ESSAI
C’est en 2002 qu’Aprilia nous mit sur la table cette recette pimentée de roadster sportif en déshabillant sa superbike, la RSV 1000. Le cahier des charges était simple : garder la mécanique de la sportive et y flanquer un guidon droit pour transformer sa reine des circuits en un jouet routier tout en conservant ses performances.
Un an plus tard, ce fut au tour de la mythique RS125 de subir une séance d’effeuillage pour faire naître la Tuono 125, histoire que le fiston puisse suivre son paternel dans l’aventure transalpine.
Par la suite, toute sportive de la marque prit le même chemin et des Tuono apparurent sur la base des différentes RSV4, puis de la RS660. La RS457 se devait elle aussi d’avoir sa version naked.
Lorsque mon regard tomba sur cette dernière face à la devanture de l’enseigne 100 % 2 roues à Genève, un sourire s’esquissa directement sur mon visage. La petite dernière de la famille reprend l’ADN et les lignes de ses grandes sœurs, présentée ici dans sa robe rouge et noire nommée Piranha Red.
Le réservoir taillé à la serpe, comme la forme de la selle, ne laisse aucun doute sur ses origines noaliennes.
De profil, le cadre du petit roadster est bien visible, une belle pièce en aluminium double poutre, tout comme son bras oscillant qui reprend un design de course. Le moteur est ici un élément porteur. L’échappement est placé juste en dessous de ce dernier, participant à la finesse de sa ligne.
Le train avant est lui aussi affublé de belles pièces en commençant par sa fourche inversée de 41 mm réglable en précontrainte (idem pour l’amortisseur arrière d’ailleurs). Pour ce qui est du freinage, un disque de 320 mm pincé par un étrier radial à 4 pistons est présent, le tout géré par un ABS à 2 canaux, désactivable sur la roue arrière en mode RACE.
En passant l’œil sur le compteur de la belle, le TFT d’une taille de 5″ reste minimaliste mais comprend l’ensemble des données utiles, et reste très lisible via une luminosité puissante. Il faudra d’ailleurs passer par la case option pour y connecter votre smartphone via le système bluetooth Aprilia MIA.
Lorsque mon regard tomba sur cette dernière, devant la devanture de l’enseigne 100 % 2 roues de Genève, un sourire s’esquissa directement sur mon visage. La petite dernière de la famille reprend l’ADN et les lignes de ses grandes sœurs, présentée ici dans sa robe rouge et noir nommée Piranha Red.
Le réservoir taillé à la serpe, tout comme la forme de la selle, ne laisse aucun doute sur ses origines noaliennes.
De profil, le cadre du petit roadster est bien visible, une belle pièce en aluminium double poutre, tout comme son bras oscillant qui reprend un design de course. Le moteur est ici un élément porteur. L’échappement est placé juste en dessous de ce dernier, participant à la finesse de sa ligne.
Les premiers tours de roue font disparaître mes a priori car tout ici respire le sport. La position de conduite est un parfait cocktail entre la selle inclinée vers l’avant, les cale-pieds haut perchés, et le guidon droit donnent envie de laisser la raison de côté. Malgré cela, la Tuono est à son aise en ville. Son poids plume, lié à sa compacité, et son rayon de braquage convaincant lui permettent de ne faire qu’une bouchée des bouchons de notre bonne ville de Genève. Le petit bicylindre est agréable dans cet exercice, sa cylindrée permet d’ailleurs d’utiliser une belle plage de régimes sur les premiers rapports sans risquer le moindre flash. Ce moteur est d’ailleurs un pari réussi car ne souffrant d’aucun bridage, il sait se montrer souple à faible régime et deviendrait presque rugueux en milieu de compte-tours. Avec son bruit flattant l’orgueil, on ne peut nier ses origines italiennes tellement l’échappement inonde la rue de ses vocalises agressives. De plus, il ne chauffe que peu, même après une suite de feux rouges dont la cité de Calvin a le secret.
L’horizon se dégage tout comme les limitations à 50 km/h et le petit tonnerre (traduction de Tuono dans la langue de Molière) continue son exercice de charme. Sa position, liée à la légèreté de l’ensemble, soit 175 kg en ordre de marche, donne l’impression de conduire la moto d’un simple regard.
Son moteur, qui était convaincant en ville, ne démérite pas. Mieux, il impressionne pour une cylindrée si modeste. Le couple se montre disponible dès 5 000 tr/min et les montées en régime sont franches jusqu’à la zone rouge. Chaque sortie de rond-point se transforme alors en terrain d’expression sportive. La démultiplication de la boîte de vitesse est en accord avec une utilisation dite utilitaire, et ce, même sur voie rapide où le régime reste modéré même en accrochant les 110 km/h.
