Publié le: 21 juin 2024 par David Zimmermann
3ème édition du Moto Légende Trail Tour

La 3ème édition du Vintage Moto Trail a rassemblé 60 passionnés de trails des années 80-90 à Estézargues en Occitanie du 17 au 20 mai.

REPORTAGE

J’ai entendu parlé du Moto Légende Trail Tour par un ami qui avait participé à la première édition. J’ai raté la seconde pour des raisons professionnelles, et c’est donc bien à l’avance que j’ai bloqué les dates dans mon calendrier cette fois!

Avec 3 copains, on décide de s’inscrire et d’y aller tous avec nos Africa Twin 650. Le jour du départ de la Suisse, on sera finalement 8! 2 Transalp 600, une Suzuki DR 750 et une DR-Z 400 se sont jointes à nos belles en dernière minute. On prend l’autoroute jusqu’à Grenoble pour gagner un peu de temps, puis on profite de la journée pour descendre vers le sud par un itinéraire bien sympa concocté par notre pote Vincent. On arrive à Estézargues en fin d’après-midi, après un périple de 650 km.

Le Moto Légende Trail Tour – un one-man show!

L’évènement est entièrement organisé par une seule personne; Mario Dente, un chirurgien passionné d’anciennes motos du Dakar. C’est également le modérateur du groupe Facebook 80’s 90’s  Moto Vintage Trail France, groupe par lequel les informations sur l’événement sont également partagées. L’événement n’ayant à ce jour pas de site internet. 

Mario s’occupe d’organiser l’hébergement et fournit des traces GPS pour les 3 jours. Il a également réussi à inviter des anciens pilotes du Dakar pour partager leurs anecdotes et exposer leurs motos.

La participation en chambre double ou triple coûte 350 euro par personne et inclut les 3 nuits, 3 déjeuners, 3 soupers et la possibilité de préparer un picnic pour la journée avec du couscous et de quoi faire des sandwichs. Niveau budget, c’est très abordable.

Du vendredi soir au lundi matin, nous dormons tous dans le même hôtel d’où nous partons en petits groupes pour des boucles journalières. Différentes traces GPS sont à disposition en fonction des niveaux et des envies. Il y a également des traces routières pour ceux qui ne font pas de tout-terrain ou qui ont des motos trop rares pour se permettre de risquer une chute. Mario a partagé les traces entre les groupes et les jours de sorte à ne pas faire rouler trop de monde sur les mêmes traces en même temps, afin de réduire les potentielles nuisances que notre présence pourrait générer auprès des non-motorisés.

Un Paddock de rêve

Dans le parking de l’hôtel, nos vénérables bécanes côtoient quelques motos exceptionnelles comme une Cagiva Elefant 850 réplique de l’originale pilotée par Hubert Auriol en 1987, une Gilera RC 600 Marathon pilotée par Roberto Mandelli en 1991, l’Africa Twin Marathon 750 no.55 pilotée par Tony Boluda en 1991 (seulement 8 produites et 4 qui existent encore!), les Africa Twin Marathon 650 no.155 et 143 pilotées par Patrick Batsy et Didier Favolini en 1989, les Cagiva Elefant 900 Marathon no.21 pilotée par Sergei Povarov en 1994, et no. 102 pilotée par Richard Goffoy en 1998. On trouve également une magnifique création de Marco Iavarone, une RD04 réalisée avec le look de la NXR 750 de Gilles Lalay.

A côté de ces motos exceptionnelles, on trouve un peu toute la gamme de motos des années 80-90 avec bon nombre d’Africa Twin, des Transalp, Dominator, Ténéré, DR, XT 500 et 600, XR 600 et même une rare Honda XLV 750! On notera également la présence de 2 KTM 660 Rally Factory Replica, dans leur jus.

Des invités de marque!

Mario a réussi à inviter quelques anciens pilotes ayant participé au Dakar qui ont partagé avec nous quelques anecdotes en fin de repas sur leurs expériences.

Le plus connu d’entre eux est Ciro de Petri. L’italien de 69 ans a 11 Dakar à son actif, 67 victoires d’étapes et le record de vitesse sur sable (207 km/h). Il comptabilise également 3 victoires au Rallye des Pharaons et 2 au Rallye de Tunisie au guidon de la Cagiva. Circo était très visiblement très heureux de partager des anecdotes sur ses exploits, dans un très bon français de plus!

