Essai publié le 01 août 2011

Ducati Diavel – Le Diable s’habille en carbone

Texte de Jimmy Gurtner / Photo(s) de Patrick Schneuwly

Il y a quelques années, on aurait franchement rigolé si Ducati avait annoncé vouloir sortir un cruiser. Aujourd’hui, c’est chose faite et, avec le résultat en train de gronder sous ses fesses, on a beaucoup moins envie de rire… Un moteur monstrueux, un châssis surprenant et un look à tomber: le Diavel sort le grand jeu pour vous offrir une virée… d’enfer!

En prenant possession de la bête chez Ducati Genève, on n’ose toujours pas y croire. Les premiers essais sont élogieux, le monde entier semble séduit et, au final, non, elle n’est vraiment pas moche, cette nouvelle Ducati. Ramassé sur lui-même, le Diable semble prêt à bondir sur le moindre véhicule ou passant innocent qui croiserait son chemin.

Le gabarit impressionne, pour une Ducati, mais n’a rien de bien méchant. Sur cette version Carbon du Diavel, on se penche au-dessus d’un réservoir splendide, couvert d’un film mat qui protège et donne un look très sport-chic à la moto. Oui, c’est un beau Diable! Les superbes jantes Marchesini en alliage forgé sautent aux yeux, surtout l’arrière, dévoilée par un monobras oscillant massif. Le pneu arrière, un petit 240 fillette, semble vouloir avaler le support de plaque. Le regard coule ensuite vers l’échappement et ses énormes tubulures, qui disparaissent dans le moteur. Un moteur qu’on devine plus qu’on ne le voit, tant il est masqué par le cadre et des caches en tout genre. Nous voilà arrivés à la face avant, avec l’optique de phare maousse costaud et sa belle rangée de LED, le garde-boue en carbone et la fourche Marzocchi. Deux pas en arrière, on jauge la silhouette du Diavel. Pas de doute, de près comme de loin, elle en jette! On va vraiment monter là-dessus?

Tentation

Oui, parce qu’admirer la bête et la chevaucher, ce sont deux choses bien différentes. On s’installe au guidon avec respect, un peu comme pour monter sur une Yamaha V-max 1700, autre monstre du genre. La selle, basse et plutôt confortable, crée l’illusion. D’une manipulation sur le coupe circuit, on met le contact (à transpondeur) et tout s’illumine. Le (très) beau compteur joue les sapins de Noël pendant que, sur l’écran digital, deux lasers dessinent la silhouette de la moto. Les informations s’affichent ensuite de façon pléthorique. Rien qu’avec cet ordinateur de bord, il y en a pour des heures d’amusement! Affichage des consommations moyennes, des temps de trajet, réglage de la puissance et du traction control (DTC chez Ducati)… le tout en couleurs! Allez, on la démarre…

Si le Diavel faisait presque illusion moteur coupé, le masque tombe dès les premiers coups de pistons. Alors que le grondement du twin couvre les bruits de la circulation et que son postérieur vibre au rythme des coups de piston du cylindre arrière, un infime frisson remonte le long de la colonne vertébrale du pilote. Quel engin! Deux petits coups de gaz et le moteur racle, gronde un peu plus pour signaler qu’il est prêt à y aller! Un rictus de dément au coin des lèvres, on passe la première et on s’élance dans le flux automobile, qui peut déjà trembler!

L’enfer descend en ville!

Dès les premiers mètres, on est scotché par la réactivité du Diavel. Au vu du gabarit, on s’attendait à quelque-chose de vraiment lourd à manier, mais c’est tout le contraire! Bon, on n’est pas sur un vélo à basses vitesses, mais la faible hauteur de selle et les masses bien centrées rendent les manoeuvres aisées. Les commandes un peu dures sont dans le ton du concept, dirons-nous. Déjà, le 1200 de la Multistrada, gonflé à 162 chevaux, enchante! Conquis par l’ambiance qui règne sur le Diavel, on n’attend qu’une occasion de lâcher la bride au moteur.

Un second grondement se fait entendre alors qu’on arrive en tête de file au feu rouge. Un autre Diavel! Son propriétaire hoche la tête, l’air ravi, et reporte son attention sur le feu rouge. Ça, c’est une bonne occasion! D’un coup de démarreur, on passe en mode Sport et le vert s’allume. GAZ! Le coup de pied aux fesses est magistral dès 4’000 tours et la puissance ne cesse de déferler! Le twin gronde et gronde encore au fil des rapports. Le collègue est derrière et finit par couper à l’approche du carrefour suivant. Sage décision: le Diavel arrache le bitume et vous propulse rapidement à des vitesses folles!

