Essai publié le 12 janvier 2019

Essai Yamaha R125 2019 à Valencia - Papy s'éclate avec baby "R"

Texte de Marc / Photo(s) de Francesc Montero et Jonathan Godin

La R125 a déjà une carrière de dix années au sein de la gamme "R" du constructeur aux trois diapasons. Elle est entièrement revue pour 2019 et c’est dans la province de Valence que nous avons pu la découvrir.

Au sein de la gamme « R », la R125 occupe une place de choix, elle représente à elle seule pas moins de 36% des ventes de cette gamme ! Son public cible en Europe ? Les 16-20 ans. Et elle se permet même de devancer la reine R1 qui elle atteint 28%. La faire évoluer est donc un sacré challenge.

A son apparition en 2008, la R125 arborait un nouveau design prouvant son appartenance à la famille « R », puis elle a reçu lors de sa première évolution en 2014 l’injection électronique et une fourche inversée.

La technique

Pour 2019, Yamaha a voulu améliorer sa bombinette autant sur les aspects pratiques et la vie à bord que sur sa sportivité. Il ne faut pas oublier que le premier terrain de jeu de la R125 reste la ville ou les petites routes, les jeunes conducteurs l’utilisant comme moyen de transport pour se rendre à l’école ou au travail. Mais Yamaha a tout de même voulu y greffer de bons gênes « R », permettant à la cadette de la famille de se rendre à l’occasion sur piste.

Le plus gros changement est l’adoption du VVA ! Qu’est ce qui se cache derrière cet acronyme ? Un nouveau mouvement révolutionnaire ? Un nouveau label garantissant la provenance des arachides ? Non, tout simplement une distribution variable qui permet de mieux remplir la courbe de couple et de puissance.

Le principe est simple, jusqu’à 7’400tr/mn, les soupapes d’admission ont une certaine levée qui favorise le couple puis à ce régime, un servo-moteur pousse une came qui permet d’augmenter la levée des soupapes favorisant le remplissage à hauts-régimes et augmentant ainsi la puissance. Cela permet d’avoir une meilleure accélération avec un système simple et fiable.

Toujours concernant le vaillant mono, ses soupapes prennent 1mm en diamètre pendant que celui de l’injection passe de 28 à 30mm. La boîte à air voit son volume presque doubler en passant de 2,9 à 5,5 litres. Tout cela participe au travail fait pour revoir le son du moteur et le rendre plus émotionnel, travail que maîtrise à la perfection la marque dont l’emblème est trois diapasons et qui fabrique aussi des instruments de musique.

Au niveau du look, Yamaha voulait garder, voire accentuer l’appartenance à la famille des sportives de la marque et c’est très réussi ! Il suffit d’un regard pour la reconnaître, surtout que la cadette de la famille reçoit les fameux appendices identitaires à l’arrière. Ceux-ci sont disposés verticalement comme sur la R6.

Le Deltabox est modifié pour gagner en rigidité et optimiser sa résistance. Le but est de gagner en précision, notamment au moyen d’une nouvelle fourche KYB de 41mm de diamètre. Rigide ! Tout comme le bras oscillant, lui en aluminiium, qui est également redessiné. Il permet de recevoir un nouveau pneu arrière qui passe à 140 mais ne devrait en rien grever l’agilité de la petite bête.

Enfin, la R125 est la première à recevoir d’origine une protection de levier de frein qui lui amène une touche des plus racing, surtout à côté du té de fourche supérieur qui, lui, prends également une forme inspirée de la M1 de MotoGP.

La position de conduite est aussi revue au moyen de demis-guidons plus ouverts et plus horizontaux. Cela permet d’avoir une vue plongeante sur le tableau de bord full LCD qui offre les informations nécessaires, dont un indicateur de la mise en route du VVA.

En ville

Les R125 sont alignées devant l’hôtel telles à la parade et alors que je ‘apprête à monter dessus j’entends une voix qui me dit «Enterprise, Enterprise ! Ici Spock, prêt pour téléportation » et me voici catapulté près de 30 ans dans le passé. Je retrouve une moto toute fine, menue entre mes jambes (non non… il n’y a aucune allusion) qui se déplace d’avant en arrière presque avant que mes petits muscles le lui ait demandé. La R125 est d’une légèreté impressionnante.

Je n’ai aucun mal à caser mon mètre septante-deux sur la petite sportive de chez Yamaha. En partant en ville, qui sera clairement un de ses terrains de chasse, je me sens à l’aise et pas trop replié. L’appui sur les poignets n’est pas exagéré et il est facile de lire les infos du tableau de bord.

Le moteur me bluffe par sa disponibilité, moi qui ai grandi avec les 125cc deux-temps et leur moteur creux sous 7’000tr/mn, j’ai l’impression d’être dans un autre monde… le mono reprend sans peine à 4’000tr/mn et très bien dès 6’000tr/mn. En continuant à grimper en régime pour dépasser les dans le flots de la circulation, je ne ressens absolument pas l’action du VVA à 7’400tr/mn, cela est totalement transparent et le moteur continue sa montée en régime avec force jusqu’à la zone rouge.

Dans la jungle urbaine, l’agilité de la R125 fait des merveilles, il est aisé de se faufiler dans le trafic et avec son look, je me demande pourquoi les trottoirs ne sont pas peints en rouge et blanc comme les vibreurs des circuits…

Sur la route

Après une séance photo autour d’un rond-point, on prend la route du bord de mer afin d’avoir un peu plus d’espace et de laisser le mono nous montrer ce qu’il a dans le ventre. Sur route plus ouverte, il ne faut pas hésiter à rester autour des 6’000tr/mn afin de profiter de ses relances. En-dessous, point de salut, vous verrez vos compagnons de route s’éloigner inexorablement et il vous faudra cravacher pour les remonter.

