Essai publié le 16 mars 2018

Essai Triumph Tiger Explorer - A la découverte de la Corse à bord du vaisseau amiral

Texte de Charles Donzé / Photo(s) de Charles Donzé

Pour certains motards, les vacances ne sont pas seulement une pause récréative et divertissante durant l’année, c’est aussi l’occasion de s’adonner pleinement à leur passion. Quand certains profitent de s’évader deux ou trois jours en balade à travers la Suisse ou sur les routes d’un pays voisin, d’autres partent carrément durant toute la période de leurs vacances. Pour ma part, n’ayant pas d’enfant et partageant la vie d’une motarde vaccinée, il n’a pas été difficile de prévoir deux semaines à sillonner les routes.

Toutes les photos du voyage : Flickr.com.

Il était donc nécessaire de choisir une moto adaptée, c’est-à-dire offrant un niveau de confort élevé (Madame est exigeante), capable de transporter une quantité de bagages (Madame ne voyage pas léger) sans péjorer le comportement dynamique et si possible apte à sortir des sentiers battus (Madame incite à la débauche), car, on ne sait jamais, le GPS propose parfois des alternatives étonnantes (le GPS a une voix féminine, coïncidence ?)

En fouinant sur la Toile, d’une marque à l’autre et d’un style de moto à l’autre, je me suis rapidement tourné vers la catégorie des trails. Depuis quelques années, les trails se sont imposés comme de véritables couteaux suisses, capable de tout, ou presque ; cette polyvalence, c’est ce que de nombreux motards (re)cherchent. Et j’en fais partie. Il est vrai que l’idée d’avoir une moto capable de t’emmener au travail par tous les temps, en balade after-work à rythme soutenu, en vacances avec passagère et bagages, et même d’opter pour des incartades tout-terrain… le tout dans un confort élevé et des performances intéressantes, c’est alléchant !

La catégorie étant choisie, il ne restait qu’à définir la marque. Se fixant des minima en termes d’originalité, de performances, de fiabilité et de confort, je me suis rapidement orienté vers la Triumph Tiger Explorer, le vaisseau amiral de la famille des tigresses anglaises. Bien que la plupart de ses concurrentes répondaient aux critères, je ne voulais pas d’une BMW R1200GS, car c’est vu et revu. D’une Yamaha XT 1200Z Super Ténéré ? Non plus ! Car tout aussi lourde et d’une motorisation modeste. D’une Ducati Multistrada ou d’une KTM 1290 Adventure, pas assez confortable… Nous avons presque fait le tour des maxi-trails du moment.

Peut-être ai-je des a priori à propos de Triumph. C’est vrai, j’aime bien cette marque européenne qui se distingue des autres en de nombreux points. Un style propre à elle, à mi-chemin entre des lignes racées et sportives et des traits classiques offrant une certaine classe aux modèles. Des motorisations faites exclusivement bicylindres parallèles et trois-cylindres au comportement si caractéristique. Une gamme quasi-complète, de la classique aux trails et routières en passant par les roadsters sportifs ; il ne manque qu’une sportive, mais elle ne saurait tarder au vu de l’arrivée de la marque en Moto2 en tant que fournisseur motoriste. Il y a aussi toute une histoire derrière Triumph, certes avec des passages à vide, mais la marque est présente sur la scène depuis 1885. De plus, une aura particulière gravite autour de la marque, grâce au courant néo-rétro et différents événements de la même veine.

Revenons à nos moutons ou plutôt à notre mule. La Triumph Tiger Explorer est l’élue de nos vacances cette année, c’est un fait.

Notre version d’essai, la XCa, est la mieux équipée, la gamme Explorer débutant avec la XRt et se déclinant même en version Low. XR pour les modèles équipés de jantes à bâtons et plutôt orientés route long courrier et XC pour ceux à jantes à rayons et prêts pour le tout-terrain. La Tiger Explorer XCa est ainsi prête à voyager, et plus encore. Avec des accessoires d’origine en veux-tu en voilà, il faudrait être difficile pour dire qu’il manque quelque chose. En effet, des poignées et selles chauffantes aux feux antibrouillard à LED en passant par les protections en aluminium ci et là, sans oublier la bagagerie complète en aluminium naturel d’origine GIVI mais estampillée Triumph, la Tigresse regorge d’accessoires aussi utiles qu’indispensables.

Avec son coloris kaki sur les éléments de carénage, entrecoupé de partie anthracite satinée, additionné de la bagagerie complète en aluminium, cette Tiger Explorer a fière allure et impose par son gabarit. Loin de l’allure athlétique d’une Honda CRF 1000L « Africa Twin » par exemple, la Triumph assume sa vocation initiale de trail routier, avec des dimensions généreuses, offrant ainsi confort et place aux pilote et passager. Il est vrai qu’une fois en selle, l’un comme l’autre jouit de beaucoup de places pour se positionner confortablement. Les longs voyages seront un régal.

