Essai publié le 30 juin 2016

Essai Yamaha Tracer 700 - Le voyage et le fun!

Texte de Jimmy / Photo(s) et vidéo(s) de Staff Yamaha

Voyager à moto n'aura jamais été aussi fun et tentant. Pour moins de 9'000 francs, Yamaha propose la Tracer 700, basée sur la bouillante MT-07. Avec une bouille agressive, un châssis légèrement revu mais un moteur inchangé, la nouvelle petite routière aux diapasons promet au moins autant de fun que sa cousine roadster. Verdict dans les beaux lacets des Dolomites, l'un des coins les plus chouettes d'Italie.

Dire qu'on attendait beaucoup de cette Tracer 700 serait un euphémisme. En reprenant le concept inauguré par le tandem MT-09 / Tracer 900, Yamaha était quasi-sûr de taper dans le mille en lançant sa petite routière, qui pourrait donner des ailes aux motards avides de voyages, de fun, mais encore un peu "jeunes" pour craquer sur de vraies "grosses" routières et soucieux de leurs économies.

Pour balayer les a priori de jeunes bourlingueurs, Yam' a donc équipé sa MT-07 d'un tête de fourche à la bulle réglable et à la bouille agréable. Le carénage descendant le long du radiateur semble offrir une bonne protection et dissimule élégamment ledit radiateur. 

Derrière la bulle, on retrouve le joli compteur digital de la MT-07, qui surplombe un grand guidon pourvu de jolis protège-mains, qui accueillent les clignotants. La face avant de cette baby-Tracer est une réussite et rappelle un peu la TDM 900, ancien hybride trail/routière de la marque, au comportement plutôt placide.

De placidité, il n'est pas question sur la Tracer 700, qui reprend avantageusement le feu arrière de la MT-09, placé derrière une selle d'un seul tenant aux allures confortables. On note également des cale-pieds passager agrémentés de caoutchouc, ainsi que d'accueillantes poignées bien intégrées à la ligne au final très high-tech de la routière Yam'.

Pourquoi changer un moteur qui gagne?

La bonne nouvelle, c'est que l'accastillage routier reste le seul changement majeur sur notre petite aventurière. Le débattement arrière est certes revu, tout comme le bras oscillant, qui gagne une cinquantaine de millimètres au passage, ainsi que l'angle de chasse. Le tout pour proposer un comportement plus homogène et confortable au modèle.

Car s'il est bien quelque chose qui ne change pas, c'est le formidable petit bicylindre vertical, au calage cross-plane. Et ça, c'est une très, très bonne chose. Le bouilleur de la MT-07 avait déjà propulsé le petit roadster sur le podium des machines les plus drôles de la production et le retrouver sur ce modèle n'est pas surprenant, mais franchement bienvenu. Votre aimable et acrobatique rédacteur en verse presque une larme de joie tant ce moteur l'aura charmé.

Autre changement notable, les 3 litres supplémentaires du réservoir de la Tracer, plus rebondi. Conjugué à une consommation annoncée à 4.3 litres / 100km, cela promet une nette diminution des passages à la pompe. Pour confirmer son orientation voyageuse, Yamaha a également pourvu sa baby-Tracer d'une liste d'options fort bien pourvue en bagagerie. 

Durant la présentation presse, à 2950 mètres d’altitude, dans le refuge du Sass Podoi, en haut du col de Pardoi, on nous incite à la prudence lors du roulage de demain. Ce n’est pas encore la haute-saison dans les Dolomites, mais le trafic est dense en journée. La montée jusqu’au téléphérique, dans un autocar qui illustrera littéralement la formule « occuper toute la route », restera le meilleur avertissement qu’on puisse recevoir.

Roll, baby roll!

08 :59. Apparemment, mon natel a décidé que l'altitude méritait une grasse matinée. Le téléphone de ma chambre me tire d’un sommeil bien lourd, avec Peter Manzanares, responsable presse chez Hostettler, au bout du fil.

 « - Hello  Jimmy, tu es prêt ? – Heuuu.. non. ». Il y a des matins, comme ça…

09 :12. J’enfourche la Tracer 700 rouge qui m'est destinée et je suis content : elle va super bien avec mon casque. Excusez-moi, c'est vrai qu'un rien m'émeut, de bon matin.

