Essai publié le 22 juillet 2016

Essai Triumph Tiger Sport - Une évolution de caractère

Texte de Charles Donzé / Photo(s) de Flavio Venturini

L’année 2016 est celle des mises à jour chez Triumph. Outre le renouveau de la gamme Classic (la Street Twin, la Thruxton (R) et la Bonneville T120), les Speed Triple (R), Tiger Explorer et Tiger Sport ont été revues en profondeur pour répondre à la norme européenne d’émission Euro4. Celle qui nous intéresse présentement, c’est la Tiger Sport !

La Tiger Sport porte bien son nom, sportive et athlétique telle une tigresse. Visuellement, de sa tête de fourche profilée à son monobras oscillant mettant en évidence le dessin de la jante, en passant par son carénage sommaire, la plus sportive de la famille Tiger assume pleinement sa vocation. Dans cette livrée noire mate avec ces touches (presque trop discrètes) de jaune acide, il faut dire qu’elle attire le regard, mais surtout elle affirme son caractère. On aime ! Cependant, il est vrai que l’on aurait préféré plus d’audace au détriment de cette sobriété typiquement anglaise : du jaune acide sous forme d’un "Union Jack" sur le réservoir ou carrément les jantes dans leur intégralité, à l’instar des MT de Yamaha.

Trois années après son lancement, la Tiger Sport revient sur le devant de la scène avec une foule de nouveautés bienvenues qui lui donne des avantages non négligeables face à la concurrence. Les ingénieurs d’Hinckley n’ont pas fait dans la demi-mesure. Pour preuve, la Tiger Sport 2016 emporte avec elle le nouveau moteur 1050cc découvert sur la Speed Triple et toutes les technologies qui s’y rattachent, à savoir une commande de gaz de type ride-by-wire, trois modes de conduite (rain, road et sport), une nouvelle cartographie-moteur privilégiant un apport en couple important à bas régime, un embrayage anti-dribble, un contrôle de traction déconnectable, un régulateur de vitesse et une gestion ABS de dernière génération.

En outre, la fourche inversée Showa de 43 mm est nouvelle et l’amortisseur a été recalibré. Tous les deux sont entièrement réglables en précharge, détente et compression. Le but de ses nouveautés étaient d’obtenir le meilleur compromis entre confort et sportivité, car il ne faut pas oublier que la Tiger Sport, en plus de sa vocation sportive, promet de voyager loin.

Du côté des améliorations esthétiques, le coup de bistouri a été timide et se limite aux protège-mains, aux cale-pieds, à la bulle réglable et à ses déflecteurs latéraux, aux rétroviseurs et à l’habillage du moteur et de ses composants.

La Tiger Sport se bonifie plus qu’elle révolutionne son concept. Viserait-elle l’excellence dans son domaine ? Nous allons le voir en prenant place sur sa selle.

A peine en selle, on remarque de suite que la Tiger Sport fait dans la prestation premium, mais ne rentre pas dans l’excès et privilégie la simplicité et l’efficacité. Des finitions du réservoir à celles de la selle sculptée au bloc-compteurs à l’aspect de son guidon et de ses commodos, la Tiger Sport est chic et on s’y sent bien à son bord. On s’y sent encore mieux grâce à la position offerte une fois installé sur sa selle. La position est dans le compromis à mi-chemin entre celle offerte par un trail voyageur et un roadster sportif : les jambes sont bien repliées, le buste bien droit et le large guidon à une hauteur modérée.

Après avoir pris connaissance des différents paramètres proposés par le tableau de bord, notamment les modes de conduite (n’ayant une action que sur la réponse de la poignée des gaz) et le contrôle de traction déconnectable en une fraction de seconde, on s’empresse de démarrer le trois-pattes 1050cc. Bien qu’étouffé par un silencieux castrateur, on reconnaît de suite la mélodie typique du trois-cylindres, avec un ralenti pas tout à fait régulier.

Dès les premiers tours de roues, on apprécie la facilité que l’on a à emmener la Tiger Sport. La réponse de la commande de gaz est douce et précise, peu importe le mode de conduite sélectionné. Lors des manoeuvres à basse vitesse, on ne sera alors pas surpris par un à-coup de gaz déstabilisateur.

On continue l’escapade sur un filet de gaz, en usant de la force du moteur dès les plus bas régimes. Auparavant, nous connaissions le trois-cylindres 1050 déjà très coupleux, cette version 2016 l’est encore plus. Au passage, il perd son côté rugueux au profit d’une once de souplesse et de douceur supplémentaire. Bien qu'il soit plus velouté, il a toujours son côté bad-boy bien viril que l'on adore. En mode balade, les valeurs de consommation instantanée d'essence chutent et s'affichent aisément sous les 5 litres pour 100 kilomètres parcourus, ce qui est un bon point pour les gros rouleurs. Avec son généreux réservoir de 20 litres, il sera possible de taquiner les 400 kilomètres d'autonomie... de quoi voir venir la panne sèche !

