Essai publié le 11 août 2018

Essai Tourisme - Indian Roadmaster : le vaisseau amiral [page 2]

Texte de Mathias Deshusses / Photo(s) de Mathias Deshusses

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Cap au sud !

Après une petite pause à Die, le temps de se rafraîchir sur une terrasse ombragée et de déguster salade et carpaccio, cap sur la Camargue avec pour objectif de rejoindre l’autoroute à la hauteur de Loriol-sur-Drôme. Pouvoir court-circuiter l’échangeur de Valence en plein mois de juillet est un luxe que les habitués apprécieront à sa juste valeur.

Sur route, on peut compter sur le gros cœur de l’Indian pour offrir des reprises généreuses et jouer à saute-mouton avec les nombreux automobilistes qui se décaleront sur la droite de la chaussée en nous voyant (entendant ?) arriver. Si la faible puissance de la Roadmaster est une source d’inquiétude pour vous, soyez rassurés, elle n’a jamais manqué de souffle et a toujours répondu avec force à la moindre sollicitation de la poignée de gaz.

De retour sur l’autoroute, c’est l’occasion de vérifier une fois qu’il s’agit d’un véritable rail, avec une stabilité impossible à prendre en défaut. Vous ne craindrez plus les rafales de vent dans la Vallée du Rhône et pourrez abattre des miles en toute sérénité. Deux heures plus tard, arrivée au Grau-du-Roi, dans une température (celle de l’air ambiant, pas celle de mon mollet, largement supérieure) annoncée de 39°... Aouch !

Arrivée à l’hôtel, déchargement de la soute et arrimage du bateau dans la cour intérieure. La place étant comptée, il faut manœuvrer le mastodonte, et dans un tel moment, on se demande bien pourquoi Indian n’a pas jugé digne d’équiper son fleuron d’une marche arrière. Une fois arrimé et déchargé, on laisse ce dernier au port pour la nuit, direction une chambre climatisée qui n’a jamais été aussi appréciée. A présent, place à un apéro bien mérité sur le front de mer et dès le lendemain, à une nouvelle escapade.

La grande traversée

7h du matin. L’Indian s’ébroue et son moteur résonne dans les ruelles désertes du village. Départ pour les Saintes-Maries-de-la-Mer sous l’œil des goélands, seuls occupants de la plage à cette heure matinale. Vu les températures caniculaires annoncées sur le Gard, partir à l’aube pour profiter d’un peu de fraicheur n’est pas une mauvaise idée. Seulement voilà. Un surprenant brouillard matinal enrobe le canal du Grau-du-Roi que nous suivons. Les marais salants se devinent à peine sur notre droite et l’apparition de la cité médiévale d’Aigues-Mortes surgissant de la brume est quasiment féérique.

Une vingtaine de kilomètres plus loin, la Roadmaster bifurque à tribord et s’enfonce dans les marais en direction du Petit Rhône, un des deux bras du delta du Rhône, qu’il va falloir franchir. Sans croiser âme qui vive, évoluer dans une terre alternant végétation luxuriante et étangs marécageux, plongée dans une brume mystérieuse, crée une atmosphère fantastique, presque surnaturelle. Après de longues minutes, le Petit Rhône se présente à la proue de notre vaisseau. On va bien voir si la Roadmaster peut traverser un cours d’eau. Et bien oui. Elle flotte ! Enfin, surtout le Bac du Sauvage, sur lequel elle a pris place. Bien que les Saintes-Maries-de-la-mer soient accessibles directement par la route, je recommande à tout le monde de passer par la D58 pour pouvoir emprunter ce petit ferry, pittoresque à souhait. Il traverse toutes les demi-heures et cerise sur le gâteau, il est gratuit !

Le soleil s’étant levé, il est temps à présent de savourer un bon petit-déjeuner en terrasse, avant d’entamer le voyage du retour. Un petit crochet s’impose néanmoins par la Maison Méditerranéenne des Vins. Cet immense magasin, aux allures de coopérative, se trouve sur la route de l’Espiguette, en direction de la plage du même nom. Il regroupe l’ensemble des producteurs de la région et si vous êtes œnophiles, vous pourrez y découvrir de sacrées pépites, croyez-moi sur parole.

