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Go North Cape [épisode 7] - Résumé du voyage et retour en Suisse

Texte de Charles Donzé / Photo(s) de Adrien Salgado et Mathieu Voumard
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Deux semaines, c'est le temps qu'il a fallu a Adrien Salgado et Mathieu Voumard pour joindre la Suisse au Cap Nord et retour en Suisse. Un marathon, en quelque sorte.

Et voilà, nous sommes rentrés de deux superbes semaines de road trip intense à moto sans aucun regret. Pour ceux qui n’ont pas suivi notre page Facebook ou les mises à jour ici voici donc une synthèse sur ce beau voyage.

Nous sommes partis de notre petit village de Perroy le samedi 20 mai. Nous étions très touchés par le nombre de nos amis et voisins venus pour nous souhaiter un bon voyage. Comme nous avions prévu, à 9h30, nous démarrons et partons en direction de notre but : le Cap Nord en Norvège.

La traversée de l’Allemagne nous aura pris deux jours d’autoroute avant d’embarquer sur un ferry à Kiel, qui nous a posé à Oslo le lendemain. Les premiers kilomètres en Norvège étaient toujours de l’autoroute mais une fois que nous en étions sortis, quel beau pays. Pourtant l’après-midi de ce premier jour là-haut était sous une pluie torrentielle, mais même comme ça, nous étions conquis par le paysage. Les jours suivants, malgré un nouveau petit bout d’autoroute, un autre après-midi de pluie (au nord du cercle polaire, il ne manquait pas grand chose pour que ce soit de la neige), le moral restait au beau fixe. Les plus belles parties de la Norvège restaient à nos yeux celles plus au nord. Les deux jours de route que nous avons fait pour aller de Bodø à Honningsvåg en passant par Tromsø étaient de plus longues journées que les précédentes du voyage, mais l’expérience était magnifique. Il a fait un peu froid certes, mais les routes nous appartenaient, le soleil brillait, il fallait trois minutes pour passer d’un col enneigé au bord de la mer. Au bord de la route, nous avons croisé rennes et élans, les paysages étaient fabuleux, que demander de plus. Et cela en plus sur l’E6, ce fameux grand axe qui part de tout au sud de la Suède et qui remonte ensuite toute la Norvège, de Oslo à la frontière russe. Mais sous ces latitudes, il s’agissait d’une route toute simple. Certes, elle était assez large pour que deux camions se croisent sans difficultés mais c’est tout : les tunnels étaient bruts, et on pouvait faire des dizaines de kilomètres sans croiser personne.

Puis nous sommes arrivés à Honningsvåg, la "ville" la plus proche du Cap Nord. Il s’agit d’une commune qui a le statut de ville mais pas la taille avec ses 2’500 habitants. Malgré la journée de route, pas question de rater l’opportunité du soleil de minuit au Cap. Donc petit souper et on remonte sur les motos pour les derniers 30 kilomètres. Le fait de prendre quelques centaines de mètres d’altitude fait qu’il y a un mètre de neige au bord de la route. Nous avons appris que nous avons de la chance car quelques jours plus tôt, la route était fermée par la neige et le Cap était inaccessible. Une fois là-bas, une trouée dans les nuages laisse apparaître une lumière orangée d’un soleil encore haut dans le ciel malgré l’heure tardive. Il ne se montrera malheureusement pas mais, cela nous suffit comme victoire. La journée de repos à Honningsvåg nous a permis d’y retourner en journée et d’explorer le reste de l’île.

Avant d’entamer le retour le lundi, nous sommes passés à l’école de Honningsvåg. En effet, nous avons mis en correspondance des élèves de là-bas avec une classe de chez nous à Rolle dans le cadre de leur cours d’anglais. Et nous avons joués les facteurs avec nos motos depuis chez nous en Suisse. Il nous faut donc leur amener le courrier en mains propres afin de pouvoir récupérer les réponses que nous avons ensuite ramenées aux élèves de Rolle.

Le retour lui-même, nous avions décidé de passer par la Finlande et surtout par la Suède (c’est-à-dire : 2 heures de route en Finlande, trois jours de route en Suède). Nous avions choisi cet itinéraire afin de faire un retour, par le chemin le plus rapide possible, mais sans utiliser un seul ferry. C’est un choix intéressant que nous avons fait sur le papier. Mais à refaire, les routes suédoises étant droites et bornées de sapins sont plus monotones qu’en Norvège et cela ne nous aurait pas vraiment mis plus de temps de faire au plus rapide en Norvège. Voilà, il faut le faire pour s’en rendre compte. En Suède, on a déjà retrouvé l’autoroute au niveau de Stockholm, qui se situait encore à trois jours de route de la maison. Mais vu que les routes normales rendaient aussi les pneus carrés, nous les avons quand même prises. Cela nous a permis de prendre une journée pour visiter la très jolie ville d’Ängelholm, son monument OVNI, l’usine Koenigsegg et une oeuvre artistique un peu bizarre appelée Nimis.

Ensuite est venu le passage du Danemark. Nous avons pris une bonne heure pour s’arrêter dans la ville de Korsør où nous avons pu rencontrer Ingvar Skjøtt, un ancien commandant de bord de ferry et Frode Borring, un ancien technicien sur ferry. En effet, jusqu’à la fin des années 1990 des ferry transportant des trains et des voitures circulaient entre Korsør et Nyborg car le détroit entre ces deux villes coupait le Danemark en deux. Puis est venu la liaison du Grand Belt, composée de ponts et tunnels rendant ces navires obsolètes. Ils ont pris le temps de nous expliquer la vie de ces navires avant le pont et cela nous intéressait particulièrement car un de ces navires, le Dronning Ingrid, est devenu l’Africa Mercy, l’actuel navire hôpital de Mercy Ships. Et pour ceux qui ne nous ont pas suivis, Mercy Ships est une association pour laquelle nous avons décidé de récolter des fonds au cours de ce voyage et donc, ce petit arrêt nous semblait d’une importance non négligeable. Nous avons ensuite repris nos motos pour traverser cette liaison. Ces 18 kilomètres de bitume, nous les avons parcourus avec des étoiles plein les yeux car nous étions là où toutes ces histoires que nous venions d’entendre s’étaient passées. Et sans ce pont, Mercy Ships n’aurait sans doute pas eu accès à un navire de cette capacité.

Le reste du trajet de retour était sans histoire. En Allemagne, nous avons retrouvé un peu de pluie et même de la grêle (très agréable la grêle à 150 km/h sur l’Autobahn). Et une fois de retour à Perroy, nous avons pris quelques minutes pour contempler notre voyage, se rendre compte que la Triumph avait sans doute perdu tout son liquide de fourche (nous avions remarqué une fuite dans le sud de la Suède) et bien sûr, finir aux caves ouvertes vaudoises vu que la route était finie.

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