Le second invité est Roberto Mandelli, un privé italien qui a gagné une étape du Dakar 91 au guidon d’une Gilera RC 600 Marathon alors que tous les pros s’étaient perdus… Il a récupéré sa moto il y a quelques années, entièrement démontée dans des caisses et l’a reconstruite. Il m’a même laissé faire un petit tour dans la cour avec… Elle est magnifique!

Enfin, le 3ème invité, Hugues Arancio est un ancien pilote de course et d’endurance français, qui, comme il le raconte, c’est vu un peu par hasard proposé de participer à la sélection Honda pour l’opération « 50 Africa Twin à Dakar » en 1988. Il a passé les qualifications sans avoir jamais fait de tout-terrain avant! Hugues a participé au Dakar 89 en Africa Twin, au Dakar 90 en Tenere 600 et au Dakar 91 en Gilera RC 600. C’est un gars très humble qui ne se met pas trop en avant malgré un carrière bien remplie. Il n’a eu l’occasion de parler que le dernier soir, une fois que les italiens étaient partis!

Les traces GPS

La première journée, notre équipe Suisse diminuée de 2 membres part pour un tour de 220 km.  On progresse assez lentement, d’une part parce qu’on est nombreux, mais aussi parce que la piste est assez difficile. Je dois dire que de mon plein gré, je ne me serais pas forcément aventuré sur de telles pistes avec mon Africa Twin 650. Le TET en Bosnie et au Monténégro que j’ai fait l’année passé à son guidon c’était une autoroute à côté des singles trails et des passages à se frayer entre les branches et la végétation qu’on expérimente aujourd’hui! Mario a mis le niveau assez haut!

Après une vingtaine de kilomètres, Gilbert glisse dans une grosse flaque d’eau et noie sa DRZ400. Comble du malheur, il commence à pleuvoir des cordes avant même qu’il n’ait le temps de sortir ses outils! 

On est coincé au milieu d’une forêt et la piste, déjà pas simple, devient boueuse et donc glissante comme de la glace dans les 2 directions. Il nous faudra près de 2 heures pour réussir à redémarrer la Suzuki. Après avoir déposé le réservoir, Gilbert, aidé de Laurent, réalise que sa clé de bougie est défectueuse… Franchement, on était à 2 doigts de la laisser sur place et rentrer à l’hôtel en le ramenant comme passager, quand, par dépit, l’autre David parvient à la ramener à la vie en quelques coups de kicks de maître alors qu’elle ne semblait donner aucun signe de vie!

Trempé jusqu’aux os, on décide de couper court et après une section devenue difficile à cause de la boue, on coupe sur des chemins pour 4×4 et rejoint la route pour retourner à l’hôtel. On passe le reste de l’après-midi à discuter avec d’autres participants et collectionneurs qui ont des anecdotes absolument incroyables sur l’histoires des motos qu’ils ont déniché.. C’est toujours un plaisir d’être entouré de passionnés. Certains groupes n’arriveront qu’en début de soirée, et après avoir vu les vidéos, ils se sont retrouvés dans des situations encore bien plus compliquées que nous, à devoir tirer les motos avec des cordes par exemple!

Pas de pluie le dimanche, mais on préfère ne pas prendre trop de risques. On part pour une boucle de 160 km autour d’Avignon beaucoup moins technique qu’hier. Les chemins sont plutôt du style 4×4 et assez accessibles avec toutefois des gouilles bien profondes, alimentées avec tout ce qu’il a plu hier.

Les paysages sont magnifiques et on passe une journée idéale sans le moindre incident. Après une dernière soirée bien sympa, on repart vers la Suisse le lundi matin en profitant de passer par le Mont Ventoux avant l’arrivée de la pluie, qui va nous accompagner presque jusqu’à la maison.

Nos vieilles Africa Twin, malgré leurs forts kilométrages n’ont pas affiché le moindre signe de faiblesse et je dois dire que même sur la route, on a eu beaucoup de plaisir à essorer la poignée de gaz pour exploiter à 100% leurs 50 petits poneys, chose qu’on a trop rarement l’occasion de faire sur des motos modernes,  sans prendre de gros risques à perdre son bleu…

Le Moto Légende Trail Tour est encore un petit événement, avec les inconvénients et les avantages que cela comporte, mais pour ma part, je dois dire que j’ai plutôt apprécié le fait d’être en petit comité. A l’année prochaine!

GALERIE