Essai publié le

Ducati Diavel – Le Diable s’habille en carbone

Texte de Jimmy Gurtner / Photo(s) de Patrick Schneuwly
Imprimer cet article

Il y a quelques années, on aurait franchement rigolé si Ducati avait annoncé vouloir sortir un cruiser. Aujourd’hui, c’est chose faite et, avec le résultat en train de gronder sous ses fesses, on a beaucoup moins envie de rire… Un moteur monstrueux, un châssis surprenant et un look à tomber: le Diavel sort le grand jeu pour vous offrir une virée… d’enfer!

En prenant possession de la bête chez Ducati Genève, on n’ose toujours pas y croire. Les premiers essais sont élogieux, le monde entier semble séduit et, au final, non, elle n’est vraiment pas moche, cette nouvelle Ducati. Ramassé sur lui-même, le Diable semble prêt à bondir sur le moindre véhicule ou passant innocent qui croiserait son chemin.

Le gabarit impressionne, pour une Ducati, mais n’a rien de bien méchant. Sur cette version Carbon du Diavel, on se penche au-dessus d’un réservoir splendide, couvert d’un film mat qui protège et donne un look très sport-chic à la moto. Oui, c’est un beau Diable! Les superbes jantes Marchesini en alliage forgé sautent aux yeux, surtout l’arrière, dévoilée par un monobras oscillant massif. Le pneu arrière, un petit 240 fillette, semble vouloir avaler le support de plaque. Le regard coule ensuite vers l’échappement et ses énormes tubulures, qui disparaissent dans le moteur. Un moteur qu’on devine plus qu’on ne le voit, tant il est masqué par le cadre et des caches en tout genre. Nous voilà arrivés à la face avant, avec l’optique de phare maousse costaud et sa belle rangée de LED, le garde-boue en carbone et la fourche Marzocchi. Deux pas en arrière, on jauge la silhouette du Diavel. Pas de doute, de près comme de loin, elle en jette! On va vraiment monter là-dessus?

Tentation

Oui, parce qu’admirer la bête et la chevaucher, ce sont deux choses bien différentes. On s’installe au guidon avec respect, un peu comme pour monter sur une Yamaha V-max 1700, autre monstre du genre. La selle, basse et plutôt confortable, crée l’illusion. D’une manipulation sur le coupe circuit, on met le contact (à transpondeur) et tout s’illumine. Le (très) beau compteur joue les sapins de Noël pendant que, sur l’écran digital, deux lasers dessinent la silhouette de la moto. Les informations s’affichent ensuite de façon pléthorique. Rien qu’avec cet ordinateur de bord, il y en a pour des heures d’amusement! Affichage des consommations moyennes, des temps de trajet, réglage de la puissance et du traction control (DTC chez Ducati)… le tout en couleurs! Allez, on la démarre…

Si le Diavel faisait presque illusion moteur coupé, le masque tombe dès les premiers coups de pistons. Alors que le grondement du twin couvre les bruits de la circulation et que son postérieur vibre au rythme des coups de piston du cylindre arrière, un infime frisson remonte le long de la colonne vertébrale du pilote. Quel engin! Deux petits coups de gaz et le moteur racle, gronde un peu plus pour signaler qu’il est prêt à y aller! Un rictus de dément au coin des lèvres, on passe la première et on s’élance dans le flux automobile, qui peut déjà trembler!

L’enfer descend en ville!

Dès les premiers mètres, on est scotché par la réactivité du Diavel. Au vu du gabarit, on s’attendait à quelque-chose de vraiment lourd à manier, mais c’est tout le contraire! Bon, on n’est pas sur un vélo à basses vitesses, mais la faible hauteur de selle et les masses bien centrées rendent les manoeuvres aisées. Les commandes un peu dures sont dans le ton du concept, dirons-nous. Déjà, le 1200 de la Multistrada, gonflé à 162 chevaux, enchante! Conquis par l’ambiance qui règne sur le Diavel, on n’attend qu’une occasion de lâcher la bride au moteur.

Un second grondement se fait entendre alors qu’on arrive en tête de file au feu rouge. Un autre Diavel! Son propriétaire hoche la tête, l’air ravi, et reporte son attention sur le feu rouge. Ça, c’est une bonne occasion! D’un coup de démarreur, on passe en mode Sport et le vert s’allume. GAZ! Le coup de pied aux fesses est magistral dès 4’000 tours et la puissance ne cesse de déferler! Le twin gronde et gronde encore au fil des rapports. Le collègue est derrière et finit par couper à l’approche du carrefour suivant. Sage décision: le Diavel arrache le bitume et vous propulse rapidement à des vitesses folles!

