Photo(s) de Patrick, Phoukham Phothirath, Jonathan Godin
Publié le: 28 mai 2022 par Patrick Schneuwly
Essai Alpinestars Ketchum et Road Pro GTX – Deux pièces pour voyager

Les ensembles textiles se sont améliorés grâce aux innovations dans le domaine et sont devenus un incontournable pour qui aime voyager. Ici il ne s’agit pas d’un ensemble, mais plutôt deux produits qui se complètent bien. Les deux n’ont pas le même nom, mais existent dans le même coloris gris. Ils sont ce qu’on appelle “Toutes saisons”, prêts pour chaque situation qu’un motard rencontre sur la route.

ESSAI

Commençons par le haut, Ketchum GTX c’est une veste destinée à un usage principalement routier qui est à l’extérieur en Gore-Tex et pourvue d’une doublure thermique à l’intérieur. La doublure tient avec deux cours zip sur la poitrine, 2 boutons dans des élastiques par manche et un dernier bouton pression sur le col. La fermeture principale est une fermeture éclair avec un astucieux système d’aimant pour tenir les deux bouts au départ. Notez qu’on ne peut pas l’ouvrir par le bas ensuite. Il y a un réglage à la taille et deux sangles d’ajustement aux bras. Les poches du bas sont doublées : une principale avec un rabat long et du velcro plus une en mesh où rapidement glisser quelque chose dedans.

Sur la poitrine, une poche est sur l’extérieur sur la gauche et une deuxième est à droite entre les zips pour la rendre étanche. Dans le bas du dos, une grande poche peut accueillir votre seconde paire de gants ou un tour de cou de rechange. Le fabricant indique qu’y placer un objet rigide pourrait occasionner des blessures en cas de chute. La fermeture à glissière frontale a même un aimant en bas pour fermer la veste facilement, mais Alpinestars fait l’impasse sur l’ouverture pratique par le bas.

Seule poche de poitrine extérieure.
La poche étanche entre les rabats.
L'assemblage magnétique de la fermeture à glissière principale.

Pour être portée en été, la veste Ketchum est conçue avec des aérations. Deux longs zips sur la poitrine s’ouvrent et peuvent être écartés avec un bouton pression pour maximiser le flux, je regrette seulement que la sangle passe en travers de la poche quand on l’ouvre. Le bout des manches peut être ouvert dans deux sens pour l’aération. Enfin sur le dos, l’air peut s’extraire par deux sorties zippées.

Au niveau des protections, la veste peut être portée avec le gilet Tech Air 5 ou tout autre gilet airbag semblable. Un emplacement est prévu pour une dorsale Nucleon optionnelle tandis que les protections aux épaules et aux coudes sont fournies.

Face avant zips fermés.
La face avant avec les zips ouverts au maximum.
La sortie d'air arrière gauche.

J’aime bien le look de la veste avec les épaules qui ressortent comme souvent sur les produits Alpinestars. La bande rouge sur le bras gauche est une jolie touche de couleur les différents matériaux jouent sur l’esthétique de la veste. Celle-ci existe en 3 couleurs : gris sable comme essayé mais aussi en noir ou en vert foncé.

Le pantalon Road Pro GTX, comme son nom l’indique, est aussi destiné à la route. Comme la veste ci-dessus, il est en Gore-Tex à l’extérieur et accueille une doublure à l’intérieur. Il n’y a que deux poches, mais profondes, sur le devant et une fermeture éclair permet de le lier à une veste. La taille est ajustable, sur les mollets les possibilités de réglage sont multiples : un zip permet de passer la botte et deux velcros ajustent la tenue du pantalon.

Sur les cuisses, deux zones peuvent être ouvertes pour l’aération, avec des rabats à bouton pression. Enfin, des protections CE de niveau 2 sont installées aux genoux, de fines mousses protègent les hanches. Le look du Road Pro est simple mais efficace. Tissu stretch sur les genoux, pièces noir à l’intérieur des jambes pour se salire moins vite et une sérigraphie asymétrique sur le mollet, logo Alpinestars à gauche, lettrage à droite.

Pour cet essai, j’ai surtout roulé en trail-routier. À moins d’avoir une routière pure, c’est probablement aussi l’usage qu’en ont les clients ciblés. J’ai déjà eu un équipement semblable par le passé, de la même marque, mais je constate que la doublure interne est moins épaisse dans la veste Ketchum et le pantalon Road Pro. C’est une constatation au touché, l’apport pour le confort thermique est peut-être identique grâce à de nouveaux matériaux.

Sur un produit toutes saisons, la question est souvent de trouver la température de bascule où retirer la doublure. J’en ai fait l’expérience par une belle journée printanière au départ d’un chalet au petit matin et en roulant ensuite en pleine sous un soleil radieux. Je portais seulement des sous-vêtements techniques et un gilet airbag, pas de couches supplémentaires en coton avant d’enfiler l’équipement Alpinestars. Pour vous donner une idée, je ne suis pas particulièrement frileux mais crains d’avoir froid.

