Reportage publié le 15 juillet 2021

Les Trail Adventure Days en BMW F850 GS Rally

Texte de David Zimmermann / Photo(s) de Patrick Boivert, Mathias Deshusses

Les Trails Adventure Days, c’est le rendez-vous annuel organisé par le magazine éponyme. Comme en 2020, cette 6ème édition se déroule dans le Massif du Sancy (Puy-de-Dôme). L’occasion pour les participants de tester les derniers modèles de nombreuses marques, de s’initier à la pratique du tout-terrain en toute sécurité grâce à des ateliers de pilotage, de faire une rando de nuit en groupe ou encore de partir individuellement sur différents itinéraires GPS tracés par l’organisation.

Entre-nous, je ne vous cache pas que j’attendais ces Trail Adventure Days avec impatience. En plus d’être ma première participation, c’est également le premier évènement que je couvre depuis le Swank Rally di Sardinia il y a huit mois ! Je commençais sérieusement  à rouiller dans mon coin. Pour l’occasion BMW me prête une F850 GS Rally chaussée d’une paire de pneus mixtes Metzeler Karoo 3. Avec ses belles jantes dorées façon trail des années 80 et son coloris bleu et rouge qui n’est pas sans rappeler son ancêtre, la R80 G/S.

En route vers le Massif de Sancy

La météo est au rendez-vous et les quelques 500 kilomètres d’autoroute ne sont qu’une formalité tant j’apprécie le « luxe » d’être à nouveau sur la route pour quelques jours.

Suite à un problème de livraison de la moto, je pars avec quatre heures de retard sur mon planning initial. Du coup, je m’arrête à peine le temps de remplir son réservoir quand le voyant de réserve s’allume, à savoir tous les 200 kilomètres et de vider le miens par la même occasion. On peut espérer une autonomie d’environ 260 à 280 km avec les 15 litres du réservoir. Celui-ci a d’ailleurs quitté sa position sous la selle qu’on connaissait sur les F650 et F800 GS depuis un bail pour reprendre une place plus traditionnelle, sur le moteur, au détriment du centre de gravité et de la contenance. On se retrouve dans une configuration similaire à la T7 et la Tiger 900.

Quand je rejoins enfin l’ancienne station de ski de Chambon-des-Neiges en fin d’après-midi, le parking est déjà bien rempli. On trouve principalement des machines récentes et surtout des grosses cylindrées toutes équipées, preuve que dans le Trail on a une clientèle qui gagne plutôt bien sa croûte.

Les marques à l’essai

Les essais proposés par les grandes marques comme KTM, BMW, Honda, Suzuki et Harley se font en groupe avec un guide et permettent aux intéressés de se faire une bonne idée de l’aptitude de ces mastodontes sur des parcours mixtes route et tout-terrain.

La star de l’évènement c’est incontestablement la Harley Pan America. Elle n’a pas été épargné par son look improbable sur les réseaux sociaux, mais dans la vraie vie, tout le monde veut essayer ! D’ailleurs, je n’ai d’ailleurs pas réussi à trouver un créneau libre du weekend !

J’ai l’occasion d’en parler un peu avec François Barrois, qui lui est venu quelques jours avant l’événement afin de réaliser le test pour Moto Magazine. Il me confie que c’est une réussite.

On trouvait également Ducati avec la nouvelle Multistrada V4s que je n’ai pas pu m’empêcher d’essayer et qui m’a vraiment surprise par un moteur d’une souplesse et d’une douceur que je n’ai encore jamais connu sur une Ducati.

Dans les motos d’entrée de gamme on trouvait aussi  Mash, Enfield et Zontes qui eux proposaient des essais en solo sur route.

Niveau équipement, l’excellente marque suisse de bagagerie souple Enduristan partageait un stand bien fourni avec Klim, marque américaine spécialisée dans les habits moto et casques haut de gamme.

La marque allemande Schubert était également présente et proposait son casque E1 en test.

La rando de nuit

Vendredi soir à 21h, le départ est donnée pour une rando de nuit accompagnée, limitée à 50 participants. Je m’intègre dans un groupe d’une demi-douzaine de motards et c’est parti pour environ deux heures de tout-terrain avec le soleil qui se couche progressivement en toile de fond. Le niveau est assez facile et c’est exactement ce qu’il me faut pour me dérouiller un peu depuis le temps que je n’ai pas pratiqué. La F850 GS est très facile à prendre en main et son bicylindre très souple et linéaire me rappelle celui de la Tenere 700.

Quand on atteint le point de ralliement, il est plus de 22 heures et il fait nuit noire. On partage un petit apéro vin/fromage à la belle étoile avant de rebrousser chemin. J’ai perdu mon groupe, et du coup je mets l’adresse de mon hôtel dans le GPS et je rentre seul. L’éclairage LED de la F850 est assez bluffant d’efficacité, mais attention en freinage. La fourche a tendance à beaucoup plonger et du coup, en freinage la vision est réduite un instant.