La botte secrète du Diable

Le besoin de grands espaces se fait rapidement ressentir: il est temps de voir ce que le Diavel a à offrir au niveau du châssis. Son moteur extraordinaire pourra-t-il être exploité dans des routes aux virages et aux revêtements variés? Pour le savoir, direction Martigny et ses jolies montées environnantes. D’abord, passage obligé par l’autoroute. Si l’on s’y lasse vite des performances ahurissantes du moteur, la protection était vraiment inexistante, on ne souffre pas plus que sur d’autres machines du même acabit. Privilégiez toutefois la vitesse légale et les arrêts fréquents pour soulager vos muscles, très sollicités par la pression de l’air.

Arrivé à Martigny, première montée en direction de Champex-Lac! Une mini-route tournicotante et encore humide des pluies de la veille. En mode Touring, avec le DTC au niveau 3, les virages s’enchaînent… sans aucun problème! Et elle en redemande, la Ducati! Si les micro-épingles mettent à mal son agilité, les autres courbes sont avalées sans aucun complexe. Quoi? Ah, oui, vous avez bien lu: le Diavel est agile! Secondé par le moteur, toujours disponible au-dessus de 3’000 tours, le châssis est un pur régal! Si l’on avait jusque là positionné la Ducat’ dans le segment des cruisers, on commence sérieusement à hésiter! Le comportement est homogène et on manie l’engin au doigt et à l’oeil.

Le colossal pneu arrière semble perdre le tiers de sa taille, laissant virer la moto d’une pichenette sur le guidon! L’énorme train avant encaisse la puissance du freinage Brembo comme qui rigole, alors que l’amortisseur arrière (placé horizontalement à l’arrière du moteur, dans l’axe du bras oscillant) sourcille à peine sous la charge des 162 chevaux, au sortir des courbes. Le Diavel est surprenant d’efficacité!

Enfer ou paradis?

Après une pause ravitaillement bien méritée (avec 240 kilomètres au compteur avant réserve, chapeau), on attaque deux cols sympathiques: le col de la Forclaz et celui des Montets, en direction de Genève, via Chamonix. Là, c’est la garde au sol du Diavel qui finit par abdiquer. C’est d’ailleurs presque heureux, tant on attaque sans retenue à son guidon! Le poids de la moto rassure: on peut lui rentrer dans le lard sans problème, elle encaisse. On préfèrera toutefois tracer de belles trajectoires et jouir des accélérations démentielles dont le Diavel est capable.

De plus, à chaque arrêt, les curieux arrivent en masse. On ne passe pas inaperçu au guidon d’un tel engin! La plupart des amateurs de moto étaient surpris que Ducati ait produit un tel engin: « Mais, dites, ça se comporte bien, dans les virages? ». Avec un grand sourire, le coeur encore dans les tours, la réponse fut simple… Oui!

Les kilomètres défilent vite et, finalement, on arrive devant la porte du garage, à la maison. Déjà? Hé oui, le weekend touche à sa fin et demain, le Diavel retrouvera son logis carougeois chez Ducati Genève. Du début à la fin de l’essai, ce diable vêtu de carbone aura été une véritable surprise et un gros, gros coup de coeur. Son moteur démoniaque et son châssis surprenant se complètent magnifiquement à l’attaque! Au quotidien, l’ensemble s’avère confortable à rouler, apte à se gaver de kilomètres et toujours partant pour une virée en ville. Finalement, le Diavel ne semble pas si diabolique que ça.

Hum… redémarre juste un coup, pour voir?

Un très, très grand merci à la concession Ducati Genève pour le prêt de ce Diavel Carbone un weekend durant. Merci aussi pour votre disponibilité et votre enthousiasme!
Jimmy

Au final...

On a aimé :
+
Le comportement surpenant
+
Le moteur très démonstratif
+
La sonorité... diabolique
On a moins aimé :
-
Franchement, bonne question!
AcidTracks 2019 - Organisation de sorties pistes

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
Le comportement surpenant
+
Le moteur très démonstratif
+
La sonorité... diabolique
On a moins aimé :
-
Franchement, bonne question!

