ESSAI
MT pour « Master of Torque », la MT-07 est apparue en 2014 et a réalisé un véritable braquage sur le marché du deux-roues avec une remarquable 2ᵉ place en volume des ventes des deux-roues motorisés au niveau européen dès sa première année de commercialisation. Yamaha propose une recette simple : un roadster facile à l’utilisation, animé par un 700 cm³ joueur et coupleux, un look dans l’air du temps et bridable en A2. Un concept gagnant qui n’a cessé de rallier des motards au gré de ses évolutions, dont la dernière datait de 2021 . Lancée en 2025, la 4ᵉ version de la MT a pointé le bout de son nez avec un panel d’évolutions assez conséquent, comme nous l’avions expliqué lors de la présentation de cette dernière.
Y-AMT : comment ça marche
Y-AMT pour « Yamaha Automated Manual Transmission » : cela signifie que les ingénieurs de la firme aux trois diapasons ont tout simplement remplacé la commande d’embrayage et de sélection de vitesse par des moteurs, qui se commandent directement depuis le commodo par des boutons + et -. Conséquences pour l’utilisateur ? Moins besoin de concentration en abandonnant la combinaison pied/main (bien utile pour les néophytes de notre discipline), et un changement de rapport en un dixième de seconde. Il est également possible de passer du mode automatique au mode séquentiel d’une simple pression.
Premier contact
Je retrouve la nouvelle MT-07 sur le parking de Badan, notre concessionnaire Yamaha du centre de Genève, et on peut dire qu’elle attire l’œil dans sa livrée Ice Storm mêlant des jantes bleu électrique mises en valeur par la teinte gris Nardo. Esthétiquement, elle paraît plus fine qu’avant, sentiment lié au nouveau design du réservoir et à celui de la tête de fourche. Yamaha a d’ailleurs fait un beau travail sur le design de cette dernière, qui est plus fluide, avec des LED de jour lui offrant un regard affiné.
Je tourne la clé et le nouveau TFT s’éclaire et présente son animation. Même si sa taille, toujours de 5 pouces, reste inchangée, sa qualité a fait un bond en avant. La définition de l’écran est plus importante, il est possible d’en changer le thème très simplement via les paramètres. Ce nouvel écran possède de nombreuses informations telles que la température moteur ou d’eau, la température extérieure, plusieurs trips, les différentes consommations, le tout affichable sur l’écran où vous le souhaitez.
La connectivité Bluetooth est également au menu via l’application Yamaha MyRide et permet d’afficher les informations de votre smartphone, comme vos notifications ou encore vos playlists, bien sûr si vous utilisez un intercom. Garmin s’est également invité à bord : pour cela, il vous faudra prendre l’application Garmin Motorize pour y entrer votre destination.
Au jeu des 7 erreurs, les commodos sont aussi mis à jour ; si celui de droite reste sensiblement pareil à son prédécesseur hormis l’ajout d’un bouton de sélection de mode (automatique ou manuel), son homologue de gauche a pris énormément de volume car il inclut désormais le régulateur de vitesse, ainsi que les boutons de sélection de rapport.
À la mise du contact, les moteurs électriques de la transmission effectuent une rotation dans un bruit feutré. Il est maintenant temps de remercier l’équipe de Badan pour leur accueil et d’aller avaler des kilomètres.
Prenons la route
Frein avant actionné, la première s’enclenche d’une pression sur le bouton +, obligatoire pour élancer la machine. Je partirai en mode D (Drive) pour effectuer les premières rotations de roue, mais un mode D+ est également disponible pour un usage sportif, nous y reviendrons plus tard. Les premiers instants sur la MT restent dans l’esprit de famille et on se sent comme à la maison, hormis une certaine fermeté d’amortissement qui prouve la mise à jour sur ce point, car la dite fermeté n’en néglige pas pour autant le confort ambiant. La position de conduite a aussi eu droit à son upgrade et j’ai l’impression d’avoir les jambes moins repliées qu’à l’accoutumée. Si le guidon est toujours orienté en direction du buste du pilote, il a pris 18 mm de largeur. Le levier de frein me paraît un peu trop éloigné de la poignée et ce, malgré le réglage préalable de la garde au moyen de la molette ; cela dit, il est facilement utilisable à allure réduite et jamais le mordant ne surprend le pilote.
En ville, la découverte de la transmission Y-AMT est un vrai bonheur et l’acclimatation est quasi immédiate. Les départs aux feux s’effectuent sans même y penser et ce, à n’importe quel rythme, comme sur un gros scooter. Le passage des rapports peut être un peu sec, suivant l’angle de la poignée de gaz, et demande par contre un certain temps d’adaptation pour en faire disparaître cette gêne. Ce système que je qualifiais d’utopie avant le début de cet essai prend déjà tout son sens lorsque je traverse la jungle urbaine : l’absence de commande d’embrayage est un atout non négligeable lorsqu’on traverse des zones de trafic intense. L’Y-AMT combiné à l’étroitesse de l’ensemble font de la MT-07 la reine des villes sans le moindre doute.