09:14. Peter, mon confrère Beat de Moto Sport Schweiz et moi-même devons enquiller pour rattraper notre groupe. Immédiatement, la facilité au quotidien de la Yam’ donne le sourire. Commandes douces mais précises, maniabilité de vélomoteur et poids-contenu permettent de traverser la circulation urbaine sans transpirer. Un bon point pour une machine d’entrée de gamme, qui ne se limitera pas aux seules grandes virées.

La petite montée vers le passo di Sella se fera au triple galop mais permettra de mettre en évidence le comportement très vif de la Baby-Tracer. Le train avant est d’une légèreté étonnante et le feeling très bon. On attaque les multiples épingles en confiance, sans hésiter à rentrer sur les freins, pour profiter du couple du twin CP2 et s’extraire tout en force vers la prochaine courbe. La position, très naturelle et confortable, ne perturbe pas le ressenti au guidon. Dans le même registre, la connexion poignée de gaz/roue arrière fait merveille et met en évidence une excellente motricité. 

Entre mes pattes encore en phase de réveil, la Tracer 700 virevolte joyeusement, encaissant sans peine le rythme enlevé de cette première montée. D’une pression sur les cale-pieds ou d’une poussée sur le guidon, on fond littéralement sur le point de corde, sans effort. Au milieu de la montée, scriiitch, le cale-pied gauche vient frotter le bitume suite à une correction de trajectoire. C’est ça, la Baby-Tracer : une machine si facile et joueuse que vous vous retrouvez plein angle à peine votre espresso avalé !

Après avoir franchi le col, nos trois machines déboulent à toute vitesse sur le lieu du premier arrêt photo. Un bel enchaînement droite-gauche bien revêtu et étonnamment large. Ça y est : je suis réveillé !

De fil en aiguille, d'épingle en épingle

Après de chics passages devant appareils et caméras, on reprend la route derrière notre guide pour en prendre plein la vue. D’abord grâce aux paysages magiques de la région, qui valent à eux seuls le déplacement, mais surtout grâce aux petites routes qui permettent de savourer la conduite d’une moto. Tous les sens en éveil, on profite de chaque instant de pilotage et on en redemande

La Tracer participe joyeusement aux festivités. Le séant soigné par la selle moelleuse, le buste et les avant-bras protégés par la bulle et les protège-mains, on ressent l’air juste ce qu’il faut et on garde ses forces pour piloter. Même en altitude, le twin délivre son couple conséquent dès les mi-régimes et on enroule facilement sur le troisième rapport pour se jouer des épingles, cassures, pifs-pafs, cyclistes, bouquetins et autocars qui jonchent le parcours. Le trafic est effectivement dense, mais une fois sur son rythme, on profite de la finesse de la Yam’ pour s’enfiler dans de vrais trous de souris.

En tête du groupe, ça avionne ! Beat, béat (désolé...), fait tout frotter en suivant notre guide. Claudio, le Tessinois de l'aventure, suit dans un style déhanché très pur et agréable à regarder. Derrière, je me contente de balancer la Tracer sur l’angle avant d’ouvrir en grand, profitant de son excellente motricité et du bon feeling du pneu arrière, qui ne décroche que rarement et progressivement sur certaines portions bosselées et poussiéreuses. En entrant fort sur les épingles, en descente, la moto remue un peu, mais sainement, sans se désunir. L’ABS permet à l’arrière de rester sage et limite bien les mouvements induits par le débattement augmenté de 12mm par rapport à la MT-07. Stable, vive, vivante, la Tracer 700 se sort avec mention très bien de cette arsouille. Et la troupe entière s'éclate au guidon.

Si l’on arrive rapidement aux limites de ses capacités sportives, il y a moyen de bien s’amuser à l’attaque avec la Yamaha. Seule une course cycliste, dans la montée d’un tout petit col, freinera nos ardeurs. On dépasse des grappes de vélos, dont bien peu se soucient de l’étroitesse de la route. Notre petit peloton finit par venir à bout du leur avant de bifurquer vers le bistrot du déjeuner. On se détend totalement, en deuxième, en envoyant la roue avant s’aérer d’une cirette sur l’embrayage. Le caractère de la MT-07 est bien présent et la Tracer s’amuse presque aussi facilement sur la roue arrière !

