ESSAI
Au début, les barrières étaient nombreuses : installation dans des équipements compatibles uniquement, changement de cartouche obligatoirement par un centre agréé, mode de détection fixe obligeant d’avoir plusieurs équipements pour plusieurs pratiques. Sans compter le prix très élevé de la nouvelle technologie au départ. Avec Tech-Air 5 Plasma, ces barrières n’en sont plus. Peu importe le vêtement porté par-dessus, changement de cartouche par l’utilisateur et 3 modes de détection sont embarqués.
Décortiquons un peu la gamme Tech-Air, qui s’étend du 3 au 10X en passant par le 5 Plasma et le 7X. Le premier est réservé à un usage routier, cependant le Tech-Air 3 est aussi le seul qui peut se porter par-dessus son équipement. On peut le trouver en cuir ou en toile, selon le look qu’on préfère. La protection se concentre sur le tronc (thorax, cou et dos).
Le 7X et le 10X sont résolument tournés vers le circuit, bien que l’usage sur route ne soit pas exclu. Ils ont deux cartouches à l’intérieur permettant deux déclenchements dans la même manche, par exemple. La protection est étendue, couvrant en plus les épaules et, dans le cas du 10X, enveloppant les hanches. Il y a encore deux autres modèles : le Offroad et le MX, dédiés au tout-terrain avec des algorithmes adaptés.
La protection du 5 Plasma est comparable au 7 : épaules, thorax, cou et dos. Seulement, le système n’a qu’une seule cartouche d’air comprimé. Un Tech-Air 5 existait déjà depuis 2020, c’est l’ajout d’une dorsale Nucleon et l’adoption d’un tissu plus fin et respirant qui a justifié l’adoption du nom Tech-Air 5 Plasma. La nouveauté invisible mais décisive pour ce modèle, c’est l’introduction des 3 modes de déclenchement Route, Piste et Offroad dans le même produit.
Depuis le début, Alpinestars vend un produit qui fonctionne en toute autonomie. On charge sa batterie, il s’allume en fermant le zip et via bluetooth on peut accéder au système pour y mettre les mises à jour du fabricant. Ils ont laissé à leur concurrent le fonctionnement avec une souscription mensuelle ou annuelle.
L’ensemble de la technique est dans la dorsale, en ouvrant le zip qui en fait le tour, on découvre un petit capot plastique tenu en place par un velcro et là dessous se cache la cartouche. Il y a aussi un interrupteur physique pour mettre le système sur off et interdire un allumage fortuit quand on le transporte notamment.
Étant donné qu’il s’allume avec un fermoir magnétique sur le zip, plié sur une commode ou pendu sur un cintre, les chances que le système s’active sont grandes. L’électronique se coupe lorsqu’aucun mouvement n’est détecté pendant plusieurs minutes, ou identifie une position qui n’est pas celle d’un motard. La chance que la batterie se soitt déchargée sur le porte-manteau est minime. En revanche, si vous marchez avec votre airbag, il reste actif. Le mieux est d’ouvrir le zip ou de presser 5 secondes sur le bouton pour l’éteindre manuellement. Pour le ranger, j’ai vite pris l’habitude de le poser bien ouvert ou d’utiliser l’interrupteur dans le dos.
L’utilisation se fait avec un seul bouton. Avec le gilet allumé, une pression de 2 secondes sur le bouton le fera changer de mode. De route on passe à circuit, puis de circuit on passe à offr-road et enfin de off-road on revient à route. L’ordre ne change pas, toujours en mode route lors de la mise sous tension. On peut le faire en roulant, à condition de trouver le petit bouton avec un gant et à travers son blouson.
Pour communiquer avec l’utilisateur, le gilet a les LED, mais également un code de vibrations. Lorsqu’on l’active en fermant le zip, il vibre 1 seconde pour confirmer qu’il est prêt. S’il vibre 3 secondes, il y a un problème. Un changement de mode de détection et il y aura aussi 1 seconde de vibration.
Petit inconvénient, on ne peut pas retirer la batterie de l’équipement pour la charger. On ne peut qu’approcher le Tech-Air 5 Plasma d’une prise de courant pour le charger avec un câble USB-C. Une longue journée de route a consommé environ 18% de batterie, on aurait par conséquent plus de 5 jours d’autonomie. La documentation technique renseigne 30 heures d’autonomie et une recharge complète en 4 heures avec un chargeur de 1 A ou plus. La première charge peut prendre jusqu’à 12h et une charge rapide est possible en seulement 1h pour gagner 8h de protection, lors d’une pause déjeuner sur une powerbank par exemple.
On peut consulter le niveau de charge sur l’application pour une donnée précise, autrement il y a le témoin LED sur le bloc de contrôle. Allumé en vert indique >8h d’autonomie, jaune de 4 à 8h, rouge de 1 à 4h et enfin rouge clignotant moins d’une heure de protection. L’autre grande LED du bloc de contrôle renseigne sur l’état du système : bleu, tout va bien, le système est actif. Jaune, le système a atteint son nombre de gonflage maximum, il faut le confier à un centre de service mais le déploiement est encore possible. Rouge, le système est en défaut et ne se déploiera pas.