Les randos du samedi

Samedi, les participants ont le choix parmi différentes traces GPS mises à disposition par l’organisation; 100% route, initiation au tout-terrain avec un peu de piste, mixte et 100% off-road. Il est prévu de pouvoir faire une trace le matin, et une seconde durant l’après-midi.

Je pars sur la trace 100% off-road en compagnie de Tim, un compatriote genevois rencontré la veille et Patrick, le rédacteur en chef de Trail Adventure avec qui je collabore depuis plus de 5 ans et que je rencontre pour la première fois en chair et en os ! Il a besoin de quelques photos d’action, et je profite de sa présence pour avoir quelques belles images de ma GS en action pour illustrer cet article. Je suis le seul à avoir un GPS, ce qui me permet de rouler en tête et de ne pas bouffer la poussière des autres.

La trace est sympa et bien variée. On navigue entre des sections terreuses en sous-bois à des passages de chemins graviers et même très caillouteux.

Ma F850 GS s’en sort bien. Elle est facile à emmener, la hauteur du guidon me convient, ce qui n’est pas toujours le cas avec mes 1.82 mètres. J’ai l’impression que la selle est un peu plus basse que pour certaines de ses concurrentes, en tout cas j’ai parfaitement pieds à terre, ce qui me facilitera grandement la tâche pour les nombreux tourné sur route que j’ai eu à faire pour les photos.

Elle a un côté « tapis volant » avec ses suspensions souples, ce qui est très agréable d’un point de vue du confort. Cela fonctionne parfaitement aussi longtemps que le rythme est cool. Celui qui attaque va par contre rapidement trouver les limites de la fourche trop souple qui n’est malheureusement pas réglable.

Bien qu’il y ait près de 300 participants durant tout le weekend, le nombre des variantes proposées en plus du fait que beaucoup ne roulent pas forcément les deux jours permet de rouler en petit groupes sans se retrouver à la queue-leu-leu. Sur la trace que j’ai faite, il n’y a eu que deux passages qui bouchonnaient.

Le premier est une montée étroite à côté d’un escalier où nombreux sont ceux qui on eut besoin d’un petit coup de main pour franchir la dernière racine (moi y compris). Les boxers ont dû prendre un chemin d’évitement sous peine d’endommager leurs cache-culasses. Beaucoup de grosses cylindrée feront pareil.

Le second est une descente infernale dans un gros pierrier. Quelques participants nous précédant étaient en grande difficulté sur cette section bien piégeuse. Certains avaient grillé toutes leurs ressources et n’avaient même plus la force d’essayer. Ils ont eu la chance de pouvoir compter sur la solidarité de quelques bonnes âmes qui sont montés et redescendus à plusieurs reprises pour chercher et redescendre les motos.

Pour ma part, je m’en suis sorti, sans classe il faut l’avouer, mais tout seul. Ma plus grande crainte était d’endommager une moto neuve qui ne m’appartient même pas !

Mon pote Tim me rejoint une vingtaine de minutes plus tard, rouge écarlate et à bout de souffle. Il a bien galéré et sa belle KTM 1090R en garde quelques traces douloureuses sur l’échappement et un des carters.

Ce passage était beaucoup trop technique pour une grande partie des participants et tout particulièrement ceux qui avaient des grosses 1000 et 1200. Apparemment, l’an passé il y a avait un panneau et la possibilité de choisir entre cette partie « hardcore » et un chemin soft.

Quand on rejoint finalement le Sancy Resort, il est près 14 heures, le dernier moment pour avoir encore quelque chose à manger. Je renonce à repartir sur la 2ème boucle de l’après-midi, et en profite pour discuter avec quelques têtes connues sur le « village ». En fin d’après-midi, un concours est lancé par KTM avec des prix à la clé.

Il s’agit de terminer le plus rapidement possible un petit circuit d’obstacles au guidon d’une KTM 390 Adventure. Le duo de l'école de pilotage Petokask, Ptit Maurice et Stephanie, qui ont organisé un cours de pilotage le vendredi après-midi, nous font quelques démonstrations impressionnantes de leur maitrise. Il va être difficile de les battre, mais de toute façon leur participation ne compte pas, ça serait pas juste. Je tente ma chance pour le fun, mais je suis à plusieurs secondes des meilleurs.

Le ciel se couvre dangereusement en début de soirée, et je m’empresse de rejoindre mon hôtel au bord du lac de Chambon avant la pluie.

Vu la météo pluvieuse annoncé pour le dimanche et les 500 km qu’il me reste pour rentrer, je décide de faire l’impasse sur la grande boucle du weekend. Du coup, je repars en direction de Clermont-Ferrand par des petites routes et découvre par la même occasion qu’il y a tout à fait moyen de se faire plaisir sur la route avec cette F850 GS Rally. Le sage bicylindre commence à se réveiller au-delà des 6'000 tr/min.  et je me régale de ces belles routes quasi désertes avant de rejoindre l’autoroute pour rentrer en Suisse sous la pluie.

Les Trails Adventure Days : Informations pratiques

Cette 6ème édition a attiré plus de 300 participants sur le weekend. L’évènement a lieu chaque année, les informations se trouvant dans le magazine et sur le site.