Ivres de plaisir, de sensations de pilotage et d’images à couper le souffle, on profite de l’agréable terrasse, de la vue sur la vallée et les montagnes du coin pour respirer un grand bol d'air et jouir de notre chance.

Petite machine, grande baroudeuse

Après une nouvelle séance photo/vidéo dans un paysage à couper le souffle, au milieu des vaches, on finit par redescendre en vallée. Si le confort de la Tracer reste bien agréable, on se crispe derrière les autocars, les caravanes et autres breaks de famille, à l’arrêt dans de belles portions plus rapides.

Arrivés sur une route plus roulante, on profite de la très bonne protection de la bulle, réglée en position haute à la pause café. Si quelques remous se font sentir sur le sommet du casque, on est correctement abrité à haute-vitesse. Le réglage possible sur 28 positions permettra à chacun de trouver son bonheur. Pour mon mètre septante-six, la position la plus basse protégeait déjà bien mon buste et mon cou. Les vibrations restent contenues à mi-régimes, ce qui permet de cruiser sereinement sur les portions rapides.

On finira tout de même par retrouver une petite portion viroleuse où le freinage de la Tracer aura continué de nous séduire. Imperturbable à rythme tranquille, la Yamaha se laisse emmener où va le regard et permet de profiter de la route avec plaisir, sans subir les contraintes de la machine et en profitant de tout son agrément.

Finalement de retour à notre hôtel, l’envie de retourner s’éclater sur les superbes routes de la région se fait sentir, malgré la fatigue. Mais la raison l’emporte, tout comme les réservoirs quasi-vides de nos montures, après 270 kilomètres majoritairement parcourus à rythme soutenu. Avec un réservoir totalement plein et une conduite plus tranquille, les 350 kilomètres d’autonomie sont imaginables. Gorets…

Parcours sans faute pour Baby-Tracer

L’entrée de gamme sport-touring de Yamaha est là pour donner le goût du voyage à ses pilotes, jeunes de préférence. Au vu du plaisir pris à son guidon dans la superbe région des Dolomites, le constat se pose : mission accomplie pour Baby-Tracer ! On n’aurait pas trouvé beaucoup de meilleures machines pour découvrir les petites routes de la région, ni pour se jouer de son trafic touristique et cycliste bien dense.

La petite Yamaha donne envie de rouler, encore et encore. Elle invite à prendre la route sur un coup de tête, à remplir ses valises (en option) et partir découvrir de beaux coins du continent. A une époque où le kilométrage moyen des sorties à moto est en chute libre, la Tracer 700 nous rappelle que l’un des plaisirs fondamentaux du deux-roues reste le voyage. Un voyage accessible à prix sympa, avec une grosse dose de fun sur la Baby-Tracer.

Jimmy

Au final...

On a aimé :
+
le caractère enjoué de Baby-Tracer
+
le confort très appréciable
+
la versatilité de l'ensemble, rouable 365 jours par an
+
la SUPERBE région des Dolomites
On a moins aimé :
-
l'ABS qui se déclenche un peu tôt en usage sportif
-
les autocars...
-
les cyclistes qui montent les cols à 4 de front...
AcidTracks 2019 - Organisation de sorties pistes

Suivez AcidMoto.ch !

Au final...

On a aimé :
+
le caractère enjoué de Baby-Tracer
+
le confort très appréciable
+
la versatilité de l'ensemble, rouable 365 jours par an
+
la SUPERBE région des Dolomites
On a moins aimé :
-
l'ABS qui se déclenche un peu tôt en usage sportif
-
les autocars...
-
les cyclistes qui montent les cols à 4 de front...

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Yamaha
Modèle :
Essai Tracer 700
Année :
2016
Catégorie :
Routière
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
bicylindre en ligne, 4 temps, double ACT et 4 soupapes
Cylindrée :
689 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Injection électronique
Performances
Puissance max. :
74,8 ch à 9'000 tr/min
Couple max. :
68 Nm à 6'500 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multidisque à bain d'huile
Partie cycle
Châssis :
Cadre type diamant en acier
Suspension AV :
Fourche téléscopique
Course AV :
130 mm
Suspension AR :
Bras oscillant à amortisseur Monocross
Débattement AR :
142 mm
Pneu AV :
120 / 70 R 17
Pneu AR :
180 / 55 R 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Non
Frein AV :
Double dique hydraulique ø 282 mm, étriers 4 pistons
Frein AR :
Simple disque hydraulique ø 245mm, étrier simple piston
Dimensions
Longueur :
2'138 mm
Empattement :
1'450 mm
Largeur :
806 mm
Hauteur de selle :
835 mm
Poids total :
196 kg
Réservoir :
17 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Radical Red
 
