Reportage publié le 28 août 2016

12ème Raid Passion Désert - Le Dakar du peuple [page 3]

Texte de David Zimmermann / Photo(s) de David Zimmermann

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La fin de l’étape d’aujourd’hui se fera dans un ouède de 15km, vraiment pas facile. Et comme bouquet final, nous passons au travers d’une magnifique ville minière abandonnée où j’aurais bien passé quelques heures à faire des photos.

Après quatre jours, la routine commence à se mettre en place. Dès qu’on arrive au camp, il faut commencer par aller chercher ses affaires dans le camion, poser son sac dans la chambre, s’occuper de la moto (plein d’essence, service du filtre à air, réparations et contrôles divers), préparer le roadbook, aller au briefing et finalement au souper. Vers 23h00, on est en général prêt pour aller se coucher.

Etape 5 : Boucle Erfoud 218 kilomètres

L’étape 5 fut pour moi la plus éprouvante du raid. Le départ est donné à 07h00, afin d’éviter au maximum les fortes chaleurs. Après une liaison de 30km, nous voilà au pied des dunes avec au choix, la grande boucle ou la petite. Interdiction de rouler seul, je réintègre mon team, qui bien évidemment choisi de faire la grande boucle...

Rapidement, au détour d’une dune, Alex trouve un participant inconscient à côté de sa moto. Il s’est pris un monticule d’herbe à chameau et s’est fait éjecté. On appelle l’assistance médicale et on attend leur arrivée avant de continuer dans les dunes, avec une température qui dépasse déjà les 35°C. Bien qu’après l’accident il semblait vouloir continuer, on apprendra par la suite que le malheureux a été rapatrié en France, blessé à la cage thoracique.

Contrairement aux voitures, les motos peuvent se permettre d’attaquer les dunes de face, en suivant le cap entre les points GPS pour minimiser la distance. Toutefois, c’est toujours délicat de s’arrêter au bon moment au sommet. Pas assez de gaz et on se retrouve avec la roue arrière enterrée, ce qui nécessite de coucher la moto, la retourner, descendre et remonter la dune. Si on est un peu trop optimiste avec les gaz, on peut se retrouver à passer par-dessus la moto en passant son sommet, car, de l’autre côté ça descend souvent de façon abrupte. C’est toute une technique, et je dois dire qu’avec la Rallye, c’est bien plus difficile que quand je l’ai fait avec mon enduro, qui pesait 40 kg de moins.

En plus de la difficulté physique, on a aussi quelques soucis mécaniques, avec tout d’abord une panne rapidement résolue sur la moto de Werni. Un raccord rapide d’essence s’est déconnecté. Peu de temps après, suite à une chute, la moto de Chris refuse de démarrer, la batterie semble morte.

Il faut la ponter avec une autre moto, mais on n’a pas de câbles et on se trouve au milieu des dunes. Par une chance inouïe, à quelques mètres de sa moto se trouve un puit d’eau inachevé. On réussit à casser deux fers à béton qui pointaient vers le ciel en les pliant et dépliant, et on essaie de ponter sa batterie avec la moto de Werni au moyen de ces fers pliés... ça ne fonctionne pas immédiatement, mais après quelques tentatives sa moto démarre. Autant vous dire qu’on n’est pas peu fiers sur ce coup, de vrais McGyver. La moto fume énormément et il semblerait que suite à la chute il y ait eu de l’huile qui soit remonté dans le cylindre.

Quand on atteint le premier checkpoint, je suis déjà sur les rotules. J’ai usé quasiment toutes mes ressources pour désensabler à de nombreuses reprises ma lourde moto. Après une pause de 20 minutres, on repart. J’en chie un max, je n’arrive même plus à rouler debout tellement je suis exténué, et on est encore pas près d’arriver.

Quand finalement on franchit la ligne d’arrivée, je suis à peine capable de descendre de la moto. Heureusement, aujourd’hui, on dort dans le même hôtel qu’hier, donc pas besoin d’aller chercher les affaires. L’autre bonne nouvelle, c’est qu’on arrive tôt, vers les 15h00, et après une bonne douche, je profite de dormir deux heures avant de m’attaquer à la mécanique et la préparation du roadbook de demain.

A la tombée de la nuit, deux participants dont le Genevois Alain, ne sont toujours pas rentrés. L’organisation nous communique qu’ils les ont retrouvé et qu’ils sont en train de les rapatrier au camp. Ils se sont égarés et retrouvés sans eau ni essence, ni réseau téléphonique. Grâce à la balise de détresse SPOT, l’organisation les a retrouvés, mais ce n’était pas gagné parce qu’ils ont bougé après l’avoir déclanchée. Pour empirer la situation, ils se sont même séparés. Mais tout est bien qui finit bien puisqu’avant minuit ils sont les deux de retour.

Etape 6 : Erfoud-Zagora 354 kilomètres

Cette journée du 1er mai, je m’en souviendrai toute ma vie. Je pars seul, et ça ne commence pas très fort pour moi. Je galère un max sur les pistes de sable mou et profond, impossible de rouler assez vite pour ne pas m’enfoncer sans me faire de grosses frayeurs. En fin de matinée, je rattrape mes compatriotes et continue un moment avec eux avant de les perdre dans un oued de plusieurs kilomètres de sable  profond. Ici, pas d’autre solution que de mettre son cul le plus en arrière possible et de rouler avec les gaz à fond. Il faut au moins atteindre 60 km/h pour ne pas rester planté, dis comme ça, ça paraît facile, mais je vous assure que c’est physique quand la moto balance dans tous les sens.



A la sortie du oued, j’aperçois un petit village avec des enfants qui me font signe, du coup je sors et pars dans la direction qu’ils semblent m’indiquer.

Après quelques centaines de mètres sur un minuscule sentier, je me rends compte que je suis parti dans la fausse direction et que je dois retourner en arrière. Je m’arrête pour vérifier mon GPS et je décide de suivre un petit chemin qui contourne la colline pour repartir vers le village quand soudain je me fais désarçonner de la moto qui continue tout droit et moi, une fois à terre, je réalise avec horreur que je viens de me prendre un fil barbelé au cou. Je ne l’ai absolument pas vu, il a du être soulevé par le carénage de la moto avant de m’arriver au cou. Je me relève et mets les mains autour de mon cou, Quand je vois le sang sur mes gants, je panique... J’en ai pour combien de temps ? Je vais mourir ? Personne ne va me trouver ici, il faut que je retourne au village !

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