Retour au port d’attache

Le chemin du retour sera direct et matinal, ici aussi pour éviter les grosses chaleurs. Les grandes voies rapides étant le terrain de jeu idéal, autant en profiter. Bien calée sur le canapé du salon principal, mon épouse pourra profiter d’un voyage fort agréable, seules quelques vibrations assez présentes l’empêchant de s’endormir. Il y a à sa disposition deux enceintes qui diffusent de la musique relaxante et son assise est aussi confortable que celle du capitaine. Pour ce dernier, le voyage sera un long fleuve tranquille et aucune fatigue ne se fera ressentir. Grâce à ce luxueux croiseur, notre première expérience maritime aura été un bonheur. 

Lausanne, samedi 28 juillet. Température ambiante 23°. Légère pluie. Comme il y a une semaine. Je commence à avoir l’habitude de me faire rincer quand je récupère ou ramène des motos d’essai. Pourtant, je me fais quelques frayeurs. Tout d’abord, il y a cette sensibilité extrême aux raccords et marquages routiers. Quelques petites dérives, rien de bien méchant, mais rien de rassurant non plus. Ensuite, sur une simple sortie de courbe à 50km/h, la moto s’est mise de travers à l’accélération. Et oui, il n’y a pas d’antipatinage sur la Roadmaster. Pour une moto visant clairement le haut de gamme, et avec un moteur aussi généreux en couple que le Thunder Stroke III, une telle assistance ne serait pas, justement, du luxe. C’est un détail, mais je doute que celui qui aura pu mettre ce prix dans un tel vaisseau aie envie de prendre le risque de le mettre par terre en sortie de rond-point. 

Au rapport, Capitaine !

L’heure du bilan après 1200km avec l’Indian Roadmaster est arrivé. Coûtant la modique somme de 32'200.- CHF dans ce coloris uni, et garantie 5 ans, c’est une très bonne moto, capable de vous emmener loin, dans un confort proche de la perfection et avec une stabilité extraordinaire. La sonorité est envoûtante, l’agrément à bord impérial et le système RideCommand® intuitif, performant et rapide à démarrer. Son moteur est souple, volontaire et coupleux. Seule la chaleur dégagée par le collecteur pourra vous empêcher de prendre le départ, suivant la saison et le type de destination visée. Ne vous reste plus qu’à monter à son bord… et à larguer les amarres pour une croisière sous le signe du luxe… !

Merci à la concession Biker Syndicate (Lausanne), pour son accueil ainsi que pour la mise à disposition de la moto de ce test. 

P-S : Rendez-vous à la page suivante pour découvrir mes bons plans en termes d’hébergement, de restauration… et d’apéros !

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Au final...

On a aimé :
+
Sonorité flatteuse
+
Qualité de finition
+
Système Ride Command® : grand écran tactile et sono de qualité
On a moins aimé :
-
Chaleur dégagée par le moteur
-
Pas d’antipatinage
-
Absence de marche arrière

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Indian Motorcycle
Modèle :
Roadmaster
Année :
2018
Catégorie :
Routière
Moteur
Type :
V-Twin 4T
Cylindrée :
1811 cm3
Refroidissement :
Air et huile
Performances
Puissance max. :
74,1 ch à 5'400 tr/min
Couple max. :
150 Nm à 2'100 tr/min
Transmission
Finale :
Par courroie
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multidisque à bain d'huile
Partie cycle
Châssis :
Double berceau en acier avec poutre en aluminium
Suspension AV :
Fourche téléscopique de 46mm
Course AV :
119 mm
Suspension AR :
Mono-amortisseur
Débattement AR :
114 mm
Pneu AV :
130/90 x 16
Pneu AR :
180/65 x 16
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Non
Frein AV :
Double disque, diamètre 300 mm
Frein AR :
Simple disque, diamètre 300 mm
Dimensions
Longueur :
2'656 mm
Empattement :
1'668 mm
Largeur :
1'000 mm
Hauteur de selle :
673.1 mm
Poids à sec :
408 kg
Poids total :
422 kg
Réservoir :
20.8 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Thunder Black
 
Burgundy Mettalic
 
Polished Bronze
 
Pearl White
Catalogue
Prix de vente :
CHF 32'200.-
En ligne :

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