Roulant sur un flanc nord-ouest sans un vent significatif, j’avais tout simplement froid jusqu’à 12°C. Déjà en gants été, j’avais un petit courant d’air qui s’est frayé un chemin dans les manches. Pas grand chose grâce aux pares-mains heureusement. La selle et les poignées chauffantes de la Multistrada V4 S full m’étaient bien utiles pour tenir jusqu’à rouler au soleil. Vite réchauffé, j’étais à l’aise pour la matinée.

La surprise que réserve parfois le printemps, ce sont de belles journées ensoleillées où la température grimpe plus haut qu’annoncé. C’était le cas la même journée, avec 25° affichés au plus chaud. Cinq degrés plus tôt, je commençais à ouvrir les aérations puis peu à peu je les écartais si possible. Les zips dans le dos sont malheureusement difficiles à atteindre, l’aide d’un comparse vous facilitera leur ouverture. Temps que j’étais en mouvement, la température était confortable. En revanche, à l’arrêt en plein soleil, j’exerçais mon pouvoir télékinésique pour faire accélérer l’escargot devant moi ou faire changer la couleur des feux (spoiler : ça ne marche pas).

Dans les Bardenas, il faisait plus de 30°. Là j’admet avoir eu chaud mais surtout à cause de mon airbag. Le principal problème lorsqu’il fait ces températures c’est que la membrane synthétique entre en contact avec de la peau humide et devient collante. Les sous-vêtements techniques longs, tant pour les manches que les jambes, sont plus qu’encouragés.

J’ai aussi eu chaud à une autre occasion, lors de la partie tout-terrain de l’essai Tiger 1200. La météo n’indiquait pas de grosse chaleur, j’avais donc laissé la doublure à l’intérieur de l’équipement. C’est là que j’ai saisi la différence qu’il peut y avoir avec des produits focus Offroad et plus typés route comme Ketchum et Road Pro. Dès la seconde pause, j’ai retiré les doublures car la pratique demandait plus d’investissement physique. Je n’étais pas limité dans mes mouvements, loin de là, mais comme précisé ce sont des vêtements pour la route où le motard est plus statique sur la machine.

J’ai commencé mon récit par la partie agréable des roadtrip moto, mais en réalité mon test a commencé par une douche écossaise en plein Algarve. Une journée complète à chasser les éclaircies (heureusement on en a trouvé 2-3) mais qui aura servi de test d’étanchéité de l’équipement. Le Gore-Tex est connu pour être une barrière efficace contre la pluie, par précaution j’avais même sprayé une couche de Motorex Protex sur les vêtements neuf en vue de cet essai qui s’annonçait humide.

Verdict ? Parfaitement au sec ! Même avec des pluies intenses par moment, je suis resté bien isolé de l’environnement extérieur. L’intérieur des poches du pantalon ont tenu bon, bien que ce soit le premier endroit où j’ai détecté de l’humidité. Les poches fermées de la veste ont tenu bon. Je ne jurerai cependant pas que la poche dorsale puisse endurer une journée sur une moto où la roue arrière projette de l’eau dessus. Ce n’était pas le cas de la Triumph, la question reste en suspens.

Exclusivement sur route, je portais des bottes SMX Plus, celle-ci passait logiquement facilement à l’intérieur du pantalon. En revanche pour le tout-terrain, les Corozal Adventure étaient plus adaptées. Celles-ci ressemblent plus à des bottes d’enduro et sont logiquement plus imposantes au niveau du mollet. Le Road Pro est conçu pour ce type de chaussures et s’ouvre bien grand pour passer autour.

Petit bémol pour le pantalon, l’absence de bretelles fait qu’il faut une morphologie assez standard pour que la longueur et le tour de taille correspondent. Si vous êtes plus fin, sans veste liée et à la limite des velcro à la taille, on aura l’impression de perdre son pantalon. En l’absence de passant de ceinture, ne restent que les très vintage bretelles à pinces qu’on assume pas forcément…

Pour résumer, Ketchum GTX et Road Pro GTX sont une paire gagnante. Il ne faudra pas se tromper, c’est un équipement route. Pour le tout-terrain il existe d’autres produits plus adaptés. Au sec quand il faut, bien aéré si nécessaire, sa seule faiblesse serait à mon sens les chaleurs estivales. Est-ce qu’on peut lui retirer l’attribut toutes saisons pour autant? Je ne pense pas, celà dépend aussi du pilote, de la moto et de l’itinéraire.

Ketchum GTX est affiché au prix public de 699 CHF, Road Pro GTX est lui supposé être vendu 539 CHF. Disponible chez les revendeurs de la marque ou sur le site du fabricant.

GALERIE

BILAN

ON A AIMÉ :

Étanchéité testée et approuvée
Un bon nombre de poches
Utilisable sans autre de froid à 25°, trop chaud au-delà

ON A MOINS AIMÉ :

Zip dans le dos difficile à atteindre
Attention à ne rien ranger d'important dans les poches Mesh
Des bretelles pourraient être utiles sur le pantalon