Reportage publié le 26 octobre 2021

65ème édition de la course de côte de Verbois : de la joie, du spectacle et du gros gaz (part 1, samedi)

Texte de Phoukham Phothirath / Photo(s) de Phoukham Phothirath, Thierry Cittone et Denis Guyot

Prologue

Tout a débuté fin Septembre, la manche du Schallenberg venait juste de finir.

Le championnat SMLT (Swiss Moto Legend Trophy), qui regroupe des motos de 1974 à 1999, y faisait escale et clôture. J’ai pu y faire deux montées à bon rythme avec la Speed Twin prêtée par Triumph Suisse, avec Jean-Luc Ronchi qui officiait comme directeur de course. L’homme y était aussi en tant que pilote, et ce promoteur infatigable du SMLT a tout de suite vu (et su) que ça avait bien accroché. Bref il a tout de suite décelé que j’aimais les vieilles (motos) et que ces montées, c’était juste du gros kif en barre.

Et, effectivement, non seulement je suis rentré du Schallenberg sans m’être satellisé et sans avoir explosé la Speed Twin, mais je suis reparti avec une myriade d’étoiles dans les yeux et, aujourd’hui encore, des trémolos dans la voix (reportage, partie 1 en ligne et partie 2 à suivre très bientôt…). Et c'est ainsi que l’on s’est quittés satisfaits, heureux, non sans s’être donnés une fois rendez-vous à Verbois. Car pour cette dernière course de l'année en terres genevoises, Jean-Luc proposait tout simplement à deux journalistes, dont votre serviteur, de le remplacer le dimanche sur la Suzuki GSX-R SRAD de 1996, la numéro 908. Cette proposition survint un vendredi, que suivait un week-end de réflexion (« glup, je peux te donner une réponse ce lundi ? » ayant été ma seule réponse audible), et de nœuds à l’estomac, avant de finalement répondre « oui ». Même si c’était décidé d’avance et que ce type de proposition ne pouvait dignement pas se refuser…

Donc cette année pour moi, ce sera photos le samedi avec le Canon et montées le dimanche avec le boulet de canon de 1996, une magnifique Gex SRAD préparée aux petits oignons et apprêtée aux couleurs de Suzuki Classic…

Un Samedi sûr sur la Terre

Puis arrive le fameux samedi matin... C’est le début des relâches. L’autoroute est déjà saturée aux abords de l’aéroport, pourtant il n’est que 7h30 du matin. Je tire jusqu’à Bernex, pour finalement arriver sans encombre au barrage. Contrôle des pass sanitaires, c’est OK et me voilà dans le saint des saints ! Thierry et Denis, nos deux photographes, sont déjà là. Matinaux, les gaillards. Ça caille, ils ont déjà en gilets jaunes, prêts à déclencher. On s’achemine ensuite vers le grand chapiteau, sous lequel se terminait le briefing des commissaires de piste. Des visages sérieux et motivés, des mines attentives, des jeunes bénévoles, mais aussi des moins jeunes et pas mal de figures familières dans les rangs…

Un café salvateur plus tard et nous voilà prêts à nous mettre en place. Puis on passe vers le village des exposants, d’où nous voyons la direction de course redescendre. La piste est validée. Les infrastructures sont en place, et le championnat intergalactique, mondial de Genève peut commencer. Et, contrairement à l’année dernière, ce sera sur deux jours. Comme depuis de nombreuses éditions.

Il y a encore un peu de brouillard, ça crachouine encore un peu dans la partie basse du tracé lorsque les premiers concurrents s’élancent. On garde une marge, on roule sur des œufs entre bande blanche, chaussée encore froide et humide, et limaces présentes. Les montées d’essai et les montées chronométrées se succèdent. Puis, progressivement, le brouillard se dissipe à la fin de la matinée. Le soleil devient plus franc, et les degrés augmentent, tant pour la température que pour l’angle… Les passages continuent et les montées s’enchaînent,

On remarque juste qu’il y a un peu moins de motos inscrites cette année, mais les side-cars sont venus en nombre, des courts, des longs, ceux avec les paniers à gauche, ceux qui les ont à droite (les paniers, et les « singes »), des récents, des anciens, mais tous et toutes prêt(e)s à en découdre avec le chronomètre. Moins de quads aussi, avec juste deux représentants (les Mathex). Mais une forte présence des supermotards. On remarque aussi que Verbois reste aussi une sacrée histoire de famille, de mère et fille (comme l’équipage side-car long #520), de père et fils (comme les Petter, les Droz, et nous en oublions…), de frères (les Monaya, les Mathex, les Ronchi, et on en oublie…), voire de mari et femme…

Histoires de familles ou pas, Verbois a, cette année encore, la saveur particulière de ces bonbons acidulés, de cette ambiance particulière des courses de fin de saison. Et dont on savoure chaque seconde de montée ou de descente. Et que l’on aimerait prolonger, encore et encore, jusqu’au bout de l’hiver…

Mais pu…rée, qu’est-ce qu’ils sont propres. Et pét…ard, qu’est-ce qu’ils avionnent !

Aux premières places, comme en milieu et en fin de classement, on se bat contre le chrono, contre soi-même, contre les copains, et ça se joue parfois à quelques centièmes. Oh la vache, c’est serré des fois.

Le public est là, il a répondu présent malgré la contrainte du pass sanitaire et l’on parle ici de plus de 4'000 spectateurs sur l’ensemble du week-end de course. Tout d’abord un peu éparse et frileux le matin (!) puis il s’est densifié tout au long de la journée et du tracé. Et l’ambiance s’en est trouvée électrifiée au passage, et au fil des passages. Il sait vibrer et savourer lui aussi le spectacle offert à sa juste valeur.

Au fil des montées, le rythme s’accélère. La « piste » est à température, et les pilotes sont chauds (show?) bouillants. Au bord du tracé, je jubile. Le spectacle et la performance sont de toute beauté. Les pilotes se font plaisir, le public est aux anges.

Oubliée la crispation du matin froid et humide, tous et toutes attaquent, déhanchent, soudent, et (re)trouvent leurs marques. Oubliée cette légère hésitation de la première montée, et les trajectoires molles du matin. Et cette petite appréhension. Tous et toutes se (re)lâchent. Les trajectoires se tendent. Et les chronos descendent.

En parlant de chronos et de résultats, voici ceux du samedi: en SMLT, Jean-Luc Ronchi gagne devant Jean-Charles Hoffmann et Olivier Audetat, avec un écart de 0.02sec entre ses deux meilleurs temps, tandis qu'au scratch Bryan Leu (44.77sec) mène devant Sébastien Puidoux (45.90), David Fenger (45.98), Gregory Monaya (46.10), Benoît Petter (46.53) et l'inoxydable Bernard Bally sur sa nouvelle R1 (46.67). Il faut noter le temps mis par Fabrice Meneghel en karting, avec un 45.15 proprement hallucinant !

Puis, la journée se finissant, je redescends vers le paddock. Et ressens comme une boule au ventre. Je n'y ai pas pensé de toute la journée mais là, en voyant les copains du SMLT, j'en tiens une carabinée... Car demain, je ferai mes premiers tours de roues à Verbois… Mais ça, c'est une autre histoire. À suivre!

Samedi : résultats régularité (SMLT) et par catégories

Notre très grosse galerie de photos est à consulter sur photos.acidmoto.ch

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