Essai publié le 15 février 2013

Triumph Tiger Sport - Taillée pour les touristes (très) pressés !

Texte de Patrick Schneuwly / Photo(s) de Alessio Barbanti et Stefano Gadda (Triumph)

En 2007, coup de tonnerre sur le marché du deux-roues : une routière haute sur patte débarque tout fraîchement des usines d'Hinckley. Cette année-là, il se vend trois cent un exemplaires de la Tiger 1050 en Suisse. Partout ailleurs, c'est le même engouement, il n'était alors plus possible d'en produire plus. Après cinq ans de vente, la nouvelle Tiger Sport vient redéfinir son style pour se refaire sa place dans la gamme Triumph.

Notre essai de la Tiger Sport en utilisation duo.

En 1993 débarquait la première TIger du nom avec un châssis pour elle toute seule et une gueule de baroudeuse indécrottable. En 1998, le Tigre revient à charge avec plus ou moins la même recette. Cependant, avec ses jantes à rayons, sa place sur la route était discutable. Dès 2001, les Anglais ont offerts des jantes en alu au félin, mais c'est le renouvellement du modèle en 2007 qui forgera sa solide réputation au modèle.

En 2011, il y a aussi eu une petite soeur qui est venu se tailler une part du marché Tiger avec un moteur de 800cm3. Celle-ci s'est quand même vendue à 279 exemplaires en Suisse au moment de sa sortie ! La même année, 75 Tiger 1050 trouvaient preneur en Suisse. Il est temps que la grande soeur repenne le pouvoir !

De terre à tarmac.

A l'origine prévue comme un modèle tout-terrain, la Tiger s'est depuis mutée en routière. La Tiger Sport affirme encore plus cette transformation, par exemple avec ses sacoches latérales encore plus volumineuses et désormais pourvues du système de mouvement dynamique. Le top-case est équipé d'une prise 12V à raccordement automatique, comme la super-routière Trophy. Sous la selle on trouve encore un espace de 1.6L pour y ranger l'indispensable ainsi qu'un espace pour un U anti-vol.

L'un des souhaits des clients était d'améliorer le confort du passager. Installé 40mm plus bas, il pourra désormais aussi saisir de nouvelles poignées redessinées pour un meilleur grip avec n'importe quel gant. Pour le conducteur, la selle affinée permet de mieux faire corps avec la machine. Cette sensation est d'autant plus accentuée par le guidon totalement reformé qui tombe parfaitement dans les mains et qu'on ne veut plus lâcher.

Pour un meilleur agrément sur de longues distances, des protège-mains en plastique peuvent équiper cette routière. Nos modèles d'essais étaient tous équipés et c'était fort appréciable pour fendre l'air frais d'une matinée catalane. J'ai aussi pu essayer la bulle haute mais qui ne m'a pas convaincu. Mon mètre quatre-vingt-cinq semble être la taille critique pour avoir la lame d'air déviée exactement sur le front. Tous les boutons utiles au pilote se trouvent sur le guidon, même les indispensables SET et RESET habituellement placés sur le compteur. Il ne reste là bas que les warning et un bouton HOME, qui à défaut de vous ramener chez vous vous sortira simplement du menu Setup.

La Tiger Sport inaugure au passage un système de clignotants à arrêt automatique, que l'on activera ou non selon sa préférence. Il coupera simplement le clignotement après huit secondes et soixante-cinq mètres. Si vous attendez au feu, il ne s'éteindra pas, naturellement. Les autres boutons permettent de naviguer dans un petit menu de réglages disponibles uniquement à l'arrêt ou au point mort. Vous irez y fouiller pour désactiver les clignotants automatiques ou l'ABS, ou encore changer l'heure et l'unité de mesure utilisée.

L'ABS est aussi déclenchable de la même façon, lui qui a été profondément revu pour être plus efficace et moins intrusif. Pour envoyer dans le sinueux et devoir attraper les freins à tout moment, c'est très agréable ; il s'est enclenché vraiment que lorsque c'était nécessaire lors de mon essai.

Il y a sport dans le nom, mais dans la moto ?

Techniquement, il y a cent vingt pièces qui ont changé sur cette nouvelle Tiger. En voici quelques-unes en détails :

  • La boîte à air a été redessinée pour moins ralentir l'air au travers et améliorer la sonorité. Les résultats sont là, elle respire à plein poumon !
  • L'échappement a gagné en volume pour mieux faire respirer le trois-cylindres de 1050cm3. En accessoire, Arrow vous propose de gagner 2.6kg sur la balance et 1 à 2cv au banc. Cependant, il faudra faire installer une nouvelle cartographie d'injection pour en profiter pleinement.
  • La sixième vitesse a été revue pour offrir une meilleur reprise et améliorer la consommation. C'est au final 7% d'autonomie gagnés.
  • La mécanique interne à la boîte de vitesses demande maintenant moins d'effort pour être utilisée et gagne en précision. Ce qui, avec l'embrayage opérable à deux doigts sans effort, offre un grand agrément de conduite.

