Essai publié le 25 juin 2017

Essai BMW HP4 Race – Bienvenue dans le monde de la course

Texte de Gonzo / Photo(s) de Markus Jahn & Daniel Kraus

Il y a des essais comme ça, magiques, exaltants…

Comment on les reconnaît ? De notre côté, on est surexcités, un poil tendus, et même, on a un syndrome particulier du kikitoudur… De votre côté, c’est le genre d’article que vous voulez lire le plus rapidement possible, en voiture à l’arrêt au feu rouge, au boulot et même, Saint Graal du lieu de lecture, sur le trône (si si, je le sais !). C’est aussi ce genre d’essais qui nous vaut une envie qui frise parfois la jalousie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’essai du missile sol-sol de la firme bavaroise répond à tous ces critères, et c’est peu dire…

Quoi de plus exclusif que d’avoir, pour une marque, un modèle de luxe, celui qui fait rêver chacun d’entre nous ? Ducati a démontré avec sa Desmoseidici puis avec la Superleggera que ce genre de modèle est convoité. Mais plus encore, ces machines sont de véritables vitrines pour la marque tant c’est beau et ça marche fort.

Honda a ensuite repris le concept avec sa RC213V issue directement de la machine pilotée par Marc Marquez et Dani Pedrosa. Même principe, même succès. On voit maintenant plusieurs marques plancher sérieusement sur le concept, comme KTM ou encore Suzuki. Mais celle qui nous importe aujourd’hui, c’est la BMW.

La HP4 Race n’est pas inspirée du MotoGP, puisque la marque à l’hélice n’y est pas. Mais pour le WSBK, c’est autre chose. Et c’est exactement à ces machines qu’elle fait penser. Mettez Jordi Torres ou Raffaele De Rosa dessus et on s’y croit…

Les allemands ont voulu bien faire les choses, et ils s’en sont donnés les moyens. Seuls 750 exemplaires seront disponibles dans le monde. Ensuite, cette moto est exclusivement réservée à un usage « piste ». Rien à voir avec un modèle homologué route ou certains compromis doivent être faits, là c’est du radical.

Prenez pour exemple le cadre, entièrement en carbone, qui ne pèse que 7,8 kilos ou encore des jantes qui adoptent le même matériau high-tech… Déjà là, ça fait rêver… Mais attendez, c’est pas fini !

Car il s’agit bien d’une moto de course, donc à peu de chose près, tout est réglable. De la hauteur de selle, modifiable en trois position à, évidemment, l’électronique, on peut faire de chaque HP4 Race une moto unique en fonction de son (heureux) propriétaire.

Et que dire du choix de l’équipement ? La fourche inversée de type FGR 300 et le combiné ressort / amortisseur de type TTX 36 GP sont tous deux fournis par l’équipementier suédois Öhlins et sont mis en œuvre sous une forme strictement identique au WSBK ainsi qu’au MotoGP.

Mais quand on vise l’excellence, on ne s’arrête pas si tôt. BMW a donc équipé la HP4 Race d’un bras oscillant qui n’est autre qu’une copie de ce qui se fait en WSBK. Comprenez par là que cette pièce n’est autre qu’un bras oscillant à renfort inférieur en alliage léger composé de pièces fraisées et de pièces en tôle.

Le freinage pour sa part n’est pas en reste. Preuve en est le choix des ingénieurs bavarois d’équiper leur missile avec des étriers de frein Brembo monoblocs GP4 PR. Oui, ça aussi on le voit en Mondial Superbike… Et pour peaufiner cet aspect ô combien important, ces étriers sont associés à des disques en acier T-Type-Racing de 320mm pour une épaisseur de 6,75mm. Avant même de savoir si ça freine, on fait déjà aveuglément confiance à l’ensemble.

Esthétiquement, et pour un souci de poids (hé oui, le mannequin surveille sa ligne), la belle allemande est habillée de carbone et son sublime réservoir est en aluminium brossé, ce qui accentue encore plus le côté racing, des fois qu’on ait des doutes.

Au vu du nombre de fois que j’ai utilisé le mot « carbone » jusqu’ici, et quand on voit le type de matériaux choisis sur la BMW HP4 Race, vous devez vous dire qu’elle doit pas peser bien lourd. Hé ben c’est faux. Dire qu’elle n’est pas lourde serait presque une injure parce qu’elle est carrément légère ! A sec, elle ne pèse que 146 kg sur la balance et, une fois tous les pleins faits et en ordre de marche, son poids est de 171 kg. Pour vous donner un ordre d’idée, elle est plus légère que les machines engagées en WSBK et un poil plus lourde qu’une MotoGP…

Ok, BMW a réussi à faire une machine magnifique, super légère, aussi bien équipée qu’une machine de Mondial. Mais sans un moteur à part, le résultat ne serait autre qu’un pet dans l’eau. On en est fier mais ca fait pas de bruit et personne n’en parle.