La botte secrète du Diable

Le besoin de grands espaces se fait rapidement ressentir: il est temps de voir ce que le Diavel a à offrir au niveau du châssis. Son moteur extraordinaire pourra-t-il être exploité dans des routes aux virages et aux revêtements variés? Pour le savoir, direction Martigny et ses jolies montées environnantes. D’abord, passage obligé par l’autoroute. Si l’on s’y lasse vite des performances ahurissantes du moteur, la protection était vraiment inexistante, on ne souffre pas plus que sur d’autres machines du même acabit. Privilégiez toutefois la vitesse légale et les arrêts fréquents pour soulager vos muscles, très sollicités par la pression de l’air.

Arrivé à Martigny, première montée en direction de Champex-Lac! Une mini-route tournicotante et encore humide des pluies de la veille. En mode Touring, avec le DTC au niveau 3, les virages s’enchaînent… sans aucun problème! Et elle en redemande, la Ducati! Si les micro-épingles mettent à mal son agilité, les autres courbes sont avalées sans aucun complexe. Quoi? Ah, oui, vous avez bien lu: le Diavel est agile! Secondé par le moteur, toujours disponible au-dessus de 3’000 tours, le châssis est un pur régal! Si l’on avait jusque là positionné la Ducat’ dans le segment des cruisers, on commence sérieusement à hésiter! Le comportement est homogène et on manie l’engin au doigt et à l’oeil.

Le colossal pneu arrière semble perdre le tiers de sa taille, laissant virer la moto d’une pichenette sur le guidon! L’énorme train avant encaisse la puissance du freinage Brembo comme qui rigole, alors que l’amortisseur arrière (placé horizontalement à l’arrière du moteur, dans l’axe du bras oscillant) sourcille à peine sous la charge des 162 chevaux, au sortir des courbes. Le Diavel est surprenant d’efficacité!

Enfer ou paradis?

Après une pause ravitaillement bien méritée (avec 240 kilomètres au compteur avant réserve, chapeau), on attaque deux cols sympathiques: le col de la Forclaz et celui des Montets, en direction de Genève, via Chamonix. Là, c’est la garde au sol du Diavel qui finit par abdiquer. C’est d’ailleurs presque heureux, tant on attaque sans retenue à son guidon! Le poids de la moto rassure: on peut lui rentrer dans le lard sans problème, elle encaisse. On préfèrera toutefois tracer de belles trajectoires et jouir des accélérations démentielles dont le Diavel est capable.

De plus, à chaque arrêt, les curieux arrivent en masse. On ne passe pas inaperçu au guidon d’un tel engin! La plupart des amateurs de moto étaient surpris que Ducati ait produit un tel engin: « Mais, dites, ça se comporte bien, dans les virages? ». Avec un grand sourire, le coeur encore dans les tours, la réponse fut simple… Oui!

Les kilomètres défilent vite et, finalement, on arrive devant la porte du garage, à la maison. Déjà? Hé oui, le weekend touche à sa fin et demain, le Diavel retrouvera son logis carougeois chez Ducati Genève. Du début à la fin de l’essai, ce diable vêtu de carbone aura été une véritable surprise et un gros, gros coup de coeur. Son moteur démoniaque et son châssis surprenant se complètent magnifiquement à l’attaque! Au quotidien, l’ensemble s’avère confortable à rouler, apte à se gaver de kilomètres et toujours partant pour une virée en ville. Finalement, le Diavel ne semble pas si diabolique que ça.

Hum… redémarre juste un coup, pour voir?

Un très, très grand merci à la concession Ducati Genève pour le prêt de ce Diavel Carbone un weekend durant. Merci aussi pour votre disponibilité et votre enthousiasme!

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
Le comportement surpenant
+
Le moteur très démonstratif
+
La sonorité... diabolique
On a moins aimé :
-
Franchement, bonne question!

