Publié le: 30 octobre 2026 par Nida-Errahmen Ajmi
Un week-end torride avec l’Aprilia Tuono V4 Factory 1100

Passer un week-end avec l’Aprilia Tuono V4 Factory 1100, n’est-ce pas le rêve ? J’ai pu le réaliser durant ce court laps de temps. Une part de moi espérait la garder plus longtemps, mais mon ange gardien s’y est complètement opposé. En effet, elle ne devrait pas être qualifiée de moto, mais de dragon. Elle crache une puissance si intense qu’on pourrait s’imaginer des flammes qui nous propulsent durant l’accélération. Je poétise un peu mon expérience, mais je dois concéder que la Tuono V4 était plus poète que moi. Chaque démarrage était un éveil sonore, la moto ne vibre pas, elle rugit. Elle vrombit et ronronne comme un énorme dragon qui ne rêve que de libérer ses 180 chevaux. Le moteur en V4 ne déçoit jamais, il fait frétiller le cœur sur les routes.

ESSAI

Le premier jour, ce tempérament était difficile à apprécier car je l’ai prise en main sous la pluie et dans le froid. Sa tête aérodynamique et son arrière de fusée m’ont fait croire que je serais en position sportive, mais une fois dessus j’ai été surprise de ma position haute. Heureusement que j’ai de longues jambes car j’étais à la limite des pointes des pieds du haut de mes 1m70. Le réservoir était taillé de façon aiguë, j’en ressentais les délimitations en serrant les jambes. En ce temps médiocre, j’ai eu de la peine à trouver la bonne position et ai alors décidé de la ranger sagement le temps que le soleil revienne.

Le lendemain, mes prières furent exaucées, un soleil vif et une fraicheur parfaite se sont invités. Il était temps de sortir le monstre et de s’en faire une réelle idée. Je m’équipe et l’admire, Aprilia a vraiment travaillé son esthétique. Le savoir-faire italien se reflète sur ses ailerons aérodynamiques et le mélange de couleurs est finement travaillé. Sa robe violette se distingue par son originalité et sa férocité.

Je remonte sur la prétendue moto Euro 5+ et démarre le moteur, il me hurle à nouveau de conquérir le monde. Moi qui cherche à rouler réglo, ça ne m’aide pas tant que cela. Sur l’écran de bord, je sélectionne le mode de conduite Tour pour un début en « douceur ». Il existe également un mode Sport pour une expérience plus sportive et un mode User personnalisable. Toutefois, tous les modes sont personnalisables comme le démontre cette page d’écran. J’ai été étonnée de l’impossibilité de désactiver complètement l’ABS, on peut uniquement régler le niveau entre 1 et 3.

Toutefois, le niveau 1 permet de libérer complètement la roue arrière de l’ABS pour s’adapter à une conduite sur piste. Les niveaux 2 et 3 sont prévus pour la route. Autrement, on peut également régler le Traction Control, le Wheelie Control, la libération de la puissance du moteur, le frein moteur et l’aide au départ à l’arrêt qui sert plutôt sur piste. En plus de cela, il est possible de régler les suspensions électroniques Slide Control pour éviter les glisses latérales et le Damping Control pour l’amortissement dynamique en fonction de la conduite et de l’état de la route. En gros, la moto analyse notre conduite et s’adapte.

  • ATC : Aprilia Traction Control (1 à 8)
  • AWC : Aprilia Wheelie Control (1 à 5)
  • AEM : Aprilia Engine Map (1 à 3)
  • AEB : Aprilia Engine Brake (1 à 3)
  • ALC : Aprilia Launch Control (1 à 3)
  • ASC : Aprilia Slide Control (1 à 3)
  • ADC : Aprilia Damping Control (mode manuel et mode actif)

Pour un petit week-end de roulage, je ne me suis pas aventurée à trop personnaliser les modes. Il était plus intéressant pour moi de découvrir son comportement standard. Je commence à rouler et décide de me diriger vers l’autoroute, le seul endroit en Suisse où je peux légalement tester sa vitesse. Sur la route, cette moto attire tous les regards. Rien de mieux pour se la péter, je me sentais au-dessus du monde. Que ce soit le son délicieux du V4 ou l’originalité de sa robe, elle nous happe. Cela dit, je peux confirmer la légende : quand on a une grosse moto, c’est qu’on cherche à compenser une autre chose… (nb je suis une femme, si si).