Depuis le modèle 2007, le dessin des flancs s'est vu simplifié pour que chaque ligne ne parte plus que dans une direction contre un léger V et un galbe rond se prolongeant depuis le réservoir. La face avant intègre un nouveau phare qui louche moins que l'ancien mais éclaire aussi beaucoup mieux ! Jetez aussi un coup d'oeil aux cale-pieds, faits d'alu et couverts de caoutchouc; Triumph monte doucement en gamme avec ces détails. Vous remarquerez aussi la selle à surpiqures rouges ou les caches sur les fixations du top-case.

La dernière grande nouveauté est le mono-bras. Celui-ci, qui n'a rien à voir avec le mono-bras de la Speed Triple, change radicalement le style de l'arrière de la Tiger Sport. Développé spécifiquement pour ce modèle, il est un rien plus long que la pièce qu'il remplace. L'amortisseur, qui lui est joint, est réglé plus dur, déjà pour compenser ce bras de levier, mais aussi pour permettre un chargement plus important dans les valises, le top-case et sur la selle passager. Enfin, il autorise une conduite plus dynamique qu'auparavant.

L'un des points forts de Triumph a toujours été le moteur trois-cylindres exceptionnellement généreux. Essorer la poignée devient l'activité favorite d'un conducteur de Tiger Sport, presque un TOC qui vous prend en l'espace d'une journée. Peu importe le rapport dans lequel on se trouve, la reprise suffira toujours à faire un dépassement. Si vous espérez passer dans un trou de souris, tombez d'un rapport et laissez-vous catapulter deux quartiers ou virages plus loin.

Seul inconvénient du moteur 1050 : il n'est mécaniquement pas possible d'y intégrer d'usine un indicateur de rapport engagé. En substance pas très pénalisant, mais lorsqu'il est question d'attaquer sur les petites enfilades, c'est appréciable de savoir si on peut tomber de trois en deux ou si on est sur le point d'engager la première. Tout est question d'habitude, direz-vous !

Depuis le modèle de 2007, il s'est avéré que la Tiger était souvent choisie par des motards de tous les jours qui s'en servaient pour aller de A à B quelque soit la météo. Au quotidien, manoeuvrer le félin est très facile même à basse vitesse. Le large guidon et le généreux angle de braquage vous ouvrira de nombreux passage dans la jungle urbaine.

Seulement, aller travailler avec cette moto n'est pas le bon plan... Vous serez trop tenté de vous éclipser discrètement dès la pause café pour rejoindre des routes si possible sinueuses et désertes de tout trafic. Petit conseil de la maison : depuis la ville de Sitges, remontez à l'intérieur des terres par n'importe quel chemin qui n'est pas l'autoroute. Ce terrain de jeu est simplement idéal pour cette Triumph, et d'autres.

Sur tracé sinueux, le train avant se place comme guidé par un laser et peu importe la vitesse, on peut balancer la machine sur l'angle quasiment sans effort. Les freins, aussi mordants qu'endurants, font également merveille sur ce terrain, autorisant de saisir la poignée en toute circonstance.

L'amortisseur arrière, réglé maintenant plus dur, absorbe tout de même très bien les imperfections de la chaussée. Ce qui permet aussi d'emporter agréablement plus de bagage qu'avant.

A rythme plus soutenu, la Tiger Sport ne perd pas en précision, bien au contraire. Certaines courbes se prennent à des vitesses gravitationelles, bluffant ! Les pneus, des Pirelli Angel ST, encaissent sans broncher le pilotage le plus gras. Si ces pneus venaient à ne pas vous plaire, Triumph précise que les Pilot Road 3, les Z8 et les Roadsmart II conviennent aussi très bien à leur Tigre.

Vous êtes vraiment pressé, ne retenez que ceci :

Un excellent châssis et un merveilleux moteur donnent toujours quelques chose de bon. Sur la Tiger Sport, on trouve en plus une suspension parfaitement adaptée au style de conduite d'une moto Sport Touring. Spécialement revue pour le duo et le voyage, elle s'adresse aussi bien au vieux routard qu'au motard du quotidien s'évadant de chez lui en fin de semaine. Vendu au prix honnête de CHF 15'490.-, ce modèle saura trouver ou retrouver son public. Mais ne vous y trompez pas, si vous cherchez du très sportif ou de la super-routière pour l'autoroute : passez votre chemin ! Si vous débutez dans le monde du deux-roues mais que les roadsters ne vous intéressent pas, elle saura vous convaincre, à coup sûr.

Pour les curieux, voici le déroulement des journées presse.

Patrick

Au final...