Pour ce qui est du confort, même si la dureté de l’assise se rapproche plus de celle d’une superbike que d’une GT, la moto ne vibre que peu, l’épaisseur de caoutchouc présente sur les cale-pieds faisant disparaître la moindre gêne parasite. À cette allure, la protection aux éléments étant proche de zéro, la pression du vent reste acceptable. Bonne nouvelle cependant, la dimension minimaliste de la tête de fourche fait qu’aucun remous ne vient perturber le casque du pilote.
Puisqu’on aborde le sujet des aspects pratiques et du confort, le petit roadster italien n’est pas en reste. La selle est biposto. Si l’assise est aussi ferme que pour le pilote, la position permet au passager une bonne vision de la route, et la position n’est pas contraignante même pour un gabarit de plus de 1,80 m.
Pour ce qui est de l’éclairage, la Tuono n’est pas qu’un véhicule diurne et le faisceau est large et sécurisant, en feu de croisement tout comme en plein phare.
En termes d’autonomie, si le contenant d’énergie reste de petite capacité, 13 litres, l’appétit de moineau du twin transalpin, tournant autour de 4,5 litres pour 100 km, laisse imaginer une autonomie dépassant les 250 km facilement avant d’entamer la réserve.
Électroniquement, l’Italienne n’est pas à la traîne non plus. La moto propose 3 profils de conduite bien distincts : un mode Sport, un mode Eco et un mode Rain (pluie). Ces modes influent sur le comportement via l’exponentiel de la commande de gaz « ride by wire » ainsi que sur le contrôle de traction, l’ATC, qui est réglable sur trois niveaux et directement depuis le commodo gauche. L’anti-wheeling est directement combiné à l’ATC, donc si vous déconnectez l’un, l’autre suivra. L’ABS est quant à lui déconnectable à la roue arrière lorsque la moto est à l’arrêt. Ce dernier sait se montrer discret quel que soit le rythme lors de la prise des freins. Son déclenchement est très rassurant et n’envoie pas de gros à-coups dans les trains de la moto, et ce même sur route mouillée. Le shifter, présent de plus en plus de série, est ici en option.
La Tuono n’a jamais caché sa vocation sportive et ce quelle que soit sa cylindrée, il fallait bien une après-midi au milieu des cols en compagnie de notre photographe pour s’en assurer.
À rythme sportif, la 457 est parfaitement à son aise. L’assiette de la selle permet un bon appui sur le train avant. Le freinage est performant, le feeling à l’avant est correct, lié à une puissance satisfaisante même lors de freinage appuyé. Le dosage est correct sur l’arrière et aide bien à asseoir la machine avant les courbes. Seul petit bémol : un léger louvoiement peut se faire sentir à la prise des freins, dû sûrement au fait de ne posséder qu’un seul disque à l’avant.
Le châssis du roadster de Noale est sain, offrant un comportement neutre en virage tout en restant vif lors des changements d’angles.
Côté suspension, la fermeté ressentie lors des différentes phases de l’essai se confirme ici. La Tuono ne s’écrase pas trop au freinage, l’assiette y est donc préservée et permet d’ailleurs de diriger la Tuono en entrée de courbe avec aisance. Jamais le roadster ne donne l’impression de se désolidariser et ce quel que soit le rythme engagé. Je n’ai jamais senti les suspensions à l’agonie et ce malgré un poids légèrement supérieur aux réglages d’origine des suspensions.
L’étroitesse de ses pneumatiques donne l’impression de passer de plein angle d’un côté à l’autre sans passer par la phase neutre, même si cela participe à la vivacité de l’ensemble.
C’est en roulage sportif que la Tuono montre l’ensemble de son potentiel et ce malgré des pneus Eurogrip d’origine (je vous renvoie vers notre dossier sur les premières montes) qui se montrent bien en dessous des performances de la machine. Ils bridèrent même mes envies de prise d’angle, n’offrant aucune confiance à la mise sur l’angle. Aprilia nous avait habitués à faire appel au manufacturier Pirelli sur l’ensemble de sa gamme, j’espère sincèrement qu’ils n’étendront pas ce pneumatique sur d’autres modèles de la marque. Et une fois ce pneu usé convenablement, j’imagine qu’un pneu plus performant sublimera la Tuono 457.
De cylindrée réduite pour un plaisir de conduite et des performances qui ne sont pas tronquées, Aprilia nous propose ici un roadster facile mais néanmoins sportif, qui correspondra parfaitement à toute personne débutant dans la catégorie. La Tuono honore son appellation, contrairement à d’autres marques qui affublent le nom d’une lignée prestigieuse sur un véhicule n’en possédant pas l’étoffe pour en faciliter les ventes. Elle est disponible chez les agents de la marque au tarif de CHF 6’195. Je tiens à remercier tout particulièrement le revendeur 100 % 2 roues pour son aide à la réalisation de cet essai.
GALERIE
BILAN
ON A AIMÉ :
Look à hauteur de ses performances
Moteur avec du caractère
Finition de bonne facture
ON A MOINS AIMÉ :
Monte pneumatique d'origine
Shifter en option


