
Elle appartient pourtant bien à la même famille. Comme la « petite soeur de … », qu’on recconaît d’abord aux traits communs à ceux de son aînée, la F800 GS est identifiable au premier coup d’oeil. De loin, il ne manquerait que le flat-twin pour qu’on les confonde. A y regarder de plus près, la 800 est plus fine, plus svelte. Perchée sur sa roue avant de 21 pouces, elle ne fait toutefois pas « petite moto »!
Si BMW a souvent fait couler beaucoup d’encre concernant sa politique de design parfois osée, presque tout le monde a fini par s’y habituer. La 800 GS ne déroge donc pas à la règle et affiche fièrement un design très corporate. L’acheteur potentiel ne doutera pas en voyant le phare asymétrique et le bec de canard du garde-boue avant: il a bien une BMW sous les yeux! La ligne très typée de la moto l’affirme: c’est également un vrai trail qui s’offre à lui. Sans fioritures, évoquant une certaine robustesse sans pour autant faire « brut de fonderie », la GS est visuellement réussie.
Le bloc compteur logé dans le tête de fourche se veut très pratique et lisible, à défaut d’être très esthétique. On retrouve une quantité d’informations sur la consommation moyenne et instantanée, deux trips partiels et une jauge d’essence. En parlant d’essence, vous n’oublierez pas que le plein de la GS se fera sur le côté droit de la selle…
Au moment grimper (presque) littéralement la selle, qui culmine à 880mm, j’ai la confirmation de bien être sur un trail! Si je peine à toucher le sol des deux pieds, la légèreté de la moto se veut rassurante. Les mains trouvent sans souci le grand guidon mais se perdent sur les commodos sauce BMW, qui nécessitent un temps d’adaptation. Après la mise en route de l’engin, dans une sonorité un peu quelconque au ralenti, je m’élance dans la circulation pour un premier trajet urbain. Dans cet exercice, la 800 excelle. De par sa hauteur, elle offre une très bonne vision du trafic à son pilote et place ses rétros bien au dessus de ceux des voitures. Sa maniabilité fait merveille et permet de faire face à toutes les (mauvaises) surprises.
Un bref crochet par l’autoroute permettra ensuite de mettre en évidence le confort de la GS. La petite bulle protège efficacement le haut du corps, même si la tête reste un peu exposée aux turbulences. A allure légale, la BMW ne fatigue pas son pilote et permet d’envisager sans trop de mal quelques kilomètres de voies rapides. Au quotidien, donc, la F800 GS assure! Demain, un tout autre type de roulage nous attend: nous allons quitter la route pour juger de ses capacités dans le terrain…
Rendez-vous était pris avec Yann, rédac’ chef et spécialiste du tout-terrain chez AcidMoto.
Premiers conseils: virer les caoutchouc des repose-pieds et déconnecter l’ABS. Nous voilà rapidement partis sur un chemin caillouteux qui me met d’emblée très peu à l’aise. Heureusement, la finesse de la BMW et sa légèreté me permettent de bien la serrer avec les jambes et de la tenir sur le bon cap. Un cap que je peine à trouver sur les cailloux! Les pièges sont légion sur les chemins empruntés et le fait d’arriver au terrain où l’on est censés s’amuser m’a déjà bien entamé nerveusement. Pour ne rien arranger, il a plu la veille et la boue est donc de la partie!
Si j’ai rapidement capitulé après avoir manqué par trois fois de me répandre pitoyablement, Yann a tenu à juger des capacités de la GS. Il a beaucoup apprécié sa légèreté et sa finesse, mais aurait préféré une monte pneumatique plus adaptée au tout-terrain. Sa Tiger 800 XC était équipée de pneus à crampons et, selon lui, la BMW aurait fait bien mieux que se défendre équipée de la sorte.
En redescendant sur la route par les chemins caillouteux, je suis déjà plus en confiance, rassuré par les capacités de la GS à sortir des routes bitumées. Bon, le Dakar, ça ne sera pas pour tout de suite…
De retour sur ce bon bitume, il est temps de voir si la 800 tient ses promesses. Les suspensions au grand débattement travaillent tout aussi efficacement que sur la terre et offrent un confort de conduite appréciable. Je m’attendais à un train avant plus flou à cause de la jante de 21 pouces. Il n’en est rien! Le feeling sur l’angle est excellent et la stabilité bien présente.
En forçant l’allure, je découvre immédiatement que le bi-cylindre de 800cm3 en a dans le ventre! Je m’étais arrêté à sa sonorité très banale à bas régimes: grossière erreur! Une fois dans les tours, le twin offre un caractère rageur, avec une sonorité tout à fait jouissive! Sans surprise, le freinage s’avère excellent et efficace en toutes circonstances grâce à l’ABS. Les deux disques à l’avant ne sont pas de trop sur la route et le feeling au levier s’avère très convaincant. Très à l’aise dans les virages, la BMW étonne par son efficacité à passer d’un angle à l’autre. Sur des petites routes de montagne, elle se montrera aussi agile que confortable, ses suspensions gommant efficacement les défauts du bitume. Une réussite totale au niveau du comportement routier!
Avec son châssis typé trail et ses débattements maîtrisés, la GS se veut confortable en toutes circonstances. Même sous la pluie, pas une seule réaction malsaine ni désagrément. Les poignées chauffantes, en option, m’ont également gardé les mains au chaud en cette fin d’hiver. Les aptitudes routières de la F800 GS sont excellentes et incitent à avaler les kilomètres à son guidon. De préférence sur de petites routes tortueuses et des chemins!
Le trail, donc, sait tout faire. La F800 GS en fait la démonstration. A l’aise partout et dans toutes les circonstances, elle vous emmènera partout, au travail comme au fin-fond du Maroc! Et si l’aventure, c’était cela? Avoir la possibilité, sur un coup de tête, de tailler la route, voire d’en sortir carrément. C’est une chose tout à fait envisageable avec cette « petite » GS, qui s’approche très près du concept de trail idéal.