Essai publié le 01 juillet 2015

Essai BMW R1200R – Les sens du roadster

Texte de Marc / Photo(s) de Patrick Schneuwly

La marque à l’hélice a le vent en poupe et elle n’en finit pas d’étoffer sa gamme et propose pour cette année la refonte complète de la R1200R, revue au point que l’on peut presque parler de nouveauté et proposant selon BMW un authentique et pur plaisir de conduite.

Et bien je ne vais pas vous faire languir jusqu’en fin d’article pour vous dire si BMW a raison ou tort, en vous livrant tout de suite la réponse : la R1200R devrait être remboursée par la LAMAL (ils ont assez de sous dans les caisses) tant c’est une machine à plaisir. Une fois en selle, impossible de ne pas avoir la banane.

Maintenant, il faut voir pourquoi, et pour ça, je vous propose de commencer par notre traditionnel tour de la bête. D’ailleurs, bête est un mot qui va bien à la R1200R. La première chose qui saute aux yeux, c’est ce bloc moteur de 1’170cc issu de la R1200GS. Il développe 125cv et son couple a été augmenté par rapport à la voyageuse en alourdissant un peu le vilebrequin.

Ses gros cylindres bodybuildés qui débordent de chaque côté démontrent la force de la BM. Son refroidissement, en partie liquide maintenant, est très bien dissimulé. La ligne générale de la moto prend un sacré coup de jeune et renvoie la version précédente au rang de moto pépère. Prenez le phare par exemple, sa taille diminuée, sa nouvelle forme et son emplacement abaissé apportent une touche d’agressivité à la R1200R.

Il en va de même pour la grosse fourche inversée, qui en plus de donner une force visuelle, apporte une plus grande rigidité au train avant. A l’usage, on regrettera peut-être juste la disparition du Telever qui apportait un confort d’amortissement unique, notamment au freinage en supprimant la plongée excessive.

Le réservoir plus anguleux s’accorde parfaitement avec le reste de la ligne, comme par exemple les carénages arrières ou la selle à double étage dont le revêtement antidérapant sera des plus utiles... mais pour savoir il vous faudra encore continuer à lire.

Une fois installé en selle, la vue se pose immédiatement sur ce que l’on appelait avant le tableau de bord, mais ça c’était avant pour reprendre un slogan célèbre. Ici sur la R1200R on parlera plus volontiers de d’ordinateur de bord. Toutes les infos y sont disponibles et suivant le nombre d’options que vous aurez prises, ma moto d’essai était full option, vous pourrez les piloter depuis les commodos et afficher les infos sur l’écran digital. Ecran qui est disponible en plusieurs affichages et même personnalisable. Honnêtement, je suis certain qu’en 69, ils sont allés sur la lune avec moins d’électronique qu’il y en a sur ce modèle.

La version de base de la R1200R se voit bien évidemment dotée de l’ABS et de l’antipatinage, la version Sport, elle, est livrée avec un saute-vent, des bas de carénage ainsi qu’un shifter (oui, oui vous avez bien lu ! Un shifter sur un Flat). Le réservoir se voit doté d’une bande en alu brossé et le moteur de plusieurs mode de conduite.

Vient enfin la version Exclusive qui reçoit en plus de la version Sport, les suspensions électroniques réglables depuis le tableau de bord, le régulateur de vitesse et un porte-bagage.

Bon, assez tergiversé, maintenant il faut donner vie à la R1200R, une pression sur le bouton du démarreur et le boxer s’ébroue... et toute la moto prend vie. On sent bien les pistons boxer (d’où son nom de boxer). La bande-son est phénoménale et bien loin de l’image pépère que l’on se fait d’une BM... ça gronde, le son est caverneux et le graphe barre du compte-tours monte à la moindre sollicitation de la poignée droite.

D’ailleurs, à propos du graphe-barre indiquant le régime moteur, BMW a poussé le vice jusqu’à indiquer une zone rouge plus basse lorsque le moteur est froid, plus ce dernier monte en température plus la zone rouge est repoussée ! C’est une indication précieuse pour qui veut préserver son moteur.

Une fois en route, on est certain d’être sur une BMW, l’équilibre général est excellent et le poids de la bête, qui n’est pas si élevé avec seulement 231kg avec les pleins, se fait totalement oublier. En ville, on manie la R1200R avec aisance, le couple important aidant grandement à se sortir des embouteillages.

Le grand guidon assure un guidage facile, et ce dernier est grandement facilité par la grosse fourche inversée qui amène une certaine rigidité au train avant. Comme quoi, un flat peut être une moto moderne.

Vient le moment d’emprunter le réseau secondaire et c’est là que la R1200R distille tout son charme. Le moteur souple et ultra rempli démontre tout le bienfait du vilo alourdi en distillant un couple infernal dès les plus bas régimes jusqu’à l’approche de la zone rouge. Perso, au niveau des sensations moteur, j’ai eu l’impression de rouler sur un T-Max sous anabolisants qui revenait d’un séjour d’entraînement dans l’ex-Allemagne de l’Est, la boîte de vitesse en plus.

