Essai publié le 09 novembre 2021

Essai-bis Triumph Speed Triple 1200 RS 2021 - Deux salles, deux ambiances

Texte de Patrick / Photo(s) de Patrick

Réaliser l'essai d'une moto sur un circuit mène forcément à ne pas contenter ceux qui n'ont aucune affinité avec cette activité. Seulement quand Marc parle de "Couteau Suisse" pour ce roadster british, il faut bien continuer à faire le tour de son utilisation. Cap sur le nord de l'Italie puis le Tessin et la Suisse centrale en 4 jours.

Deux week-end qui s'enchainent avec le Lédenon d'abord, où Marc a pu tirer le meilleur de la Speed Triple sans se soucier de la législation, et le pont du Jeûne genevois donne une occasion de confronter la moto à une large palette d'utilisations diverses. Un roadbook d'un peu plus de 1000 km est au programme, 15 personnes et départ avec un peu moins de motos sur la route.

Envie d'en savoir plus sur la moto d'un point de vue technique ? Je laisse la parole à Phoukham qui l'a extensivement détaillée lors du premier essai.

Le premier jour, les routes de Savoie nous mènent jusqu'au petit Saint-Bernard et la frontière italienne. Le trajet se poursuit jusqu'à Ivrée où on passe la nuit. Pour ne pas perdre trop de temps, une courte section d'autoroute entame la journée. Déjà frappé par la dureté de la boite aux premiers kilomètres, je découvre le confort du régulateur de vitesse dès que je dois maintenir une allure constante. 

Habitué à un gros roadster, je suis quelques peu perturbé par cette Triumph. Je trouve le guidon plus en avant et donc mon buste plus étendu sur le réservoir. C'est une position particulière mais pas désagréable. Dans les cols, je découvre enfin le comportement joueur de la Speed Triple, comportement que j'aurais le loisir de décrypter lors des 4 prochains jours.

Le seul relief de la deuxième étape sera le passage par la station de ski de Bielmonte, où la route sinueuse mais défoncée regroupe 80% des virages vus jusqu'à commencer à longer le Lac de Côme en fin d'après-midi. Heureusement que la selle sait ménager son pilote sur ces longs kilomètres.

Lors de ces liaisons, j'ai tenté d'apporter des modifications à l'électronique de la moto en roulant, cependant le bouton de navigation et de validation ne m'ont pas convaincu. Si les réglages sont faciles dans le box d'un circuit, c'est tout le contraire sur la route.

Après une traversée du lac en ferry, le groupe se met en route vers le Balcon d'Italie. Oh surprise, la route vient tout juste d'être refaite et c'est un régal mais qui ne dure que 4 virages. Je me suis fait une fausse joie. Sur une route si étroite et avec 180 chevaux prêts à bondir, je n'ai pas passé plus que la 2 et ai même fait quelques passage 2>1 au blipper sans accrocs.

La suite du parcours implique de se rendre à Airolo par l'autoroute. Un samedi ensoleillé début septembre, on est logiquement reçu par 6km de bouchons. Alors que les voies sont rétrécies pour travaux, remonter entre les deux files devient de plus en plus difficile, également à cause des rétroviseurs en bout de guidon. Il fait une température étouffante, l'imposant bloc moteur dégage une chaleur importante et dans mon jean kevlar je suis de moins en moins à l'aise. 

Pour ne rien arranger, la boite que je trouve si dure rechigne toujours à passer le point mort. Sortir de ce bouchon est un soulagement pour ma main gauche fatiguée d'actionner l'embrayage relié par un cable au levier. Si la 1200 RS était un allié pour le début de ce roadtrip, cet aspect de la boite devient handicapant.

Une route que j'affectionne particulièrement m'attend : le col du Nufenen. Depuis le Tessin, la montée commence par des lignes droites entrecoupées de virages relativement ouverts. Puis viennent les premières épingles et les montées plus importantes. La Speed aime les courbes et les virages, en revanche pour les épingles les plus serrées, ce n'est plus sa "cup of tea". Je bataille avec l'avant lorsque je suis à la corde, puis la reprise de gaz extirpe la moto du virage. Gare à ne pas en faire trop ou ce sera le contrôle de traction qui vous rappellera à l'ordre.

