Essai publié le

Essai Harley-Davidson Fat Bob 2018 - Elle vous flanquera la banane !

Texte de Mathias Deshusses / Photo(s) de Mathias Deshusses
Imprimer cet article

On est pas loin du paradis ! Et le chemin pour s’y rendre est une simple petite route de montagne. Pas un de ces cols alpins qui offrent un bitume large et des enfilades rapides, non. Plutôt un genre de voie forestière avec un goudron défoncé, des graviers traîtreusement placés dans les zones d’ombres et des épingles serrées dans lesquelles il vaudrait mieux ne pas caler tellement la pente est abrupte. Le terrain idéal pour le dernier trail high-tech à la mode. Pourtant, c’est sur une Harley-Davidson que je roule.

Autant dire que je fais le plein de sensations, entre le soleil qui brille de mille feux, la fraîcheur matinale et les senteurs de la forêt que je traverse. Bien calé sur la selle de la moto, je laisser le gros v-twin donner de la voix et me guider vers mon paradis à moi :  la Barillette, ses 1528 mètres d’altitude, son panorama exceptionnel et sa fondue d’anthologie. Mais ça, c’est une autre histoire.

Cet essai commence la veille, lorsque je passe récupérer la moto chez Harley-Davidson Geneva. Une Fat Bob, équipée du dernier moteur Milwaukee Eight. Ce bicylindre en V, dévoilé en 2016 et qui remplace le fameux Twin Cam, équipe donc cette année la Fat Bob qui rejoint la famille Softail (la gamme Dyna n’existe plus en 2018). Elle est disponible en deux versions : 107 ou 114 Cubic Inches (Ci), soit 1745 ou 1868 centimètres cubes. Pour ma part, ce sera une version 114 Ci (la plus largement diffusée) avec une peinture « Bonneville Salt Denim ».

Blanc cassé mat, en langage courant. Cette couleur lui va comme un gant. De boxe bien sûr. Car Harley semble vouloir entretenir cet aspect brut de décoffrage. Il est d’ailleurs renforcé par le réservoir qui arbore sur le côté droit un simple sigle de la marque, dépourvu d’écriture, alors que le côté gauche est carrément vierge de tout logo. Sur le dessus en revanche trône un large « Harley-Davidson » inscrit en grosses lettres, qui se prolonge en une bande noire faisant le tour du réservoir et contribue à donner un petit côté sportif, comme un clin d’œil aux bandes blanches des muscle cars des seventies. La peinture semble de qualité et la finition de la moto renvoie une première impression plutôt positive.

Les jantes en aluminium coulé sont gravées au laser sur plus de la moitié de leur circonférence et en jettent carrément, soyons honnêtes.  Seul détail qui dérange, le faisceau qui fait des va-et-vient autour de la colonne de direction, avec des colliers en plastique pour le maintenir en place. Indigne d’une moto de cette catégorie et de ce prix. Le concessionnaire genevois m’assure toutefois que cela est lié à cette moto de démonstration car les motos qu’ils reçoivent et livrent à leurs clients ont un câblage plus propre. Ce petit détail mis à part, le look de la moto est plutôt agréable et valorisant.

L’optique avant à LED divise toujours autant, mais elle contribue à l’aspect ramassé de la bête, qui tranche d’ailleurs nettement avec les versions précédentes qui se montraient plus consensuelles. Bien qu’imposante avec une longueur de plus de deux mètres trente et un poids 300kg en ordre de marche, la ligne de la moto est très fluide. Ici, plus le moindre chrome ni le moindre élément tape-à-l’œil. On s’éloigne de l’image du cruiser pour se rapprocher clairement de celle d’un dragster, prêt à laisser de la gomme sur la route à chaque feu rouge.

Le double silencieux d’échappement légèrement relevé achève de donner une touche de sportivité à l’ensemble. Fini le garde-boue arrière enveloppant des premières versions ou celui biseauté du modèle 2014. Place à des éléments courts, voir minimalistes, qui renforcent le côté trapu de la machine. Une impression à laquelle participe d’ailleurs grandement le gommard de 150 à l’avant, monté sur une roue de 16 pouces.