Lorsqu’on dépasse les 50 km/h citadins, la petite Yamaha continue de mettre à l’aise son utilisateur, et dans tous les cas de figure, les ronds-points sont une simple formalité grâce au poids contenu de la machine. Le 4ᵉ opus de la Master of Torque a vraiment embourgeoisé son équipement et c’est tant mieux ! Le régulateur de vitesse s’active facilement, et comble du luxe, il peut être désactivé sans utiliser les freins, en twistant l’accélérateur dans le sens inverse, ce qui permet d’éviter tout à-coup désagréable.
À allure stabilisée, si la protection est presque inexistante (roadster oblige), la prise au vent n’inclut que peu de turbulences au niveau du casque. Petit plus que j’ai beaucoup apprécié : les nouveaux commodos ajoutent la fonction de clignotant à clic bref ou prolongé. Un clic bref déclenche 3 clignotements pour opérer un changement de voie par exemple alors qu’un clic prolongé entrainera 15 secondes de clignotement jusqu’à avoir parcouru 150 m. La MT est un roadster qui se veut économique, et son moteur, le CP2, participe aussi à prendre soin de votre portefeuille avec une consommation sous la barre des 5 L en usage mixte, ce qui permet d’avoir une autonomie réelle dépassant les 260 km.
Pour en conclure sur les aspects pratiques de cette moto, je ne pouvais pas faire l’impasse sur l’éclairage, car si visuellement la tête de fourche semble de taille réduite, elle ne néglige pas pour autant la vision de nuit et on peut rouler de nuit en toute sécurité ; la largeur de champ étant assurée par les feux de croisement, alors que la profondeur est gérée par les feux de route.
Cette Yamaha se veut fun, alors direction les virages ! C’est au moment où le rythme s’accélère que les innovations techniques se ressentent le plus. Les nouveaux étriers 4 pistons offrent une force de freinage non négligeable, mêlant puissance et bon ressenti, mais c’est au freinage que la nouvelle fourche montre tout son potentiel : là où l’ancienne fourche avait tendance à vite se retrouver en fond de débattement, ce qui accentuait énormément le transfert de masse, la nouvelle suspension avant se veut plus ferme, mais aussi beaucoup plus progressive !
Son châssis, dont elle ne partage avec l’ancienne version que la colonne de direction, diminue fortement le sentiment d’assiette vissé sur l’arrière et donne un bien meilleur feeling du train avant, enfin à la MT-07, défaut qui ressortait le plus sur les anciens millésimes. Il est bon de noter que ce nouveau cadre, secondé par ses nouvelles suspensions, a sensiblement rigidifié le comportement du roadster qui se veut agile et facile, sentiment sublimé par des Dunlop Sportmax qui collent littéralement la moto au sol et participent à la mise en confiance du pilote.
Pour ce qui est de la transmission, le mode manuel permet une bonne utilisation du frein moteur ; les passages de rapport sont toujours aussi fulgurants, seul l’utilisation du bouton + demande à beaucoup ouvrir la main, diminuant la prise au guidon. Le mode D+ laisse pleinement utiliser le potentiel moteur, mais je le trouve un peu indolent lors des phases de décélération, ne laissant pas un plein accès au frein moteur… Après avoir essayé les différentes combinaisons possibles entre les modes, je finis par utiliser le mode D+ (donc automatique) en aidant manuellement au rétrogradage pour tirer le meilleur des deux mondes, dirons-nous.
La MT-07 se bonifie pour 2026, s’embourgeoise sans pour autant perdre sa facilité ou sa polyvalence qui la font caracoler dans le haut du classement depuis plus d’une décennie maintenant. Disponible en 3 coloris : l’Ice Storm que nous avons testé ici, l’Icon Blue ou encore le Tech Black qui serait la robe la plus sobre. Annoncée au tarif de CHF 8’990.- en version Y-AMT, qui reste bien sûr disponible en A2. La transmission Y-AMT s’adresse à un large public : entre les nouvelles générations ayant le stress de l’apprentissage du levier de gauche ou tout simplement le motard voulant de la simplicité au quotidien pour affronter les bouchons avec confort, elle donne à la famille MT une nouvelle corde à son arc.
GALERIE
BILAN
ON A AIMÉ :
Look ravageur
Assiette révisée
Compteur performant
ON A MOINS AIMÉ :
Transmission un peu raide
Manque de charisme
Position du guidon