Or, ça aussi BMW le sait. Et le boulot effectué est à nouveau grandiose. Je ne vais pas rentrer dans tous les détails, mais En gros, la HP4 Race, c’est 215 purs sangs et un couple de 120 Nm qui vous tractent sans ménagement. Au contraire même, puisqu’ils sont aidés par une boîte à vitesse de type « close ratio » entièrement configurée pour une utilisation piste. Les mots de Rudolf Schneider (Chef de projet produits à 4 et 6 cylindres chez BMW) sont assez parlants : « Avec le moteur de la nouvelle HP4 RACE, nous proposons un moteur de course du niveau des moteurs de Championnat du Monde. La fabrication manufacturée assure la qualité maximale du point de vue du rendement et de la fiabilité ».

Car oui, le moteur est assemblé à la main, tout comme l’ensemble de la moto par un groupe spécialisé. Et tout ça pour garantir un niveau de fiabilité optimisé. C’est beau et ça ajoute au charme de la bête.

Avant de monter sur cette Superbike déguisée, il y a un dernier point qui vaut la peine d’être abordé. L’électronique. Car ce point aussi a été soigné, pour arriver au niveau de ce qui se fait de mieux. Tout est paramétrable, que ce soit l’anti-wheeling, le contrôle de traction (DTC), le frein moteur (EBR), le mode de pilotage ou le launch contrôle. Et quand je dis tout, je n’exagère pas. Par exemple, on peut régler le niveau du DTC en fonction du rapport engagé et sur 15 niveaux, et pareil pour l’anti-wheeling !

Et pour être sûr de bien retransmettre toutes ces informations, rien de tel qu’un écran 2D… comme au plus haut niveau ! Celui-ci offre la possibilité d’accéder à pléthore d’informations, en fonction que le moteur tourne au ralenti (arrêt dans les stands) ou à plus haut régime. Ces deux configurations appelées « page pilote » et « page mécanicien » sont réellement hyper complets. Et s’il n’y en a pas assez pour vous, sachez que le système d’acquisition de données 2D vous donnera accès à tout le reste.

C’est donc au Portugal, sur le fameux circuit d’Estoril, que BMW nous a invité à tester leur bijou. Et si ce circuit mythique accueillait les MotoGP il n’y a pas si longtemps, ce n’est pas pour rien.

Une première session au guidon d’une BMW S1000RR me permet d’apprendre ce tracé exigeant et me servira surtout de point de comparaison par rapport à la HP4 Race. Nous ferons dans la matinée un second run au guidon de la machine de série qui me confortera dans une première idée. La comparaison n’est simplement pas possible. Malgré les apparences, la HP4 Race n’est tout simplement pas une S1000RR « améliorée ». Tout du moins pas telle qu’on la connaît.

Une fois installé sur la HP4 Race, je change de monde. A la demande du staff, j’effectuerais mes premiers tours de circuit sur le mode de conduite « intermédiaire », à savoir que 4 modes sont sélectionnables, et personnalisables (wet, intermédiaire, Dry1 et Dry2).

Immédiatement on est frappé par la légèreté de la machine qui, couplé à l’ensemble de la partie cycle permet de rentrer dans les virages avec une vivacité jusqu’alors inconnue pour moi et les changements d’angles rapides paraissent simples. Cette partie-cycle est particulière. Avec autant de carbone, je m’attendais à un truc genre « bout de bois », ultra rigide. Alors certes, c’est plus rigide que ce à quoi j’ai l’habitude, mais le retour d’information est excellent. On sent tout, sans être chahuté. Impressionnant. Et efficace !

Estoril possède une ligne droite qui permet de flirter avec les 300 km/h. Evidemment, au bout de cette ligne droite, le freinage est aussi impressionnant que la vitesse à laquelle le point de repère m’arrive dessus. Put… il est déjà là !!!! Là, je saisi les freins, violement. Hé ben c’est moi qui ai été violenté. La puissance des Brembo est stupéfiante d’efficacité, et couplé à cette fourche, on sent immédiatement que le repère de freinage va être reculé d’au moins une année lumière.