En descente je mets largement à contribution le système de freinage. Les doubles Stylema ne sont pas de trop pour stopper la moto. Même en demandant beaucoup, le levier de frein reste constant. En revanche le pilote commence à fatiguer et lors d'une accélération, le réflexe de la piste reprend le dessus et j'appuye sur le sélecteur pensant passer le rapport supérieur. Sans hésiter, malgré un régime dans le dernier tiers du compte-tours, la vitesse inférieure rentre et le moteur s'emballe. Le sélecteur de vitesse est directement relié à la boite, aucun filtre pour jouer le garde-fou.

La suite du programme, c'est de franchir le col de la Furkka, puis de rejoindre le sommet du col du Susten pour passer la nuit au refuge de montagne. Le lendemain, il ne restera que les lacs de Brienz et de Thun à longer, pour franchir le Jaun, descendre vers Bulle et rentrer à Genève.

Ces 4 jours avec l'anglaise m'ont permis de profiter d'un roadster musclé mais pas brutal. A l'aise dans de nombreuses situations, comme le circuit, mais aussi sur une bonne partie des routes de mon escapade. Quand la route était en mauvais état, la suspension tenait bon malgré son réglage plutôt sportif. J'étais relativement bien installé une fois le cintre du guidon appréhendé, sans douleurs au fessier même avec un programme chargé.

J'ai bien aimé le ressenti de la poignée de gaz électronique tout comme celui des freins, mais je ne peux pas en dire autant de l'embrayage lourd et de la boite de vitesse très dure. Ceux-ci m'ont mené la vie dure pour m'arrêter ou rouler à basse vitesse. Heureusement le blipper fonctionne avec précision même quand on descend au lieu de monter.

J'avais la chance de ne pas transporter mon paquetage sur la moto, je ne me prononcerai pas quant à la facilité d'emporter du matériel. En revanche je peux affirmer que de longues étapes autoroutières ne sont pas recommandées, du moins sans le saute-vent. L'ajout de cette casquette sur le compteur pourrait réduire considérablement la prise au vent.

Le 3 cylindres totalement nouveau qui s'exprime si bien dans ce nouvel échappement en position latérale est un régal. Le style est discutable, mais il chante bien, surtout passé 5'000 tours. Ce moulin procure des sensations, qu'on le cravache ou non. Même sur un filet de gaz il répond présent et offre beaucoup de souplesse. 

Affichée CHF 18'900.-, il faudrait encore débourser CHF 270.- pour y mettre le saute-vent. Et si des envies de guidon bracelet vous prend, avec un habillage résolument rétro, il y a la Speed Triple RR qui s'est fait une place au catalogue...

Patrick

Au final...

On a aimé :
+
Le look racé et élégant
+
La suspension de grande qualité
+
La sonorité très agréable
On a moins aimé :
-
L'avant qui n'aime pas les virages pointus
-
La prise au vent, en absence de la casquette
-
La boite, dure à l'usage
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Au final...

On a aimé :
+
Le look racé et élégant
+
La suspension de grande qualité
+
La sonorité très agréable
On a moins aimé :
-
L'avant qui n'aime pas les virages pointus
-
La prise au vent, en absence de la casquette
-
La boite, dure à l'usage

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Triumph
Modèle :
Speed Triple 1200 RS
Année :
2021
Catégorie :
Roadster
Moteur
Type :
Trois cylindres en ligne, double ACT, 4 soupapes par cylindres
Cylindrée :
1'160 cm3
Refroidissement :
liquide
Alimentation :
Injection électronique multi-point avec ride-by-wire
Performances
Puissance max. :
180 ch à 10'750 tr/min
Couple max. :
125 Nm à 9'000 tr/min
Transmission
Finale :
par chaîne
Boîte :
6 rapports avec Triumph Shift Assist bidirectionnel
Embrayage :
multidisques à bain d'huile, anti-dribble, commande mécanique
Partie cycle
Châssis :
Deux longerons en aluminium, boucle arrière en aluminium boulonnée
Suspension AV :
Fourche inversée entièrement réglable ø 43 mm Öhlins NIX30
Course AV :
120 mm
Suspension AR :
Amortisseur arrière Öhlins TTX36 entièrement réglable
Débattement AR :
120 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
190/55 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Oui
Frein AV :
Double disque ø320mm avec étriers Brembo Stylema, maître-cylindre MCS19x21, ABS en courbe
Frein AR :
Simple disque ø220mm avec étrier Brembo 2 pistons, ABS en courbe
Dimensions
Longueur :
2'090 mm
Empattement :
1'445 mm
Largeur :
792 mm
Hauteur de selle :
830 mm
Poids total :
198 kg
Réservoir :
15.5 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Sapphire Black
 
Matt Silver Ice

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