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Ducati
Modèle :
Diavel
Année :
2011
Catégorie :
Roadster
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
Bi-cylindre en L (à 90°) Testastretta, distribution desmodromique, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée :
1198.4 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Injection électronique Mitsubishi
Performances
Puissance max. :
162 ch à 9'500 tr/min
Couple max. :
127 Nm à 8'000 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Dsque APTC en bain d’huile, commande hydraulique
Partie cycle
Châssis :
Treillis tubulaire en acier
Suspension AV :
Fourche inversée Marzocchi Ø 50mm, entièrement réglable
Course AV :
120 mm
Suspension AR :
Amortisseur Sachs, réglable en précharge et en détente
Débattement AR :
120 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
240/45 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
2 disques Ø 320mm, étriers à 4 pistons à fixation radiale
Frein AR :
Simple disque de Ø 265mm, étrier 2 pistons
Dimensions
Longueur :
1'590 mm
Hauteur de selle :
770 mm
Poids à sec :
207 kg
Réservoir :
17 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Rouge
 
Noir
Catalogue
Prix de vente :
CHF 26'990.-
En ligne :

Plus d'articles Moto

Les anglais de Langen Motorcycles projettent de commercialiser un roadster 250 2-temps
Langen Motorcycles a présenté une maquette digitale et un moteur de roadster 250 2-temps plutôt séduisant.
La Kymco RevoNEX se dévoile sur des documents de brevet
Parmi les électriques, la Kymco RevoNEX est une excentrique dotée d'un embrayage et d'une boite de vitesse. La façon de faire accepter cette propulsion aux motards ?
Randy Krummenacher quitte l'équipe MV Agusta avec effet immédiat
Le pilote zürichois a annoncé sa rupture immédiate du contrat qui le liait à la firme italienne, pour "préserver son intégrité morale et professionnelle".
Au tour de la Ducati Multistrada 950 S d'avoir une nouvelle couleur
Après la Panigale V2, c'est au tour de la Multistrada 950 S de recevoir une nouvelle teinte GP White au catalogue.
Saga Speed Triple 2021 - Amortisseur en prise directe
Début de semaine on a découvert une première photo volée sur la couverture d'un journal allemand, RideApart nous sert toutes les photos.
Saga Ducati Multistrada V4 - Deuxième service de photos volées
L'activité de test et développement semble intense, la Multistrada V4 a refait une sortie et on note de nouveaux détails.

Hot news !

Essai défi : l'Aprilia RSV-4 Factory sort de sa zone de confort
Il y a déjà un moment, Djeemee est allé mettre la RSV-4 Factory dans ses petits souliers en tentant de maîtriser ses 217 chevaux au quotidien. Il s'est bien ramassé et a enfin retrouvé l'usage de la parole pour nous en parler.
Duel Yamaha - Tracer 700 contre Ténéré 700 - Laquelle il vous faut vraiment
Le moteur CP2 est un grand succès pour Yamaha. Ce bicylindre en ligne de 689 cm3 a pris place dans pas moins de 4 modèles de la marque. Avec la mise à jour 2020 de la Tracer et la Ténéré 700, on pourrait croire que ces deux modèles sont très proches, mais il n'en est rien. On vous explique comment choisir.
Essai Yamaha Tracer 700 - Evolution remarquable
Du côté de Tenerife, sur fond de tempête de sable et d'alertes au coronavirus, Yamaha nous a mis entre les pattes l'évolution de la cadette des Tracer. Look moderne et soigné, amélioration par petites touches, pas de débauche technologique : Baby Tracer vise juste et cette évolution s'avère finalement extrêmement pertinente.
Une Streetfighter V2 en approche chez Ducati dixit Claudio Domenicali
Le grand boss de Ducati s'est laissé aller à quelques confidences à nos collègues anglais de MCN en annonçant qu'une Streetfighter V2 pourrait très bientôt être produite.
Triumph Tiger 900 2020 – Déclinée en 5 versions !
Ce n'est pas une, ni deux mais bel et bien cinq versions de la nouvelle Triumph Tiger qui arrivent : la Tiger 900, la Tiger 900 GT, la Tiger 900 GT Pro, la Tiger 900 Rally et enfin la Tiger 900 Rally Pro ! De quoi satisfaire chacun.
Hivernage moto - Quelques conseils avant que le froid calme nos ardeurs
Remisage moto, hivernage moto, ces mots commencent à revenir à nos oreilles. Sacrilège, le froid est de retour, du coup, quelques mesures s'imposent pour passer l'hiver en toute sérénité.