Sur ce mode, l’électronique de pointe travaille merveilleusement bien. On entend le DTC travailler dans un son particulier, qui fait un peu penser au pit lane limiter. On finit de redresser la moto, la puissance arrive et le décor défile très très vite. Le tour de magie de ce DTC c’est qu’il intervient de manière transparente, sans que l’on sente de coupure. Sans le côté sonore de l’intervention, on serais parfois surpris de savoir qu’il est entré en fonction tant il ne change rien (ou presque) à la trajectoire et au comportement de la moto.

Vient ensuite le moment de passer aux modes de conduite Dry (1 & 2). Là c’est une autre musique. L’antipatinage intervient bien plus tard et permet d’ouvrir les gaz bien plus tôt. En revanche un excès d’optimisme serait fatal et il est préférable de garder un peu de contrôle de traction. L’explication est simple. Le DTC de cette machine est un contrôle de traction pour pilotes, là ou ce que l’on connaît est beaucoup plus axé « sécurité ». 

Pour ce qui est de la différence entre les deux modes Dry, c’est principalement au niveau de l’anti-wheeling que ça se joue, le dernier mode étant beaucoup plus permissif et laisse la moto s’exprimer plus librement, mais la différence n’est pas choquante.

La puissance reste quant à elle démoniaque. Ça arrive tout de suite, ça arrive fort et ça dépasse l’entendement, sans toutefois qu’on ait l’impression de se faire dépasser. La HP4 Race vous expulse des virages à Mach12 et vous fait sourire bêtement sous le casque. Dans le même temps, vos bras rallongent de plusieurs centimètres alors que la roue avant se déleste. Putain c’est bon ! Et surtout, c’est efficace. BMW a réussi le tour de passe-passe assez incroyable de faire une machine de course qui offre du fun à tous les niveaux tout en étant pointue.

Les explications c’est bien mais ce qui est vraiment intéressant de savoir avec cette HP4 Race, c’est que c’est bon, ça déchire, on kiffe et on en reveut, tout ça en étant beaucoup moins fatigué qu’avec un modèle de série.

Le plaisir à son guidon est juste incommensurable et on se surprend à imaginer vendre un rein pour pouvoir se l’offrir… Car oui, la HP4 Race est belle, elle est efficace, elle a tout pour plaire sauf son tarif qui est tout aussi élitiste que la moto en elle même. Vendue CHF 78'000.- dans notre beau pays, elle ne sera pas accessible à tous, et c’est bien dommage car honnêtement, j’aurais bien voulu avoir un des 750 exemplaires de HP4 Race chez moi…

Gonzo

Au final...

On a aimé :
+
sa partie cycle
+
son moteur
+
ses freins
+
elle déchire!!!
On a moins aimé :
-
Son prix
-
Je pourrais jamais me la payer
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Au final...

On a aimé :
+
sa partie cycle
+
son moteur
+
ses freins
+
elle déchire!!!
On a moins aimé :
-
Son prix
-
Je pourrais jamais me la payer

Fiche technique

Véhicule
Marque :
BMW
Modèle :
HP4 Race
Année :
2017
Catégorie :
Supersport
Kit 25 kW :
Non disponible
Moteur
Type :
4 cylindres en ligne, 4 temps, double ACT, soupapes actionnées par linguets individuels
Cylindrée :
999 cm3
Refroidissement :
par eau
Alimentation :
injection électronique
Performances
Puissance max. :
215 ch à 13'900 tr/min
Couple max. :
120 Nm à 10'000 tr/min
Transmission
Finale :
Par chaîne
Boîte :
6 rapports
Embrayage :
multidisques anti-dribble en bain d’huile à commande mécanique
Partie cycle
Châssis :
full carbone
Suspension AV :
fourche Öhlins FGR 300 WSBK
Course AV :
130 mm
Suspension AR :
double bras oscillant à renfort inférieur en aluminium du type Öhlins TTX 36 GP
Débattement AR :
120 mm
Pneu AV :
120/70 ZR 17
Pneu AR :
200/60 ZR 17
Freinage
ABS :
Oui
Freinage combiné :
Non
Frein AV :
double disque Brembo Racing, disques flottants T-Racing, diamètre 320 x 6,75 mm, étriers monoblocs fixes GP4-PR WSBK à 4 pistons en titane
Frein AR :
monodisque Brembo Racing, étrier fixe WSBK à 4 pistons en titane, diamètre du disque 220 x 4,0 mm
Dimensions
Empattement :
1'440 mm
Hauteur de selle :
réglable mm
Poids à sec :
146 kg
Poids total :
171 kg
Réservoir :
17,5 litres
Coloris disponibles
Coloris :
BMW HP Motorsport
Catalogue
Prix de vente :
CHF 78'000 €.-
En ligne :

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