Seule faute de goût : un support de plaque d’origine aussi massif qu’inesthétique. Sûrement très efficace par temps de pluie, vu le garde-boue arrière tronqué, mais carrément disgracieux, pour rester poli. « 100% des clients qui l’ont achetée l’ont fait changer », me glisse le vendeur. Une évidence qui est semble-t-il partagée par la marque elle-même, puisque dans sa vidéo de présentation, elle apparait pourvue d’un superbe support de plaque latéral. Hormis cette faute de goût, la Fat Bob a un design affirmé et assumé. Presque trop japonaise pour certains d’ailleurs, qui hurlent au scandale et crient à la perte d’identité. Alors, cette Fat Bob 2018… une américaine à la sauce nippone ?

Ce n’est pas tout de l’admirer sous tous les angles, mais une moto, c’est fait pour rouler. Alors on s’installe. 1ère impression, les poignées sont très grosses et le guidon est large, très large, et presque droit. On empoigne la moto comme on empoigne des haltères. Comme si Harley avait voulu nous faire comprendre dès la prise en main qu’il allait falloir de la force pour la maîtriser, cette bête-là.

Une fois bien calé dans la selle, on a la sensation d’être assis dans la moto, et non dessus. Bon, si le moulin arrache vraiment autant les bras qu’il nous laisse l’imaginer, c’est plutôt rassurant pour la suite. Il faut dire qu’avec un couple annoncé de 155 nm à seulement 3500 tr/min, il doit sacrément déménager, même avec plus de 300kg à tracter. La position de conduite est un peu déroutante. Les pieds ne sont pas franchement en avant comme on pouvait s’y attendre, sans pour autant être assis comme sur un roadster. Il semblerait que Harley aie cherché le compromis idéal. Pour mon mètre quatre-vingt-deux, il en résulte une cassure au niveau de la cheville qui n’est pas très naturelle. Mais peut-être est-ce une habitude à prendre.

Allez, on appuie sur le démarreur. Et là, on est presque déçu. Les vibrations, maitrisées par un double balancier d’équilibrage, sont assez discrètes, mais c’est surtout la sonorité qui est presque trop feutrée. Idéal pour traverser les villages sans réveiller la population, mais à mon goût bien trop silencieux et surtout pas vraiment en phase avec l’image que la moto renvoie. Aucun doute qu’après un passage par la case « Stage 1 », la moto respirera bien mieux. Le porte-monnaie aussi au passage, tiens. On enclenche la 1ère dans un grand KLONG évocateur et c’est parti pour rallier Chicago à Los Angeles par la Route 66… ou plutôt Plan-les-Ouates à Dardagny par les petites routes du canton de Genève.

En roulant, la première chose qui frappe, c’est la vue dégagée sur la route. En effet, le compteur, positionné sur le réservoir, oblige à baisser les yeux pour avoir la moindre information. Du coup, le champ de vision est libéré de tout élément parasite, et seul le ruban d’asphalte se présente devant vous. Au guidon de la Fat Bob, on vit la route. On la ressent. Elle se jette carrément sur vous. Un peu déroutant au début, mais on en vient très vite à déterminer à l’oreille la vitesse à laquelle on évolue et on se laisse griser par les sensations tant l’immersion est totale.

Pages de l'article :

Pages

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
Silhouette brute et ligne réussie
+
Moteur envoûtant
+
Sensations de conduite
On a moins aimé :
-
Sonorité presque trop discrète
-
Support de plaque inutile
-
Béquille latérale trop longue

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Harley-Davidson
Modèle :
Fat Bob 114
Année :
2018
Catégorie :
Routière
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
Bicylindre en V à 45°
Cylindrée :
1'868 cm3
Refroidissement :
A air
Alimentation :
injection séquentielle ESPFI
Performances
Puissance max. :
94 ch à 5'020 tr/min
Couple max. :
155 Nm à 3'500 tr/min
Transmission
Finale :
Par courroie
Boîte :
6 rapports
Partie Cycle
Châssis :
Double berceau en acier
Suspension AV :
Fourche téléhydraulique inversée
Suspension AR :
Mono-amortisseur
Pneu AV :
150 / 80 - 16
Pneu AR :
180 / 70 - 16
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
2 disques Ø 300 mm, étriers 4 pistons
Frein AR :
1 disque Ø 292 mm, étrier 2 pistons
Dimensions
Longueur :
2'340 mm
Empattement :
1'625 mm
Poids à sec :
296 kg
Réservoir :
13,6 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Vivid Black
 
