NEWS
Organisée par le CORRC, l’épreuve charentaise proposait aux 136 engagés un parcours d’environ 450 kilomètres ponctué de deux spéciales chronométrées disputées à plusieurs reprises : Saint-Amant-de-Boixe, tracé technique de 3,1 km mêlant traversée d’agglomération et portions rapides, et Vaux-Rouillac, une spéciale plus courte, particulièrement technique au début puis très rapide sur la seconde partie. Après une journée de reconnaissances perturbée par la pluie, les concurrents ont finalement bénéficié de conditions sèches pour la course.
Une course au titre totalement relancée
Avant le départ, la situation au championnat était particulièrement serrée. Sextuple champion de France, Bruno Schiltz (KTM Duke 990R) abordait cette finale avec seulement un point d’avance sur le tenant du titre Vincent Jouanen (KTM 500EXC). Damien Gimbert (KTM Duke 890R) et Hugo Recour (Triumph Street Triple 765 RS) conservaient eux aussi des chances mathématiques de décrocher la couronne nationale.
Dès les premiers chronos, Hugo Recour affichait clairement ses ambitions. Auteur des deux meilleurs temps inauguraux, il prenait les commandes du rallye et mettait immédiatement la pression sur ses rivaux. Derrière lui, Bruno Schiltz restait au contact tandis que Damien Gimbert s’invitait lui aussi dans la lutte pour la victoire.
À mi-parcours, l’écart restait minime entre les trois hommes. Après les quatre spéciales de l’étape de jour, Recour occupait la tête avec seulement 45 centièmes de seconde d’avance sur Schiltz et moins de deux secondes sur Gimbert. Vincent Jouanen, victime d’un excès d’optimisme dans la troisième spéciale, se retrouvait relégué en quatrième position à près de huit secondes du leader. À ce moment-là, la lutte pour le titre semblait basculer en faveur de Schiltz.
La nuit change totalement le scénario
Comme souvent en rallye routier, l’étape nocturne a bouleversé la hiérarchie.
Le premier coup de théâtre concernait Damien Gimbert. Un problème lié à son système d’éclairage additionnel lui valait une pénalité de 37,5 secondes, annihilant pratiquement ses chances de remporter le rallye et de revenir dans la course au championnat.
Peu après, c’est Hugo Recour qui voyait ses espoirs s’envoler. Alors qu’il occupait toujours la première place au classement provisoire, le pilote écopait d’une pénalité de 90 secondes après avoir cherché durant 6 minutes son carton de pointage perdu sur le parcours routier. Une sanction lourde qui le faisait chuter au classement général alors qu’il semblait en mesure de signer sa première en Championnat de France.
Ces rebondissements replaçaient alors Bruno Schiltz au cœur de la lutte pour le titre. Le pilote expérimenté paraissait maîtriser la situation et se dirigeait vers une septième couronne nationale. Mais le rallye réservait encore un ultime retournement de situation.
Juste avant la dernière spéciale, Schiltz était victime d’une panne électrique qui lui faisait perdre un temps considérable. Le retard accumulé se traduisait par près de sept minutes de pénalité, le faisant dégringoler au classement et mettant définitivement fin à ses ambitions de titre. L’adage « un rallye se gagne en spéciale et se perd sur le routier » ne peut pas mieux se vérifier que sur cette épreuve charentaise.
Profitant des déboires successifs de ses principaux adversaires, Vincent Jouanen récupérait les commandes de l’épreuve. Sans prendre de risques inutiles dans les derniers kilomètres, il assurait la victoire au classement général et conservait dans le même temps son titre de Champion de France Elite.
Ce succès récompense une saison marquée par une remarquable régularité et illustre parfaitement l’importance de la gestion en rallye routier, où les pénalités et les incidents mécaniques peuvent avoir autant d’impact que la vitesse pure.
Le championnat Side-Car lui aussi joué jusqu’au bout
La finale a également été décisive dans la catégorie Side-Car. Leaders du championnat pour seulement 4 points avant le départ, Johan Migné et Adélaïde Bardeau (Yamaha FJ1200) devaient encore confirmer leur position face aux tenants du titre Benoît Berthomieu et Jonathan Campergue (Suzuki 1340 Hayabusa).