D’ailleurs, en parlant de longs voyages, nous avons choisi la Corse. Initialement, nous étions partis pour le Sud de la France, de Nice au massif des Cévennes et la météo a voulu que nous quittions précipitamment le continent pour rejoindre l’île de Beauté… ses plages sauvages, ses paysages variés, son ciel bleu, ses routes côtières avec leurs nombreux virolets, …

Comme la bagagerie n’est pas équipée de sacs intérieurs, j’ai trouvé mon bonheur chez l’enseigne française d’équipements de loisirs fraîchement installée à Neuchâtel : trois sacs en toile équipés d’une fermeture éclair et de deux poignées pour la modique somme de CHF 5.90 la pièce. Idéalement dimensionnés, mais peut-être pas assez robustes pour tenir dans le temps, ils sont adaptés à notre voyage de deux semaines. Quelques t-shirts, sous-vêtements, shorts, affaires de bain, effets de toilettes, chaussures, appareil photo, combinaison pluie… tout rentre sans peine dans les box, laissant même encore un volume généreux. Il est important de garder un peu de volume, le linge sale prenant plus de place que les vêtements propres et correctement pliés, sans parler de l’éventualité de ramener un ou deux souvenirs, la charcuterie corse, la bière et autres liqueurs valant plus qu’un détour dégustatif.
Enfin, chez Triumph comme chez GIVI, il existe plusieurs sortes de sacs intérieurs, du plus au moins souples aux rigides en passant par les 100% étanches.

Et si l’on se penche sur le coeur tant mécanique qu’électronique de l’Explorer XCa, on découvre une petite merveille technologique qui n’a rien à envier à la concurrence, plutôt féroce dans le segment.

D’abord, côté motorisation, c’est un puissant trois-cylindres de 139cv cubant à 1’215cc qui tracte l’ensemble. Outre la puissance généreuse pour ce type de machine, c’est essentiellement les valeurs de couple qui intéressent ; et là, c’est la bonne surprise car le maximum du couple (123Nm) est atteint à 6’200tr/min et, déjà, les 90% sont disponibles à partir de 2’500tr/min. Il en résulte un comportement moteur linéaire, mais surtout une disponibilité sans faille à tous les régimes pour un confort de roulage maximal. Sur un filet de gaz, les déplacements prennent rapidement un rythme soutenu pour mon plus grand plaisir.
D’ailleurs, que j’augmente le rythme ou que je me balade, la Tiger Explorer s’adapte à toutes les situations. Son châssis d’une rigidité exemplaire pour un trail de près de 300kg et son système de suspensions semi-actives de marque WP font un travail de concert de sorte à répondre à mes désirs. En mode Road par exemple, le comportement de la moto s’adoucit avec une réponse à la poignée moins réactive et un moteur toujours autant disponible mais moins vif, tandis que les suspensions ont l’ordre de filtrer les moindres aspérités de la chaussée, sans pomper dans les virages appuyés. En mode Sport, c’est une autre chanson ; le trois-cylindres réveille le tigre qui l’habite et la suspension se durcit sans entrer dans la caricature mais pour offrir un maximum d’efficacité. De plus, en tout temps, il est possible de jouer sur la dureté des suspensions, peu importe le mode de conduite choisi. Mais dans tous les cas, la Tiger Explorer ajuste la précontrainte du ressort arrière ainsi que l’assiette de la moto, en fonction du chargement et que la moto soit en phase d’accélération ou de freinage. Ainsi, jamais je n’ai dû pester contre de quelconques louvoiements ni ma passagère n’a dû souffrir de l’effet bascule typique des trails.

Et si l’on parle du freinage, Triumph n’a pas lésiné sur les moyens avec ses étriers Brembo à fixation radiale. « Enfin ! » diraient les propriétaires de la première génération de Tiger ! Couplé aux disques de frein avant, le disque de frein arrière remplit lui aussi sa mission avec brio. Lorsque je me baladais, je vous promets que j’ai usé de la pédale de frein arrière. Cette fois, l’Explorer freine, même très fort. Dites-vous bien que l’essentiel des près de 4’000 kilomètres réalisés durant cet essai ont été parcourus avec femme et bagages, soit avec un poids total de plus de 500kg ; et je n’ai pas eu à me plaindre de l’efficacité du freinage, notamment dans les descentes de col.

Des cols, entre la Suisse et le sud de la France, nous en avons franchis. La route des Grandes Alpes est l’un des parcours les plus plaisants et impressionnants pour rejoindre la Méditerranée. Avec ses cols jusqu’à plus de 3’000 mètres d’altitude, le dépaysement est total, tant la nature change et les points de vue sont inégalables. Retenez par exemple les cols de l’Izoard, de l’Iseran, du Galibier, de la Bonnette, … et bien d’autres encore. Outre le strict tracé de la route des Grandes Alpes, il y a dans les environs d’autres cols et routes qui valent le détour.