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Ducati
Modèle :
Diavel
Année :
2011
Catégorie :
Roadster
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
Bi-cylindre en L (à 90°) Testastretta, distribution desmodromique, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée :
1198.4 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Injection électronique Mitsubishi
Performances
Puissance max. :
162 ch à 9'500 tr/min
Couple max. :
127 Nm à 8'000 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Dsque APTC en bain d’huile, commande hydraulique
Partie Cycle
Châssis :
Treillis tubulaire en acier
Suspension AV :
Fourche inversée Marzocchi Ø 50mm, entièrement réglable
Course AV :
120 mm
Suspension AR :
Amortisseur Sachs, réglable en précharge et en détente
Débattement AR :
120 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
240/45 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
2 disques Ø 320mm, étriers à 4 pistons à fixation radiale
Frein AR :
Simple disque de Ø 265mm, étrier 2 pistons
Dimensions
Longueur :
1'590 mm
Hauteur de selle :
770 mm
Poids à sec :
207 kg
Réservoir :
17 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Rouge
 
Noir
Catalogue
Prix de vente :
CHF 26'990.-
En ligne :

Plus d'articles Moto

Kawasaki Z1000 Pearl Storm Gray / Candy Surf Blue 2018 - Du vert au bleu
Le Géant Vert, Kawasaki, vient de présenter un nouveau coloris pour sa bestiale Z1000 millésime 2018.
Genève - Les Pro Vélo vont manifester contre l'ouverture des voies de bus aux deux-roues motorisés
Pro Vélo Genève, ATE et actif-trafiC, trois associations qui décident de manifester contre les deux-roues motorisés.
La Yamaha T7 surprise lors d'un roulage à Milan
La très attendue Yamaha T7 vient d'être surprise lors d'un roulage dans les rues de Milan dans ce qui devrait être sa robe définitive preuve que sa présentation officielle devrait se faire à la fin de l'année.
Honda Monkey 125 - L'icône est de retour sur le marché pour 2018
Le Honda Monkey est probablement l’un des 2 roues les plus emblématiques des années 70, mais sa carrière commence en fait dès le début des années 60, plus précisément en 1961.
WSBK à Assen Course 1 – Rea rejoint le king Fogarty au nombre de victoires dans la cathédrale d’Assen
Malgré les assauts du local Van Der Mark, et d’un Chaz Davies en forme, Jonathan a fait du Rea en augmentant son rythme en fin de course pour s’assurer la victoire et égaler ainsi le king Fogarty au nombre de victoire sur ce circuit.
Ducati va équiper ses motos de radars anti-collision dès 2020 - Le programme ARAS est en marche
La firme de Bologne continue son processus d’innovation en matière de sécurité sur ses motos et introduira dès 2020 un système de radars sur l’un de ses modèles.

Recherche

Hot news !

Un châssis de S1000RR en impression 3D
Après la HP 4 Race et son châssis entièrement réalisé en carbone, le constructeur à l'hélice démontre encore aujourd'hui son savoir-faire et sa technologie avec ce châssis de S1000RR réalisé en impression 3D.
Essai Husqvarna Vitpilen 701 – Une vraie surprise
De retour sur les routes, Husqvarna explore de nouveaux horizons et propose, avec sa Vitpilen 701, un modèle ébouriffant, abouti et vraiment très très fun à rouler. On a testé la bête à Barcelone et on a aimé.
Essai Ducati Panigale V4 S - Nouvelle ère, nouvelle reine
Après 30 ans de bons et loyaux services, le bicylindre à 90° des Superbike Ducati est remplacé par un V4 ultra-technologique et sensationnel. La marque italienne prend un virage à... 90° dans son histoire avec sa Panigale V4.
KTM 690 Enduro et SMC R – Elles reviennent !
On les aimait mais la norme Euro4 les a bannies. Rassurez-vous, les Katoches 690 Enduro et SMC R reviennent ! Merci à MCN pour ces clichés.
Honda RVF 1000 V4 – Young Machine est certain qu'une sportive V4 arrivera
Nos confrères japonais de Young Machine sont certains qu'elle finira par arriver, mais de qui parle-t-on ? De la Honda sportive dotée d'un V4 qui doit prendre la suite des mythiques RC30 et RC45.
Yamaha YZF-R1M 2018 – Les réservations sont ouvertes
Le site dédié aux réservations de la R1M 2018 sont ouvertes. Si vous voulez la vôtre, faites vite, il n'y en aura pas pour tout le monde.

Liens Partenaires