La position haute me donne un sentiment éloigné de la route, ce n’est pas ce que je préfère, mais je me sens plus à l’aise que la veille sous la pluie. Il faut avouer que la route jusqu’à l’autoroute ne plaisait pas à la Tuono V4, elle voulait que je lui essore la poignée. On passe trop facilement de 30km/h à 80km/h, au grand dépit des routes fribourgeoises qui se limitent à 30. Une fois sur l’autoroute, je peux enfin nous « libérer » du joug de la lenteur suisse.

Le moteur est content, son soulagement se traduit par des coups de catapulte. Je me sens beaucoup mieux dessus, mon sentiment change drastiquement depuis la veille, je ne crains plus la météo, je crains la moto. Pour éviter de griller les limites de vitesse, je m’acharne sur le bouton du régulateur de vitesse. Il faut appuyer dessus longtemps pour l’activer, puis lâcher brièvement et enfin appuyer dessus depuis le haut à nouveau. La manœuvre n’était pas très simple avec des gants étant donné que le bouton peut être poussé vers le bas et le haut également. Je ne suis pas étonnée, la moto semble plus qualifiée pour la piste que pour de vulgaires routes aux vitesses limitées. À l’arrière, la mention « be a racer » est assez explicite.

Une fois l’autoroute dépassée, il était temps de l’expérimenter sur des routes sinueuses. J’abandonne vite le mode Tour pour le mode Sport, au diable les précautions. Je m’aventure dans de belles courbes et lui découvre une nouvelle facette : la docilité dans les courbes. Contrairement à son comportement à l’arrêt ou en basse vitesse, elle offre une harmonie distinguée à chaque tournant. La hauteur n’était plus perturbante, je parvenais à mieux me placer grâce au dynamisme sur la route. Je comprends mieux pourquoi cette moto est vantée sur piste et je regrette de ne pas pouvoir y goûter. La poignée des gaz me démangeait si fort, il n’est pas du tout simple de rester sage. Cette brêle mérite une personne maître d’elle-même et maître de son bolide. Autrement, c’est la moto qui décidera de la façon de rouler. Son caractère est impressionnant, son moteur avide. Plus on monte dans les tours et plus les rugissements nous séduisent.

Vous comprenez mieux pourquoi mon ange gardien a refusé de la garder plus longtemps. Elle coûte environ 21’000 francs, sans compter les excès de vitesse et la consommation du moteur gourmand. À nouveau, cela ne devrait pas poser de problème aux dompteurs de dragon parmi nous. Pour ma part, cette expérience a laissé un arrière-goût d’inachevé. Je serais curieuse de la dompter sur piste ou de la retenter dans des cols plus élaborés. Ma courte expérience n’a fait que déployer mon désir de la reprendre et ne m’a pas permis de voir ses réels défauts. Je la rends sagement au garage Aprilia à Ecuvillens qui m’a accueillie avec amabilité et confiance. Peut-être qu’un jour je lui trouverai des raisons de ne plus l’aimer ; d’ici là, je ne pourrai pas l’oublier.

GALERIE

BILAN

ON A AIMÉ :

Le look original

Les détails aérodynamiques

Des modes complètement personnalisables

Le son incroyable du moteur

Maniable dans les courbes

Pousse au crime

ON A MOINS AIMÉ :

ABS ne peut pas être complètement désactivé

Le prix élevé

La forme du réservoir inconfortable pour les cuisses

Position haute

Pousse au crime