
La principale mission d'une marque de deux-roues, dans les grandes lignes, c'est réussir à refourguer un scooter ou une moto à tous ceux qui s'accrochent encore à leur voiture. Pour convaincre une partie de cette clientèle, il faut proposer un véhicule qu'ils ont déjà le droit de conduire. Ce qui est le cas des 125cc accessibles au permis B avec 8h d'instruction pratique et pas d'examen.
Ces clients doutent aussi souvent de la stabilité d'un deux-roues : qu'à cela ne tienne, ajoutons une roue à l'avant tout donnant la possibilité de prendre de l'angle normalement ! Les Italiens l'ont compris avant tout le monde et ont vendu leur modèle à tour de bras durant des années. Yamaha arrive en force sur le marché en pariant sur le bon marché et la petite cylindrée. Il se trouve en plus qu'il n'a pas de concurrent à l'heure actuelle.
Son nom résume tout à lui seul : Tricity. Le scooter à trois roue idéal pour le centre-ville. La campagne de pub m'a aussi amusé, présentant le tricycle en toute symplicité avec le nom d'une grande ville.
Globalement, le dessin est plutôt fin et agréable à regarder. Un Piaggio a l'air plus massif. Là, la légèreté relative du Tricity se reporte sur son look. Avec ses carénages deux tons, tout comme avec ses feux de position à LED, ce scooter s'offre un peu de sportivité. Cependant, la largeur du bloc abritant le phare d'un côté et le compteur de l'autre donnent un aspect bien plus massif à la partie avant.
L'arrière est bien plus classique et cache habillement tout ce qu'on attend d'un scooter citadin. Deux larges poignées pour le passager ainsi que des cale-pieds et un espace sous la selle d'environ 20 litres pouvant accueillir un casque intégral. Point de vue pratique, Yamaha a aussi choisi d'avoir un planché strictement plat, permettant de s'installer facilement dessus. Mais aussi de transporter un objet retenu par le petit crochet amovible.
Les pièces qui gèrent la prise d'angle de train avant utilisent le même principe fondamental que le MP3. Deux pontets relient les pièces auxquelles sont fixées les roues. De cette manière, l'écart entre les deux roues restent toujours strictement le même. Comme ça, le parallélogramme s'articule autour d'un axe dans la longueur du scooter pour la prise d'angle et un axe vetical pour la direction du guidon.
L'amortissement avant est lui géré individuellement sur chaque roue, permettant un écart vertical plutôt important entre les deux roues. A y regarder de plus près, il y a deux tubes qui coulissent avec la roue, mais seul celui qui est le plus en avant est équipé d'un ressort à l'intérieur pour l'amortissement. L'autre est vide et ne sert que de guide pour que le guidon ait le contrôle des roues.
Pour le freinage, le Tricity n'embarque pas d'ABS mais mise plutôt sur la répartition du freinage. Quand on prend la poignée droite, seuls les deux disques avant sont pincés. Quand on prend la poignée de gauche, la pression de freinage est répartie de manière égale entre l'avant et l'arrière. A l'usage, le frein avant semble inefficace, mais le freinage combiné fonctionne extrordinairement bien. J'ai freiné sans ménagement et n'ai jamais bloqué les roues !
La partie propulsion reprend environ 40% de pièces d'un modèle de la marque jamais vendu en Europe. Le reste des pièces a dû être changé pour diverses raisons. On trouve par exemple un piston forgé. Ainsi le moteur délivre 11cv et 10.4Nm de couple ; soit à peu près autant que le leader du marché européen, le Honda SH125.