
L'historique en quelques mots, c'est une sortie en 2013 d'un modèle inédit chez Yamaha. Doté du moteur 3 cylindres à technologie Crossplane, le roadster devait assurer le remplacement des XJ6 et FZ8. 50'000 pièces plus tard (en Europe, on ne compte même pas la FZ9 d'Amérique du Nord !), mise à jour avec son nouveau phare et son regard plissé, suivie par la sortie d'une version SP qui vient palier des lacunes de suspensions.
2020 arrive à son terme et avec ça l'homologation des moteurs Euro 4. Pour Yamaha qui veut vendre des MT-09 en 2021 il faut partir d'une page blanche. Visuellement, ils lancent leur mouvance "Coverless", qui veut plus ou moins ne couvrir que ce qui doit être couvert. La mécanique est belle, ils savent faire des carters toujours plus esthétiques, autant les laisser apparents.
Le pare-boue avant fait aussi dans le minimalisme, comme la coque arrière ou le support de plaque qui (alerte aux haters de la précédente version) n'est plus sur la roue ! Point de vue look, on découvre de nouvelles jantes 10 bâtons très fines, un échappement qui semble tronqué et un bras oscillant moins courbé du côté droit que jusqu'à présent.
Dernier élément visuel, le tête de fourche. On préfère vous citer le communiqué de presse : "Compact, puissant et moderne, le nouveau design du phare de la MT-09 est du pur MT, et s'accorde parfaitement avec l'allure de la nouvelle génération". Il est entièrement à LED, le bloc central commute entre feux de route et feux de croisement en envoyant un faisceau large et régulier. Les feux de jours projettent une icône en forme de Y qui sera repris sur les modèles MT suivants. Quant au design, on préfère vous laisser vous exprimer.
Techniquement, passons en revue les changements de haut en bas. L'instrumentation de bord est maintenant un écran couleur de 3.5". Affichant plus d'informations, il a fallu ajouter des boutons de commande au guidon. La poignée d'accélérateur ride-by-wire est la même que sur la dernière YZF-R1, logée directement dans le boîtier. Exit les câbles se rendant à la poulie.
Le maître-cylindre de frein évolue vers le supersport, il est fourni par Nissin et devient radial pour appliquer la force de freinage de façon plus linéraire. Au bout des durites de frein (toujours en caoutchouc) on retrouve les étriers de la R1 et des disques de 298 mm de diamètre.
Remontons juste en dessous du guidon pour parler de la fourche. Elle est mise à jour ! Plus courte que la précédente, elle bascule l'ensemble de la moto vers l'avant pour augmenter la sensation de contrôle du pilote. C'est une fourche KYB de ø41 mm réglable en précharge, compression et détente. A l'arrière, c'est aussi du KYB, avec monoamortisseur réglable en précharge.
Quelque part au coeur de la moto prend place la centrale IMU 6 axes que Yamaha développe depuis la R1 de 2015. 50% plus petite et 40% plus légère, cette version est à la pointe de ce que fait le constructeur actuellement. Ce calculateur asservit le contrôle de traction, le contrôle du glissement, le contrôle de décollage de la roue avant ainsi que l'ABS. Toutes ces aides sont sensibles à l'inclinaison de la moto. Ceci est réglable selon le mode 1 (peu d'intrusion), 2 (forte intrusion) ou M, et chaque aide devient paramétrable en 1 ou 2 individuellement.
Cachée sous le réservoir, dont la forme s'est affinée mais garde sa contenance de 14 litres, on trouve une nouvelle boîte à air avec trois conduits ayant chacun des sections et longueurs différentes. Ceci engendre un bruit d'amission plus important à régime élevé. Descendons encore un peu plus vers l'injection, elle a maintenant lieu derrière les têtes de soupape d'admission. Ceci confère une meilleure atomisation et moins d'adhérence du carburant aux parois des orifices d'amission. Yamaha indique améliorer ainsi le rendement énergétique de 9%.
Parlons du moteur maintenant, il ne fait plus 847 cm3, mais 889 cm3 ! Il gagne au passage 4 ch. pour une valeur max. à 10'000 tr/min. de 119 chevaux. Les 93 Nm de couple sont aussi une progression, qui intervient 1'500 tr/min. plus tôt qu'avant. Le CP3 devient sérieusement plus coupleux à mi-régime. Tout le moteur avec ses nouveaux carters, pistons, bielles et arbres à cames pèse 300 g. de moins.
La transmission évolue dès l'embrayage avec un nouveau matériau pour ses plaques de friction et des angles de came modifié pour être opéré plus facilement au levier. La fourchette de changement de vitesse est modifiée tout comme le nombre de dents des première et seconde vitesse. Le rapport de réduction a été augmenté. Le QSS (système de shifter) devient bidirectionnel pour monter et descendre les vitesses sans embrayage.
Sous le moteur, parlons enfin de l'échappement. Tout le collecteur en inox est redessiné, chaque tube à sa propre courbure pour, je cite, "créer un excellent effet d'impulsion". Se trouve ensuite le collecteur 30 mm plus proche du sol du fait de la fourche plus courte. Enfin le collecteur finit par deux orifices de sortie des gaz, un de chaque côté, qui donne un aspect compact mais à mon avis pas fini à la moto. Le système d'échappement a le mérite d'être 1.4 kg. plus léger désormais.
Petit point sur le châssis, le constructeur indique qu'il est de section la plus fine jamais produite. Moulé sous pression et fini en Crystal Graphite, il faut intégralement partie du look de la moto. Le faux cadre utilise la même technologie plutôt que l'acier pour gagner 1.5 kg. sur la balance. Le nouveau bras oscillant, perd 250 g. Au total, 2.3 kg. ont été gagnés ici.
Les jantes, déjà évoquées plus haut, utilisent une technologie exclusive de forgeage par rotation qui réduit l'épaisseur de section à 2mm par endroit. En gagnant 700 g par jante, qui plus est en masse non suspendues, la roue arrière améliore son moment d'inertie gyroscopique de 11%.
La Yamaha MT-09 2021 s'offre une palette de 3 couleurs, Storm Fluo, Icon Blue et Tech Black. Son prix a été fixé à CHF 9'990.- et elle fera son arrivée dans les concessions en mars 2021.