Black Denim
 
Red Iron Denim
 
Bonneville Salt Denim
 
Industrial Gray Denim
Catalogue
Prix de vente :
CHF 21'200.-
Suivant le coloris : 21'600
En ligne :

Plus d'articles Moto

Essai KTM 1290 SuperDuke R - La Bête, appellation non usurpée
La référence parmi les streetfighters explosifs, de même que la plus extravagante en termes de design, l’Autrichienne marie les extrêmes sans ménagement.
A Genève plusieurs associations se mobilisent pour la mobilité des deux-roues motorisés
La semane passée, plusieurs associations, dont votre canard en ligne en tant que rapporteur, se sont mobilisées pour discuter du futur de la mobilité des deux-roues motorisés à Genève.
Essai Yamaha R3 "bLU cRU Cup" - Petite machine à rêves
Pour étayer la présentation de son projet de coupe de marque, Yamaha Suisse nous a lâchés sur les R3 préparées de ce futur championnat, sur le rapide tracé du Motorland Aragon. On ne s'est pas fait prier... et on a adoré!
Yamaha R3 bLU cRU Cup / Switzerland - Découvrir la course en "all inclusive"
Amener de jeunes pilotes dans le championnat suisse, grâce à une formule "tout compris" accessible. C'est le pari du groupe Hostettler / Yamaha Suisse avec la R3 bLU cRU Cup / Switzerland. Une formule d'accès à la compétition qui donne faim!
Circuit de Bresse – L’homologation du circuit Vitesse renouvelée pour 4 ans !
On ne le sait que malheureusement trop bien, le circuit de Bresse fait l’objet d’attaques incessantes de diverses associations. Mais une fois n’est pas coutume, c’est cette fois-ci une bonne nouvelle que nous vous transmettons : l’homologation du tracé vitesse a été renouvelée pour une durée de 4 ans, et ce pour tous les véhicules à l’exception des F1.
Ducati Multistrada 1260 Enduro 2019 - Au-delà des frontières
Après le teasing lâché hier par la firme de Bologne, voici celle qui est concernée : la Multistrada 1260 Enduro qui selon le constructeur est la routère la plus aboutie jamais commercialisée par Ducati.

Recherche

Hot news !

La BMW S1000RR 2019 surprise lors d’un roulage en Espagne
On y est, la saison des photos volées est ouvertes !! Cette fois c’est la BMW S1000RR 2019 dont nous vous parlions pas plus tard qu’hier qui a été surprise lors de tests de roulage en Espagne.
Intermot 2018 - Triumph Street Scrambler 2019 - En route pour l’Aventure
Aujourd’hui, pour la plupart ce n’est plus le cheval ultime ni la dernière technologie embarquée qui excite notre cervelet de motard, mais bien l’Aventure avec un grand A. Triumph l’a très bien compris avec ce modèle Street Scrambler 900 2019 prêt à vous emmener au bout du monde.
Ténéré 700 – Le teasing continue en Argentine avec cette fois Adrien Van Beveren
Après Rodney Faggotter et Stéphane Peterhansel, c'est cette fois au pilote français Adrien Van Beveren, pilote du Yamaha Official Rally Team de prendre le guidon de la future Ténéré 700.
Essai Dunlop Sportsmart TT - Compromis radical
Pour combler son offre su rue créneau des pneus sportif, Dunlop a pris tout le meilleur de son D213 GP Pro pour le placer dans un pneu vraiment polyvalent.
Des nouvelles sportives chez BMW en 2019 - S1000RR, S675RR et G310RR ?
Il semblerait que pas moins de 9 nouveaux modèles soient au programme chez BMW pour 2019.
Essai Husqvarna Svartpilen 401 - Petite machine, grandes aventures
Surprenante et attachante, la Svartpilen propose la vision d'une moto de route selon Husqvarna dans une version accessible à tous. Récit d'aventures pas communes sur une machine à fort potentiel.

Liens Partenaires