L’inscription aux Trail Adventure Days coute 219 euro et comprends l’accès aux essais, les traces GPS pour le weekend, les ateliers de pilotage, le souper du samedi soir et le repas de midi du dimanche. Un pack de cadeaux d’une valeur de 100 euro est offert à chaque participant, avec un chouette maillot de cross et plein de goodies (tour de coup, casquette, lunette à soleil, etc.).

La BMW F850 GS : La GS du pragmatique !

Mon collègue Mathias l’avait testé à sa sortie en 2018, et après avoir relu son test très complet que je vous invite d’ailleurs à le consulter, je vais juste rajouter quelques points de mon ressenti à son sujet.

La F850, c’est la GS du pragmatique. Elle peut tout faire, de vos trajets quotidiens à vos vacances en duo en passant par quelques escapades off-roads. Facile à prendre en main, abordable financièrement (prix de base CHF 13'090.-), polyvalente, suffisamment puissante (95 cv) pour se faire plaisir en solo et en duo, elle est bien finie et très bien équipée. BMW a particulièrement mis le paquet dans le « poste de pilotage ». Son petit réservoir de 15 litres permet d'affiner sa silouette et de réduire le poids haut placé. La F850 GS semble énorme à côté.

L’ergonomie et les finitions des commodos sont vraiment excellentes, en particulier l’accès au régulateur de vitesse dont je ne saurais me passer sur l’autoroute. L’énorme écran TFT de 6.5 pouces est lumineux et parfaitement lisible en plein soleil. Mon Garmin Montana 650 fait pâle figure à côté… J’ai par contre trouvé la navigation dans les menus peu intuitive, heureusement que j’avais suffisamment de temps pour m’y faire. La roulette de sélection est bien pensée et facile à manipuler même avec des gants.

Le son du bicylindre parallèle assez plaisant au ralenti s’avère très feutré en conduisant. Il faut le pousser au-delà des 6'500 tr/min pour l’entendre. Il offre par contre un conduite très souple et sans vibrations en mode balade et lorsqu’on tape dans le lard, à l’approche des 7'000 tr/min, il se réveille avec une louche de vibrations qui nous rappelle que c’est un moteur à explosion. Niveau consommation, sur les quelques 1'200 km de mon essai je me situais à 5.5 l/100 km, mais l'autoroute à quelque peu faussé à la hausse une utilisation typique. 

Je suis en général assez difficile en ce qui concerne la selle, et je dois dire que celle de la F850 GS marque de bons points. Après 500 km mon postérieur s’en porte très bien. Mathias mentionnait dans son test que le shifter est brutal, ce que je confirme. Sur les premiers rapport en tout-terrain il n'est vraiment pas agréable à utiliser. En fait, pour qu'il fonctionne bien il faut être de préférence sur route et en pleine charge.

Le mini saute-vent est réglable en roulant sur deux position grâce à une poignée bien pensée. Vu sa petite taille, il n’y a pas d’illusion à se faire concernant son efficacité. Pour ceux qui font plus d’1.80 mètres comme moi-même, en position haute, il délester tout de même un peu le torse de la pression du vent, mais en contrepartie génère des turbulences dans le casque. On peut facilement y remédier en montante une version plus longue.

Comme je l’ai mentionné plus haut, la fourche non réglable est très souple. Il y a toujours un compromis à faire entre les performances, le confort et le prix. BMW a clairement choisi de privilégier la case confort ici. On ne peut pas vraiment les blâmer, car combien de clients vont-ils vraiment faire du tout-terrain intensifs avec leur moto ?

Le point que je trouve fâcheux est de vendre une moto avec « GS Rally » dans le nom, qui n’est même pas équipée d’un sabot moteur (ce petit bout de plastique ne compte pas). Le moteur et le collecteur d'échappement sont très exposés et en tout-terrain  le risque qu’un cailloux projeté puisse fissure le carter est tout à fait réel. Il va falloir prévoir ça au budget, impérativement. Pour la conduite en tout-terrain, j’investirais aussi dans une paire de repose-pieds larges. Les originaux sont à peine plus gros que ceux de mon Africa Twin 650 de 1988…

Je dois dire que j'ai n'ai pas trouvé comment désactiver l'ABS de la roue arrière. Apparemment il existe un mode "Enduro Pro" mais sur la mienne il n'était pas accessible.

La BMW F850 GS Rally est disponible à partir de CHF 13’090.-. La version que j’ai testé comprenant le Swiss Pack est vendue CHF 13'920.- au lieu de CHF 16'270.-, soit un prix absolument imbattable au vu de la liste d’options incluses. 

Le Swiss Pack comprend le Confort Pack, le Touring Pack, le Dynamic Pack, l’Active Pack, la couleur Rally, le contrôle de la pression des pneus et bouton SOS. L’offre était initialement valable jusqu’à la fin du mois de juin 2021, mais d’après les informations qui m’ont été transmises par BMW, elle sera prolongée durant encore quelques mois.

J’en profite pour remercier BMW Suisse, le garage Vionnet à Sâles et l’équipe des Trails Adventure Days.

David
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