À l’issue de l’étape 1, l’équipage Suzuki était repassé devant d’un point au championnat pour 0,35 secondes. Les leaders du championnat ont parfaitement répondu au défi en remportant l’étape de nuit et la catégorie à Rouillac. Cette victoire leur permet de conserver leur avance jusqu’au terme de la saison et de décrocher leur premier titre national en 2026.
Belle présence suisse en Charente
Quatre pilotes suisses avaient fait le déplacement pour cette finale nationale avec des objectifs différents mais des résultats globalement satisfaisants.
Le meilleur représentant helvétique a été le valaisan (d’origine genevoise) Jérémiah Destraz. Régulier du début à la fin de l’épreuve au guidon de son Aprilia Tuono 1100, il s’est constamment maintenu aux portes du Top 5 avant de terminer à une excellente sixième place du classement général. Cette performance lui permet également de monter sur le podium de la catégorie Rallye 1 en troisième position derrière Bastien Rhodes (vainqueur du Rallye de Charente en 2024 et 2025) et Damien Gimbert (vainqueur du Rallye de la Sarthe). En parallèle, il remporte le Challenge Européen réservé aux pilotes venant de l’étrangers engagés sur le Championnat de France. Grâce aux points engrangés cette saison, il conclut l’exercice 2026 au 11e rang Elite et confirme sa place en Elite pour la saison 2027.
Le vaudoise Antoine Asfaux poursuit quant à lui sa progression vers l’élite française. Au guidon de sa nouvelle KTM 990 Duke R, il s’est montré capable de signer des temps très compétitifs, notamment un 18e chrono scratch dans la première spéciale. Régulier sur l’ensemble de l’épreuve, il termine à la 21e place du classement général, à un dixième du Top 20 Elite et décroche la deuxième place du Challenge Européen. Au terme de la saison, Antoine se classe 8e en catégorie Rallye 1 (les plus grosses cylindrées) et 32e Elite.
Pour Sébastien Lovis, le week-end s’annonçait plus compliqué. Diminué physiquement avant même le départ, le pilote suisse a néanmoins réussi à rallier l’arrivée malgré plusieurs difficultés. Une panne de ses feux additionnels lors de la dernière boucle nocturne est venue compliquer sa course, mais il parvient tout de même à terminer 48e au classement général et sixième de la catégorie Vétérans. Il complète également le podium du Challenge Européen. Le pilote valaisan conclut sa saison à la 4e place du Trophée Vétéran, à seulement trois points du podium final.
Chez les féminines, la combière Morgane Hannigsberg avait avant tout besoin de marquer de gros points pour assurer sa place au championnat. Mission accomplie avec une course appliquée et sans erreur majeure. Régulière et avec une constante progression de ses chronos tout au long du week-end, elle termine 92e du classement général, 3e féminine et 5e du Challenge Européen. Ce résultat lui permet de décrocher le titre de vice-championne de France des Rallyes Routiers 2026 dans la catégorie féminine.
Classements – Rallye de Charente
- Général : Jouanen / Rhodes / Coutal
- Rallye 1 : Rhodes / Gimbert / Destraz (CH)
- Rallye 2 : Jouanen / Coutal / Tabaka
- Rallye 3 : Chareire / Unal / Parmentier
- Side-Car : Migné-Bardeau / Berthomieu-Campergue / Nexon-Lagrue-Vincent
- Classique : Milesi / Duris / Arnaud
- Ancienne : Poutier / Martin / Nizet
- Espoir : Coutal / Zendrini / Cheminade
- Vétéran : Berthomieu / Unal / Duris
- Féminin : Grosset-Janin / Buret / Hannigsberg (CH)
- Européen : Destraz (CH) / Asfaux (CH) / Lovis (CH)
- Duo : Vermorel-Vincent / Da Silva Martins-Torrenta / Letelu-Bourgeois
Championnat de France 2026
- Elite : Jouanen / Gimbert / Schiltz
- Rallye 1 : Schiltz / Gimbert / Recour
- Rallye 2 : Jouanen / Coutal / Tabaka
- Rallye 3 : Chareire / Pnal / Parmentier
- Side-Car : Migné-Bardeau / Berthomieu-Campergue / Robin-Enjalbert
- Classique : Cambon / Delmas / Milesi
- Espoir : Coutal / Dias / Cheminade
- Vétéran : Berthomieu / Schiltz / Soares
- Féminin : Grosset-Janin / Hannigsberg (CH) / Buret