Tech Black
 
Yamaha Blue
Catalogue
Prix de vente :
CHF 8'990.-
TVA et frais inclus, 3 ans Swiss-Garantie
En ligne :
Garage :

Plus d'articles Moto

Week-end de test BMW par Facchinetti motos
Ce week-end à Saint-Cergue, 18 modèles de BMW seront mis à disposition par Facchinetti Motos pour des essais.
Triumph dévoile la Speed Triple 1200 RR, une Speed Triple 1200 RS carénée…
Triumph dévoile la Speed Triple 1200 RR, une Speed Triple 1200 RS carénée mais ne l’appelez pas « Daytona »…
BMW R18 B & Transcontinental : A l'assaut de l'Amérique!
D’ici la fin de cette année 2021, BMW s’attend à célébrer un nouveau record de ventes avec près de 140'000 motos déjà écoulées jusqu’en août. Les objectifs sont clairs : Être la marque moto premium numéro 1 au niveau mondial. Rien que ça !Après avoir lancé avec succès les R18 et R18 Classic en 2020 (4'000 ventes), la marque bavaroise dévoile aujourd’hui les R18 B et R18 Transcontinental. Ces deux nouveaux modèles, également motorisés par le plus gros boxer de tous les temps, sont prêts pour en découdre avec leurs concurrentes américaines.
EICMA 2021 – Le retour du plus grand salon du deux-roues
Après une édition 2020 qui se sera tenue en virtuelle, le salon EICMA fait son grand retour en 2021 et se tiendra du 23 au 28 novembre.
Test du Sur-Ron Light Bee: l'enduro électrique de 55 kg!
Lancée en 2018, la Light Bee, premier modèle de la marque Chinoise Sur-Ron est un deux-roues tout à fait unique et sur laquelle il est difficile de coller une étiquette. Au premier coup d’œil, elle ressemble à s’y méprendre à un E-Mountain Bike. Toutefois, elle n’a pas de pédales, possède un moteur capable de fournir 5 KW et 250 Nm en pic et et ne pèse que 55 kg. Vous avez dit moto ?
Retour sur le 3ème Steel Trophy de dirt track organisé à Orny (VD) par la Swiss Dirt Track Association (SDTA)
« Des airs d’Amérique », voilà ce que l’on nous avait promis pour le weekend dernier. Promesses tenues, et même bien au-delà.

Hot news !

Essai de la Kawasaki ZH2 SE: 200 chevaux confortables
Une année après sa sortie, Kawasaki propose une mise à jour de son roadster compressé, la Z H2. Cette évolution "SE" gomme-t-elle les défauts relevés lors de son introduction ?
Essai Kawasaki Ninja ZX-10R 2021 - Elle gagne en Superbike, et pas pour rien !
Cette nouvelle Ninja, on l'attendait un peu. La faute à des délais de livraison allongés, ce n'est qu'en juin qu'on a pu se saisir de cette bête. Et autant dire que l'attente valait la peine !
Essai BMW M1000RR - Se prendre pour un pilote, juste une journée
A ce niveau de technique, on peut parler de moto d'homologation. L'équipe Superbike de BMW pouvait formuler tout ses souhaits d'amélioration de la S1000RR pour en faire une meilleure base à la moto de compétition. Au guidon, la différence saute aux yeux.
Essai de la Zero SR/F : Silence, ça pousse!
Essai d'une moto branchée qui risque de vous surprendre.
Aprilia RSV4 Factory 2021 - A la pointe de l'efficacité
10 jours d'essai au guidon d'une Aprilia qui ne cesse de s'améliorer avec les années.
Cette fois c'est officiel, la Yamaha YZF-R7 va faire son retour
Les documents CARB (California Air Resources Board) sont comme les enfants et les leggings : ils ne mentent pas ! Et c'est en les consultant qu'on peut voir qu'une Yamaha YZF-R7 va faire son retour en 2022.