Il suffit donc de se caler sur le quatrième ou le cinquième rapport, de toute façon au pire il y a le shifter, d’enrouler et de profiter des moustiques qui viennent s’écraser sur votre sourire béat tant la R1200R pousse en sortie de courbe, martyrise son pneu arrière, gronde à la décélération et tient sa ligne en courbe.

C’est bien beau de watter en sortie de courbe, il faut aussi de temps en temps prendre les freins pour soigner son entrée en virage... et là, pas de surprise, la R1200R est au standard BMW, à savoir un freinage puissant et endurant.

Vous pensez peut-être que je vous rabâche avec le freinage made in BMW, mais il faut reconnaître que le constructeur à l’hélice est passé maître dans ce domaine. Comme quoi qu’il n’y a pas besoin d’avoir des derniers étriers Brembo monobloc pour planter des freinages de trappeur. Aujourd’hui, une excellente centrale ABS suffit.

Un autre élément que BMW maîtrise à la perfection est la transmission par cardan, ce dernier se fait oublier et on presque l’impression d’avoir un transmission par chaîne. Pour les plus vieux d’entre vous (comme moi...) on est bien loin des R80 par exemple qui se dressaient à l’accélération ou descendaient au freinage. Aujourd’hui, la transmission par cardan est totalement transparente, sauf lorsqu’il s’agit de passer par la case service et changer la chaîne... le cardan étant presque garanti à vie.

Après, que dire de la suspension électronique dont était équipée ma moto d’essai... Personnellement je pense que c’est l’avenir et que BMW a pris un TGV d’avance dans cette technologie qui est aussi révolutionnaire que l’injection à son époque et l’ABS après.

A l’usage, le mode adaptatif laisse la suspension s’auto-adapter aux conditions de la route, ce qui est juste magique. Vous pouvez partir en mode cooooool et la suspension le sera aussi, avant de "péter un fusible" car vous êtes en retard pour aller pêcher Cendrillon à la sortie du bal et là encore la suspension deviendra plus ferme, vous permettant d’attaquer.

Enfin, une fois votre belle sur la selle, vous pourrez la ramener tranquillement avec un mode à nouveau pullman, le tout sans sortir un seul outil ! D’ailleurs, ça me fait penser que mon SDS préféré a particulièrement apprécié le confort de la selle et son revêtement anti-dérapant l’empêchant de glisser sur moi, ou de partir en arrière vu le couple de l'engin (là je parle de la moto).

La R1200R vous amènera au bout du monde avec son réservoir de 18 litres, la consommation étant des plus raisonnables pour un gros twin de 1200cc, et ce même sur l’autoroute ou le moteur ronronne tranquillement alors que vous vous casez derrière le saute-vent. D’ailleurs, lors d’un passage sur nos "chères" double-voies, j’ai particulièrement apprécié le cruise-control qui permet de se caler sur une certaine vitesse sans se prendre la tête.

Bref, pour résumer la R1200R vous amènera à l’essence même du roadster : un moteur, du couple, du vent dans le museau et un plaisir infini de la moto alors que beaucoup du même genre se sont presque autant radicalisées que des sportives et sont contraignantes à la conduite. Croyez-moi, l’essayer c’est l’adopter, on parie ?

Marcouille

Au final...

On a aimé :
+
La patate du moteur
+
La stabilité en courbe
+
Le freinage
On a moins aimé :
-
Les options qui font grimper la note
AcidTracks 2019 - Organisation de sorties pistes

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Au final...

On a aimé :
+
La patate du moteur
+
La stabilité en courbe
+
Le freinage
On a moins aimé :
-
Les options qui font grimper la note

Fiche technique

Véhicule
Marque :
BMW
Modèle :
R1200R ABS
Année :
2015
Catégorie :
Roadster
Moteur
Type :
Boxer bicylindre 4 temps, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée :
1'170 cm3
Refroidissement :
air/liquide
Alimentation :
Injection électronique numérique
Performances
Puissance max. :
125 ch à 7'750 tr/min
Couple max. :
125 Nm à 6'500 tr/min
Transmission
Finale :
Par cardan
Boîte :
6 rapports à commande par crabots
Embrayage :
En bain d'huile, commande hydraulique
Partie cycle
Châssis :
Treillis en deux parties, moteur porteur
Suspension AV :
Fourche Upside-Down 45mm
Course AV :
140 mm
Suspension AR :
Monobras oscillant avec Paralever et monoamortisseur réglable
Débattement AR :
140 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
180/55 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Oui
Frein AV :
Double disque flottant 320mm, étrier à 4 pistons
Frein AR :
Simple disque 276mm, étrier flottant double piston
Dimensions
Longueur :
2'165 mm
Empattement :
1'515 mm
Largeur :
880 mm
Hauteur de selle :
790 mm
Selle basse 760mm, selle haute 820mm
Poids total :
231 kg
Réservoir :
18 litres
Catalogue
Prix de vente :
CHF 14'900.-
Selon les options
En ligne :
Garage :

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