
Le fait que la MT-09 soit un immense succès commercial est indéniable et est prouvé par les chiffres. Chez Yamaha, la gamme Hyper Naked représente pas moins de 48 % des ventes et parmi ces 48 % un tiers est représenté par la MT-09 ! Pour comparaison, le segment des Supersports ne représente que 9 % des ventes du constructeur…
Je vous propose de commencer par un petit retour dans le temps, la marque aux trois diapasons a lancé fin 2013 celle qui va rapidement devenir son best-seller. La MT-09 sera ensuite rapidement revue au niveau de son ECU, la vigueur de son trois cylindres de 874cc étant jugée un peu brutale. Enfin, pour 2017 elle a adopté la face avant arachnéenne de sa grande soeur la MT-10 ainsi qu’un bienvenu quickshifter en sus d’une multitudes d’autres retouches.
Toujours au top au niveau des ventes, Yamaha a toutefois décidé pour 2018 de doter la MT-09 d’une version SP qui a comme principal objectif de gommer son talon d’Achille : sa suspension jugée perfectible. On retrouve donc à l’arrière un amortisseur Öhlins à bonbonne séparée et à l’avant une fourche Kayaba haut de gamme. Tous deux sont entièrement réglables autant en compression qu’en détente et précharge.
De prime abord, le fait d’associer une fourche Kayaba à un amortisseur Öhlins pourrait paraître étrange, mais c’est un excellent choix, le fabricant japonais n’ayant plus rien à prouver sur ses modèles haut de gamme comme celui présent et sérigraphié à son nom. Le fait de prendre une fourche d’origine suédoise comme l’amortisseur n’aurait fait que faire grimper la facture pour un résultat similaire.
Et pour identifier immédiatement cette version SP, Yamaha l’a affublée de son fameux coloris Silver Blue Carbon réservé aux modèles premium de la marque à l’instar de la R1M et de la MT-10 SP. Personnellement, et pour adopter un langage jeune, je trouve qu’elle déchire grave avec ces couleurs qui sont parfaitement assorties aux jantes bleues, elles également dédiées à cette version. Pour finir, les commandes sont laquées en noir et tout cela lui amène une « touch of class » fort appréciable.
Enfin la troisième grosse différence se situe sous vos yeux lorsque vous conduisez : le tableau de bord adoptant un affichage blanc sur fond noir à l’inverse de celui de la MT-09 standard. Cet affichage doit amener une meilleur lisibilité en même temps qu’une touche une tantinet plus sportive.
Le CP3, soit le bloc moteur, lui n’a pas été retouché. Il faut dire qu’avec ses 115cv et son énorme couple de 87,5 Nm disponible très bas il a de quoi voir venir, surtout depuis que les ingénieurs Yamaha l’ont « civilisé » quant à sa réponse à l’ouverture des gaz.
Je ne vais non plus pas attendre pour vous donner, et le mot est bien choisi, une information capitale ! Avec son tarif fixé pour l’instant, en attendant les fluctuations de l’Euro, à CHF 10’990.-, soit seulement CHF 1’000.- de plus que le modèle standard on est en droit de se dire que c’est une sacrée belle affaire ! Le coût supplémentaire n’étant même pas celui de son amortisseur si vous deviez l’acheter en adaptable… donc tout le reste évoqué ci-dessus est du bonus !
Maintenant reste à savoir ce que vaut cette SP sur la route et ça tombe bien, m’sieur Yamaha nous ayant convié à essayer la bête sur les routes ensoleillées du Portugal dans la région de Faro. Le soleil et la douceur du climat de l’Algarve nous ont bien accueillis.
Une fois en selle, on est en terrain connu, la position ne changeant pas par rapport à la MT-09. La large selle, avec ses surpiqures bleues spécifiques à cette SP, est accueillante, les commandes tombent bien sous les mains et l’embrayage assisté ne réclame aucun effort. Un plus lors des trajets en ville où il sera utilisé lors des rétrogradages, le shifter s’occupant de passer les rapports à la volée.
Le « nouveau » tableau de bord est des plus lisible, surtout que comme indiqué, un large soleil a décidé de nous accompagner pour la journée. Cette affichage blanc sur fond noir est très réussi à mon goût. Toutes les informations comme les trips, les températures moteur et de l’air, la consommation, etc sont disponibles mais pour moi il manque un bouton au guidon afin de les faire défiler. Là, je suis obligé de lâcher le guidon pour changer les informations, pas très pratique…
Les compte-tours par barre-graphe m’aura demandé un petit temps d’adaptation, il faut bien baisser la tête pour le regarder, mais ce n’est pas un problème, le moteur étant des plus souple !
Il ne m’aura pas fallu parcourir de nombreux kilomètres pour apprécier le duo de suspensions Öhlins-Kayaba, en effet dès le premier dos d’âne qui se situait à moins de 100 mètres de l’hôtel, la MT-09 SP m’a filé la banane en absorbant ce « ralentisseur » et ce, sans pomper comme le modèle standard. Fini les rebonds ! Le fait d’avoir des ressorts un peu plus souples et de faire travailler les suspensions sur l’hydraulique est une réussite. Les lois d’amortissement définies par les ingénieurs sont les bonnes.
La fourche Kayaba est d’une rigueur et d’un feeling impressionnants, elle améliore grandement le ressenti de l’avant et permet à la SP de s’engager avec force dans les virages en rivant le pneu au sol. C’est vite vu, en chargeant un peu l’avant qui peu devenir léger à l’attaque, j’ai l’impression d’être sur une grosse Supermot’. Il est également possible de prendre les freins en pleine courbe sans que cela ne perturbe la trajectoire de la MT.