Pages de l'article :

Pages

AcidTracks 2019 - Organisation de sorties pistes

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
Caractère moteur et sa souplesse
+
Partie-cycle
+
Equipement d'origine
+
Confort
+
Polyvalence
On a moins aimé :
-
Poids à basse vitesse
-
Encombrement de la moto pour les petits gabarits (<175cm)

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Triumph
Modèle :
Tiger Exlporer 1200
Année :
2016
Catégorie :
Routière
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
3 cyclindres en ligne, 12 soupapes
Cylindrée :
1'215 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Ride by wire, injection éléctronique
Performances
Puissance max. :
139 ch à 9'300 tr/min
Couple max. :
123 Nm à 6'200 tr/min
Transmission
Finale :
Par cardan
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multi-disques à bain d'huile
Partie cycle
Châssis :
Treillis en acier tubulaire
Suspension AV :
Fourche inversée WP 48mm entièrement réglable
Suspension AR :
Amortisseur WP entièrement réglable
Pneu AV :
120/70 ZR 19
Pneu AR :
170/60 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Oui
Frein AV :
Deux disques flottants de 305mm, étriers monobloc à montage radial, 4 pistons Brembo
Frein AR :
Simple disque de 282mm, étrier flottant Nissin 2 pistons
Dimensions
Poids total :
244 kg
Réservoir :
20 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Blanc cristal
 
Bleu lucerne
 
Rouge cranberry (XRt uniquement)
 
Vert kai mat (XCa uniquement)
Catalogue
Prix de vente :
CHF 17'000.-
Suivant version
En ligne :

Plus d'articles Moto

Hard Défi Tour 3ème édition - Plus dur tu meurs!
Le Hard Défi Tour a connu durant le weekend du 14 au 15 juin une 3ème édition qu’on peut sans exagération qualifier de "HARDCORE".
Energica et Dell&#039;Orto - Une collaboration étroite et ambitieuse pour un avenir &quot;performant&quot;
Energica et Dell'Orto collaborent en vue de développer un nouveau Power Unit pour motoriser des motos électriques de puissance allant de 8 à 30kW.
Les rumeurs sur une Ducati Multistrada V4 refont surface
C'est nos très sérieux confrères allemands de Motorrad qui lance à nouveau cette information, une Multistrada V4 serait à l'étude depuis déjà un certain temps.
Orny Ring 2019 - La course de Flat Track aura lieu le samedi 17 août à Orny (VD)
Le Moto Club du Milieu du Monde organise le samedi 17 août une course de Flat Track à Orny dans le canton de Vaud.
Les MV Agusta Brutale 1000 Serie Oro et Superveloce 800 Serie Oro Limited ont toutes été écoulées
A peine mises en vente que les 300 unitées de chacune des MV Agusta Brutale 1000 Serie Oro et Superveloce 800 Serie Oro Limited ont toutes trouvées preneur.
L’usine Moto-Guzzi de Mandello del Lario ouvre ses portes du 6 au 8 septembre 2019
Du 6 au 8 septembre prochains, les portes de l’usine Moto Guzzi, à Mandello del Lario, sur les rives du lac de Côme, seront ouvertes à tous les "Guzzisti" et à ceux qui vont le devenir.

Hot news !

Essai Suzuki Katana 2019 - Paradoxe temporel
Hommage aux années 80, machine à l'identité très assumée et aux performances bien réelles, la GSX-S 1000 S Katana divise déjà, par son look particulier et sa relative simplicité. Elle renvoie pourtant à l'essence même de la moto japonaise, de brillante façon.
Ducati Streetfighter V4 – Le prototype qui va affronter Pikes Peak vient d&#039;être dévoilé
La marque de Bologne vient de dévoiler les premiers clichés de la Streetfighter V4 qui va affronter la mythique course de côte de Pikes Pike. Attention ça déménage !
La Ducati Streetfighter dévoilée le 13 juin à Pikes Peak ?
La firme de Bologne vient de se fendre d'un (court) teasing sur son Facebook dont le slogan peut largement faire penser que son futur missile sol-sol à grand guidon sera dévoilé le 13 juin lors de la course de Pikes Peak.
Aprilia RS660 – Les dessins ont été dévoilés
C'est un des concepts, sinon voire LE concept, qui avait fait le plus de bruit lors du salon EICMA 2018 tant cette nouveauté n'était pas attendue.
BMW 1800 Cruiser – Surprise en plein roulage
BMW fait feu de tout bois autour de son futur bicylindre à plat de 1800cc. Après les études de styles comme le Concept 1800 by Customs Work Zon, voici la première photo d'un Cruiser qui lui roule bel et bien.
Ducati Streetfighter V4 – Elle roule !
Cette fois c'est bon, on l'a vue rouler ! Cette fameuse Ducati Streetfighter V4 qui fait couler tant d'encre et qui est attendue comme le roadster ultime made in Bologne.