En mode route, le système Tech-Air peut se déployer dans 4 situations :
- lors d’une collision en mouvement
- lors d’une perte de contrôle côté bas
- lors d’une perte de contrôle côté haut (high-side)
- lors d’un choc alors qu’on se trouve à l’arrêt
Le mode piste et off-road ne protège pas d’un choc à l’arrêt et les seuils de déclenchement sont adaptés à la pratique. Sur le temps qui s’écoule entre l’événement et le gonflage intégral de la protection, plusieurs communications cohabitent. Le descriptif commercial d’Alpinestars dit entre 20 et 30 ms dans certains cas mais indique plus généralement entre 25 et 50 millisecondes.
Dans le manuel d’utilisateur, l’information est différente. Pour un choc à l’arrêt, une collision avec un obstacle ou une chute basse (perte de l’avant), le système peut mettre dans les 200 ms pour accomplir la détection et le gonflage. Précisons aussi que sur une chute basse, le gonflage peut survenir après le contact avec le sol, durant la période de glissade qui suit (c’est toujours le manuel qui le dit).
Pour une chute haute, caractérisée par une rotation soudaine et violente de la moto autour de son axe longitudinal, qui projette le pilote par-dessus le guidon avec la tête la première vers le sol, il faut dans les 400 ms pour protéger le motard.
Ces déclarations visent aussi à se protéger en cas de recours d’un utilisateur mécontent, donc la vérité se trouve quelque part entre les deux chiffres avancés.
Précisons aussi que le système a chaque fois besoin de 10 secondes de déplacement avant d’être actif. Pour la route, il reste ensuite actif pour assurer la protection en cas de percussion à l’arrêt. Sur piste ou en tout-terrain, le système passe en veille après 20 à 30 secondes d’immobilité. Les seuils sont repoussés pour permettre des freinages plus violents et dans le cas du off-road permettre les sauts, passer des troncs couchés, etc. Précision aussi qu’Alpinestars ne garantit pas un fonctionnement normal, un gonflage optimal, au-dessus de 4000m ; bon à savoir avant un road trip dans les Andes.
Le Tech-Air 5 Plasma se porte entre le blouson protecteur et la dernière couche de vêtement (t-shirt en été, plutôt sweat en hiver) et demande de bien choisir sa taille pour ne pas flotter. Le tour de poitrine importe autant que le tour de biceps pour ne pas se sentir engoncé. J’ai choisi du M après essayage, ce qui me convenait le mieux par un jour de juin. Une fois enfilé par-dessus mon hoodie pour un déplacement hivernal, j’étais moins à l’aise.
Par temps estival, c’est la différence de longueur de manche qui m’a embêté, j’avais vite chaud aux épaules. Le mieux est de ne porter qu’un vêtement technique pour réduire les frottements et mieux maitriser sa température corporelle.
Avec les manches trop ajustées, retirer le gilet demande de retourner les manches à chaque fois ou de se contorsionner pour passer un bras dans son dos et pincer la manche. Un simple geste à apprendre, rien d’insurmontable.
Un seul qui remplace tous les autres ?
Sans conteste, l’atout du Tech-Air 5 Plasma, ce sont ses différents modes. Avec le même équipement, j’ai testé la BMW F450 GS sur route et en tout-terrain, la Kawasaki KLE 500 dans les mêmes conditions, puis la Z650 S uniquement sur route, participé à la course de Verbois 2025, roulé sur circuit à plusieurs occasions, etc. Basculer d’un algorithme à l’autre en roulant, je n’ai jamais réussi à toucher le bouton avec mon gant. Rien n’empêche de brièvement s’arrêter avant de quitter la route pour un chemin et changer de mode. Bien souvent, la moto aussi doit changer de mode. Et, enchaîner de route à piste, c’est rarement dans la foulée, pas besoin de basculer entre 2 réglages sans mettre pied à terre.
Je n’ai pas eu à tester un déclenchement, fort heureusement. Il y a 4 modèles de cartouches à l’argon pour les airbag Alpinestars, toutes avec des noms assez clairs : Type I à Type IV. Celle qui trouve sa place dans ce gilet est une Type II. Manque de chance, c’est la plus chère du lot, à 124.95€ prix public. Après 6 gonflages, il faudrait faire inspecter le gilet par le fabricant. Ils pourraient remplacer la poche pour redonner un cycle de vie au Tech-Air 5 Plasma. Mais, si on remplace la cartouche, le gilet peut encore se déployer sous la responsabilité de l’utilisateur, avec la LED d’état allumée en jaune.
Niveau entretien, le gilet n’est pas lavable en une pièce. Il faut séparer l’électronique et la poche d’air de la partie textile qui est lavable. Il y a 12 boucles de maintien à ouvrir et la procédure est décrite dans le manuel.
Le Tech-Air 5 Plasma est disponible en Suisse pour un prix allant de CHF 829.90 à 869.90. Alpinestars a plusieurs distributeurs en Suisse dont : Moto-Trend, Biker-Fashion ou encore Degriffbike. La gamme de taille s’étend du XS au 4XL.
GALERIE
BILAN
ON A AIMÉ :
Un seul gilet pour route, piste et tout-terrain
Jusqu'à 6 gonflages avant retour au frabricant
Protection des épaules, des côtes, du cou et du dos
ON A MOINS AIMÉ :
Tient quand même chaud l'été
Pas facile à retirer
Batterie non-amovible