A ce rythme, soit sur le sixième rapport et aux vitesses légales, on aime le confort offert par la Tiger Sport. A aucun moment de nos longs trajets nous n'avons souffert de douleurs ou autres courbatures. Il ne faudra l'équiper que d'un top-case (55 litres) et de valises latérales (31 litres chacune) pour en faire une vraie voyageuse ; ces accessoires sont disponibles en option. En sus, le top-case est équipé d'une prise USB pour recharger téléphone portable, intercom et autre appareil électronique.

Et s'il y a bien un domaine dans lequel la Tiger Sport évolue avec brio, c'est dans l’arsouille. Mine de rien, sous ses airs de trail routier paré au voyage, la Tiger Sport a des arguments à faire valoir. Dès que les courbes se resserrent, c’est naturellement qu’on tombe quelques rapports pour profiter de toute la quintessence du trois-cylindres... et, ne le cachons pas, de sa mélodie si flatteuse à l’approche de la zone rouge. Campé haut sur ses pattes, on pourrait s’attendre à des louvoiements et autres imperfections en conduite dynamique ; en réalité, il n’en est rien, le tarage des suspensions confère un comportement routier précis sans altérer le confort général offert par la Tiger Sport. Ainsi, attaquer les virolets est un jeu d’enfant. Complété par le guidon large, les changements d’angle se font avec aisance ; ce n’est finalement que dans cet exercice que l’on ressent dans une moindre mesure le poids de l’Anglaise (ndlr : 218kg à sec, soit 26kg de plus que la Speed Triple). Quant à la hauteur de la machine, elle permet de prendre de l'angle, et même beaucoup avant que les cale-pieds frottent l'asphalte.

Tout en continuant sans se lasser sur ce même rythme, on apprécie la vigueur du moteur qui reprend dès les plus bas régimes dans les petites épingles pour catapulter la moto et son équipage à des vitesses inavouables. Il ne manque qu’un quickshifter pour que le plaisir soit à son comble. Ceci dit, la passagère aura vite fait de vous taper l’occiput pour vous remettre les idées en place. Dans tous les cas, pour freiner vos ardeurs, vous pourrez compter sur les puissants étriers Nissin à fixation radiale qui enserrent les deux disques de frein de 320mm. A deux doigts, voire même un seul si l’envie vous prend, la Tiger Sport freine très efficacement.

A ce jeu, on y prend goût. La moto en redemande autant que nous aimons la bousculer dans ses derniers retranchements. On aurait souhaité un mode supermotard qui déconnecte l’ABS sur le frein arrière, tant la Tiger Sport se la joue hypermotard (façon Ducati) quand on la taquine.

Et si l’on revient à un rythme politiquement correct, on se délecte des attributs touring de la Tiger Sport et on enroule en toute quiétude sur le couple toujours présent du trois-cylindres. Mais il est vrai qu’il suffit de peu pour que la tentation d’enrouler du câble revienne au galop.

Le Triumph's spirit habite bel et bien la Tiger Sport. Esthétiquement un peu trop discrète, c'est à son guidon qu'il faut siéger pour qu'elle se révèle et éveille les sens. Elle est une moto vivante qui procure des instants d'intense plaisir virage après virage et à chaque accélération. Très polyvalente, on l'a appréciée dans de nombreuses situations : trajets quotidiens, balades en duo, voyages, arsouilles entre potes, ...

La Tiger Sport s'apparente alors à une sorte de couteau suisse, bonne à tout faire. Elle combine les avantages d'un roadster et ceux d'une moto voyageuse.

Carlito
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Fiche technique

Véhicule
Marque :
Triumph
Modèle :
Tiger Sport
Année :
2016
Catégorie :
Routière
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
3 cylindres en ligne, 12 soupapes, double arbre à cames en tête
Cylindrée :
1050 cm3
Refroidissement :
Refroidissement liquide
Alimentation :
Injection électronique séquentielle multipoint avec injection d’air secondaire
Performances
Puissance max. :
126 ch à 9'475 tr/min
Couple max. :
106 Nm à 7'000 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne à joints en X
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multi-disques à bain d’huile
Partie cycle
Châssis :
Chassis en aluminium
Suspension AV :
Fourche inversée Showa de 43 mm, avec précharge, détente et compression réglables
Course AV :
140 mm
Suspension AR :
Amortisseur Showa avec précharge et détente réglables
Débattement AR :
150 mm
Pneu AV :
120/70 ZR17
Pneu AR :
180/55 ZR17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Non
Frein AV :
Double disque flottant de 320 mm avec étriers Nissin radiaux à 4 pistons
Frein AR :
Simple disque de 255 mm avec étriers Nissin à 2 pistons
Dimensions
Empattement :
1'540 mm
Largeur :
855 mm
Hauteur de selle :
830 mm
Poids à sec :
218 kg
Réservoir :
20 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Aluminium Silver
 
Matt Black
Catalogue
Prix de vente :
CHF 13'700.-
Hors frais de transport (CHF 160.-)
En ligne :

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