On a aimé :
+
Magnifique mono-bras
+
Position naturelle et agréable
+
Le son : elle respire !
On a moins aimé :
-
Look trop sage
-
Pas d'indicateur de rapport engagé
-
Protection au vent assez limitée
AcidTracks 2019 - Organisation de sorties pistes

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
Magnifique mono-bras
+
Position naturelle et agréable
+
Le son : elle respire !
On a moins aimé :
-
Look trop sage
-
Pas d'indicateur de rapport engagé
-
Protection au vent assez limitée

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Triumph
Modèle :
Tiger Sport
Année :
2013
Catégorie :
Routière
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
3 cylindres en ligne, 12 soupapes, double arbre à cames en tête
Cylindrée :
1050 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Injection électronique séquentielle multipoint avec injection d’air secondaire
Performances
Puissance max. :
125 ch à 9400 tr/min
Couple max. :
104 Nm à 4200 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne à joints en X
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multidisque à bain d’huile
Partie cycle
Châssis :
Aluminium à deux longerons
Suspension AV :
Fourche inversée Showa de 43mm, avec précharge, détente et compression réglables
Course AV :
140 mm
Suspension AR :
Amortisseur Showa avec précharge et détente réglables
Débattement AR :
150 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
180/55 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Non
Frein AV :
Double disque flottant de 320mm avec étriers Nissin radiaux à 4 pistons
Frein AR :
Simple disque Nissin de 255mm, avec étrier 2 pistons
Dimensions
Longueur :
2'150 mm
Empattement :
1'540 mm
Largeur :
835 mm
Hauteur de selle :
830 mm
Selle basse -20mm
Poids total :
235 kg
Réservoir :
20 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Blanc
 
Rouge
Catalogue
Prix de vente :
CHF 15'490.-
Avec 2 ans de garantie et hors frais de transport (160.-)
En ligne :
Garage :

Plus d'articles Moto

La nouvelle Suzuki DR 1000 prise en flagrant délit de roulage
En février dernier, nous vous annoncions le retour d'une Suzuki DR "Big", même si le terme est quelque peu galvaudé, puisque le DR était un mono à la base.
Journées Trajectoires avec la Police Vaudoise - Une remise en selle bienvenue
Depuis quelques années le corps de police du canton de Vaud organise les journées "Trajectoires". 
Essai Aprilia Tuono 1100 Factory - Une arme de guerre en vente libre
La Tuono 1100 Factory, c'est un truc de fou, une machine de guerre, un pousse-au-vice, une arme redoutable...
Paris-Dakar par les pistes au guidon d'une Honda Transalp 600
Paris-Dakar par les pistes avec une bonne vieille Honda 600 Transalp achetée 1.500 euros sur le Bon Coin. Ça te fait rêver ?
Indian Motorcycles devrait arriver en 2020 avec un moteur V-Twin refroidi par eau
Dans le monde de la moto touring, et plus particulièrement des motos de  type custom, la guerre fait rage, notamment lorsqu'il s'agit de sortir le plus rapidement possible un moteur à refroidissement par eau qui serait capable de répondre à la nouvelle norme Euro5.

Hot news !

Reportage - Reprogrammation Woolich Racing chez GBK Motos à Gland
On branche l’ordinateur, quelques clics et hop! le moteur sort plein de chevaux en plus. Non, c’est bien plus compliqué que ça. Il a fallu une longue journée de travail pour un résultat satisfaisant. Reportage.
La Ducati V4 Penta d'Officine GP Design, une moto à CHF 114’000.-
Le 30 janvier dernier, nous étions chez Ducati Lausanne pour le lever de voile sur la déjà-célèbre Penta du fameux Officine GP Design.
Une Triumph Daytona 765 surprise lors d'un essai – The Daytona is back
Nos confrères anglais de MCN, ont débusqués une Daytona utilisant le moteur 765 qui faisait des essais routiers. Est-ce que cela annonce le retour futur d'une Supersportive en provenance d'Hinckley ? On se prend à rêver.
Le concept Aprilia RS 660 roule déjà !
Le concept Aprilia RS 660 ne restera apparemment pas longtemps au stade du concept, ce dernier ayant déjà été vu sur le circuit de Vallelunga lors d'un test privé.
Essai Benelli TRK 502 - Tribulations d'une Italienne de Chine
Mine de rien, la production chinoise de développe sur nos routes. La preuve avec Benelli, ressuscitée grâce à l'investissement asiatique, qui nous a mis dans les pattes le petit trail TRK 502. Une machine simple et robuste, pas parfaite mais plus que capable.
Yamaha R3 bLU cRU Cup / Switzerland - Découvrir la course en "all inclusive"
Amener de jeunes pilotes dans le championnat suisse, grâce à une formule "tout compris" accessible. C'est le pari du groupe Hostettler / Yamaha Suisse avec la R3 bLU cRU Cup / Switzerland. Une formule d'accès à la compétition qui donne faim!