Venons-en au confort. La selle est assez moelleuse et mon séant de papy n’aura point souffert durant tout le temps de l’essai, surtout qu’elle est très bien secondée par des suspensions qui ont un excellent compromis entre souplesse et rigidité. J’en viens même à dire qu’un jeune qui a une R125 comme première monture pourrait tout à fait envisager un sérieux road trip à son guidon tant elle est agréable.

Les virages s’enchaînent et l’agilité de la bombinette permet de rouler sans se fatiguer, je regrette juste le manque de mordant du frein avant qui oblige à tirer assez fort sur le levier pour arrêter la moto. Le levier d’embrayage lui est d’une facilité déconcertante et vous ne souffrirez jamais de crampes à la main gauche.

Sur circuit

Après une bonne virée, nous arrivons sur le circuit de la Ribera afin de pousser la R125 dans ses derniers retranchements. Celui-ci est parfaitement adapté à la Yamaha, avec une piste assez étroite jonchée d’une multitudes de courbes serrées, ouvertes, en accélération ou encore se refermant, une très belle découverte.

Le temps de revêtir mon habits de lumière, un peu rayé certes et ayant rétréci cet hiver (oui oui les calories sont des petites bêtes qui se cachent dans les armoires); et hop on saute en selle pour la première session. Heureusement, un coach est là pour nous montrer les trajectoires et apprendre la piste durant ces premiers tours, le tracé est un vrai tourniquet et on a vite fait de confondre un virage avec un autre.

Mes impressions de la route se confirment sur piste. Les suspensions font un excellent travail, la fourche digère sans problème les gros freinages tout en assurant un guidage excellent. Il suffit de regarder où on veut aller et la R125 y va sur la sublime bande son du moteur. L’amortisseur, lui, ne pompe jamais et garde bien la roue arrière au sol. Seul le grip des Michelin Power Street est difficile à cerner et demande un temps d’adaptation. 

Les reposes-pieds sont disposés à une hauteur suffisante pour prendre un bel angle sans venir les frotter. J’ai vraiment apprécié le triangle selle-guidon-repose-pieds qui ne fatigue pas, est sportif à souhait et permet d’avoir un excellent contrôle de la moto.

Enfin, le moteur est assez volontaire et offre une bonne puissance, pour un 125cc 4-temps s’entend. Il suffit de le maintenir dans le haut du compte-tours et de ne pas hésiter à accélérer tôt pour bien ressortir des virages. Et au freinage, on peut sans peine rentrer plusieurs rapports sans crainte de voir la roue arrière se bloquer, ce grâce à l’embrayage antidribble assisté.

Conclusion

La R125 propose un excellent ratio prix-technologie-plaisir grâce à son excellent châssis et à son moteur bien plein pour la catégorie. Perso, je n’aurais que le feeling du frein avant à lui reprocher, mais peut-être que ce dernier rassurera les jeunes conducteurs en ne déclenchant pas trop vite l’ABS, c’est une histoire de goût.

Enfin, comme indiqué plus haut, il est tout à fait possible de partir à l’aventure avec la R125 qu’il serait d'ailleurs dommage de cantonner à la ville tant ses qualités dynamiques sont grandes. En plus, avec un appétit d’oiseau, il est possible de rouler de nombreux kilomètres avant de voir le témoin de la réserve s’allumer. Bref, c’est une moto qui vend du rêve et qui est valorisante, c’est pour ça qu’on l’appréciera.

Encore un dernier détails, Yamaha propose un sérieux catalogue d’accessoires, comme un échappement Akrapovic, un support de plaque, un cache-selle ou encore des clignotants LED par exemple qui permettront de personnaliser votre R125. Dis papa, c'est quand que j'ai 18 ans ?

Marcouille

Au final...

On a aimé :
+
Le moteur VVA
+
L'accord des suspensions
+
L'identité de la famille "R"
On a moins aimé :
-
Le frein avant manquant de mordant
-
Ne plus avoir 18 ans
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Au final...

On a aimé :
+
Le moteur VVA
+
L'accord des suspensions
+
L'identité de la famille "R"
On a moins aimé :
-
Le frein avant manquant de mordant
-
Ne plus avoir 18 ans

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Yamaha
Modèle :
YZF-R125
Année :
2019
Catégorie :
Supersport
Moteur
Type :
Monocylindre 4 temps, SACT, 4 soupapes, système VVA
Cylindrée :
124,7 cm3
Refroidissement :
Liquide
Alimentation :
Injection électronique
Performances
Puissance max. :
15 ch à 9'000 tr/min
Couple max. :
12,4 Nm à 8'000 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
Multidisque à bain d'huile
Partie cycle
Châssis :
Deltabox en acier
Suspension AV :
Fourche inversée KYB 41mm
Suspension AR :
Monoamortisseur KYB
Pneu AV :
100/80 - 17
Pneu AR :
130/70 - 17
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
Simple disque 292mm
Frein AR :
Simple disque 220mm
Dimensions
Longueur :
1'955 mm
Empattement :
1'355 mm
Largeur :
680 mm
Hauteur de selle :
825 mm
Poids à sec :
142 kg
Réservoir :
11,5 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Yamaha Blue
 
Tech Black
 
Competition White
Catalogue
Prix de vente :
CHF 5'890.-
En ligne :
Garage :

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