
Inventé juste avant l'an 2000, le système de vision arrière intégrée à un casque est l'oeuvre d'ingénieurs anglais. Tout repose sur une pièce en polycarbonate intégrée au casque pour acheminer la lumière au miroir devant les yeux du conducteur. Le casque n'est pas vide contrairement à ce qu'on pourrait croire.
Une fois enfilé sur votre tête, le Vision System se trouve dans l'espace entre votre front et le sommet de la visière. Du bout des doigts, on ajuste l'inclinaison pour voir tout le champ de vision possible vers l'arrière. Pour un réglage fin, utiliser le tournevis spécial Reevu fourni avec le casque pour faire monter ou descendre le miroir.
Inconvénient de ce miroir, il est impossible de voir dedans si l'on porte des lunettes ! En effet, même descendu au maximum, un porteur de lunettes n'aura pas ses verres correcteurs dans l'axe de la vision arrière. Un myope y verra aussi mal que droit devant lui sans lunettes. Si vous tolérez de porter des verres de contact en moto, tout ira bien, c'est ainsi que je l'ai essayé.
Sur la route, c'est assez surpenant. Il faut un certain temps d'adaptation à ce coup d'oeil très haut dans son champ de vision, c'est tout juste moins haut qu'essayer de regarder le bout de ses cheveux. Une fois habitué, on a vite fait de verifier si on est pas suivi de trop près. En ajoutant ce geste à votre schéma habituel de contrôle des angles morts, certaines choses ne vous échapperont pas.
Bien qu'un peu déformée, l'image vue dans le casque permet de facilement reconnaître une moto vous poursuivant. C'est pratique pour savoir si le groupe qui vous suit garde la cadence par exemple. Par contre, ne pensez pas pouvoir lire la plaque d'immatriculation de la voiture derrière vous au feu.
En matière de confort de roulage, ce Reevu offre une excellente ventilation mais concède du terrain sur l'insonorisation. La forme de ma mâchoire laissait entrer un flux d'air constant dans les espaces aménagés pour les oreilles. Selon comment je tournais la tête, j'avais une tempête dans le casque. Les autres personnes qui ont pu l'essayer dans mon entourage n'ont pas relevé ce point.
La visière se manipule du bout des doigts avec beaucoup de légèreté. Les fixations de cette dernière sont aussi pourvues d'un système de changement rapide de la visière. Une fois compris comment l'engager, le geste se fait en un tour de main. Les deux aérations sont robustes et ne risquent pas de s'ouvrir en roulant tout en pouvant être ouverte avec des gants. La jugulaire me semble très longue mais peut être repliée sous des élastiques. Elle permet de fermer le casque avec sa boucle micrométrique, qui peut être remplacée par une double D sur commande.
Pour la sécurité des motards, c'est une phrase qu'on dit souvent. Le MSX1 ne vous rendra certainement pas plus visible qu'un autre sur la route, mais grâce à son système de vision arrière, vous verrez parfaitement ce qui se passe dans votre dos. A moins que votre passager garde sa tête dans l'axe de la vôtre, auquel cas vous pourrez le voir grimacer de peur quand vous essorez la poignée.
La calotte étant pleine de polycarbonate conducteur de lumière et de mousse, le Reevu ne souffre pas d'une faiblesse accrue qu'engendrerait une cavité creuse. Enfin, en termes de prix, ce casque se place très bien avec un tarif de CHF 479.-, permettant au plus grand nombre de pouvoir profiter du troisième rétroviseur intégré; un petit plus apréciable pour sa propre sécurité.