quelques gars qui roulaient devant moi, on décide de quitter l’itinéraire "extrême" pour finir les derniers 90km sur l’itinéraire "aventure" qui comporte moins de bourbiers. Au final, la pluie s’est rapidement arrêtée, laissant même le soleil percer timidement, mais l’envie de continuer sur la piste "extrême" n’y était plus. J’ai déjà cassé un rétroviseur, je ne veux pas pousser le bouchon trop loin non plus.

Aucune difficulté particulière sur le dernier tronçon, on traverse de magnifiques paysages et de temps à autre de petits villages déserts où le temps semble s’être arrêté il y a bien longtemps.

En fin d’après-midi, j’atteins l’emplacement de notre premier bivouac, à Beauchamps. Situé au bord d’un petit lac, l’endroit est charmant et, à ma grande surprise, je fais partie des premiers à arriver. J’ai le temps de planter ma tente, de prendre une douche tiède et même de savourer une bonne bière au soleil alors que les participants continuent d’arriver tout au long de la soirée. Une mention d’honneur pour les trois Belges en Vespa qui arrivent plusieurs heures après tout le monde.

Après un repas convivial à l’extérieur où je fais quelques connaissances, c’est direction la tente pour essayer de me réchauffer dans mon sac de couchage. Il fait vraiment froid !

La vidéo de la journée :

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