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Interview : Nicolas Monnin, objectif Dakar… 2020.

Propos recueillis par Mathias / Photo(s) de Morocco Desert Challenge
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A 49 ans, Nicolas Monnin est un passionné. Il aime repousser ses limites et quoi qu’il fasse, il le fait à fond, en s’engageant à 100%. Ou plutôt « à sang pour sang », comme il le relève d’ailleurs lui-même.

Ingénieur et responsable du secteur du Génie Civil de la Chaux-de-fond, ce neuchâtelois originaire du Jura se revendique comme un motard « moyen ». Une façon humble de se décrire pour un homme qui, en plus d’une participation au Dakar 2016, vient de terminer à la 13ème place du Morocco Desert Challenge 2018. Rencontre avec un homme qui ne lâche rien !

Nicolas, pour toi, le Dakar, ça représente quoi ?

Avant tout, c’est un goût d’aventure. Quelque chose de très fort. Déjà, quand on voit les images à la télévision, on a l’adrénaline qui monte. Mais quand on le vit, c’est indescriptible. Une véritable expérience. Et puis, il y a cette sensation d’espace, de liberté. Le désert a vraiment quelque chose de magique en cela, presque apaisant. Moi qui suis plutôt un solitaire, ce type de course me convient bien. Je faisais déjà de l’enduro et un peu de cross, mais là, j’ai dû apprendre la navigation. J’ai assez vite pris mes marques. Pour faire du rallye raid, il faut du courage, mais surtout une bonne dose d’insouciance, voire d’inconscience. On a connaissance des risques, mais la marge de sécurité est très mobile. Par rapport à une course sur piste par exemple, les conditions sont changeantes et on ne connait pas à l’avance la nature du terrain. Il faut constamment évaluer la situation et trouver le meilleur compromis entre le gain de temps et la sécurité. Et puis, surtout, c’est un défi énorme. Ultime. C’est quand même la course la plus dure du monde ! Et là, j’ai une revanche à prendre !

Tu veux parler de ton abandon en course en 2016 ?

Alors clairement, oui. C’était mon premier Dakar – mon seul, en fait. J’ai fait une mauvaise chute lors de la 4ème étape et je me suis froissé des côtes et fracturé deux vertèbres, ainsi que la main gauche. Lors de l’étape du lendemain, les médecins de la course m’ont stoppé et ça a été l’abandon, plus de 900km après ma chute de la veille. Je te parle de défi mais c’est surtout un défi contre moi-même. J’ai commencé quelque chose que je n’ai pas fini. Je dois aller au bout.  Il faut que je termine ma course.

On te reverra bientôt sur le Dakar, alors ?

Bientôt, c’est une certitude. Ce ne sera pas en 2019, mais plutôt en 2020. Mais cette fois, j’ai le projet de pouvoir m’aligner, aux côtés d’autres pilotes, avec une véritable structure professionnelle. Le Team Suisse Dakar est né. L’objectif est de créer un team 100% suisse, avec une structure d’accompagnement complète. Je me suis rendu compte qu’avec mon expérience des rallyes, j’avais l’opportunité de construire quelque chose de plus grand, et de pouvoir en faire profiter d’autres. Le Dakar, c’est une énorme machine, une grosse organisation. Il y a beaucoup de tracasseries administratives, il faut trouver les financements, s’entraîner physiquement et cela impose une grosse préparation. Si je peux, avec ce projet, permettre à des jeunes pilotes de profiter de mon expérience et les amener sur la ligne de départ, ce serait génial. Car personnellement, je ne compte pas aligner les Dakar. Je veux juste terminer ce que j’ai commencé et voir le podium d’arrivée. Et ensuite, je me mettrai en retrait et continuerai de gérer cette structure en tant que manager car mon souhait est qu’elle puisse devenir pérenne.

Alors concrètement, de quoi se compose une telle structure ?

Pour l’instant, on parle de deux pilotes. Peut-être trois. Ensuite, il y aura un véhicule d’assistance qui suivra la course avec à son bord deux à trois mécaniciens. Et pour finir, un véhicule presse piloté par un journaliste spécialisé dans les relations publiques, ainsi qu’un reporter-images. Ils pourront de la sorte gérer et diffuser les informations et les images dans les médias durant la course. Cette partie de la structure est essentielle afin d’intéresser les partenaires financiers.

Pourquoi pas 2019 ?

Déjà parce qu’on est parti avec un temps de retard. Monter un tel projet, qui implique énormément d’investissement, en argent comme en temps, n’est pas une mince affaire. Surtout en Suisse. Et puis, cette édition 2019 est particulière à plus d’un titre. Elle est plus courte, et se déroule exclusivement sur un seul pays, avec 70% de sable annoncé. Ce format inédit soulève des interrogations et une certaine inquiétude. La course sera sûrement très intéressante pour les Top Pilotes, mais nettement moins pour les amateurs. D’ailleurs, ASO (NDLR : société organisatrice du Dakar) vient de prolonger le délai pour les inscriptions. Je pense qu’on peut y voir une certaine appréhension de la part des pilotes, principalement amateurs, liée à cette édition 2019. C’est donc la bonne occasion de bien se préparer pour 2020 et de pouvoir arriver d’ici là avec une structure solide et parfaitement au point.

Quels sont tes projets d’ici là ?

En tant que pilote, je ne compte pas rester les bras croisés. J’ai besoin de défis et de repousser mes limites. Pour 2019, je vais travailler mon endurance et je me suis donc inscrit à deux rallyes, que je vais faire d’affilée. Il s’agit du Merzouga Rally et du Morocco Desert Challenge. J’y serai à titre privé, engagé en catégorie PRO – la plus relevée – avec le Team Nomade pour assurer mon assistance. Entre les deux, je n’aurai que quelques jours de repos – et de répit. Ça passera où ça cassera. Mais ça passera. Tu peux compter sur moi !

On ne manquera pas de vous tenir informés des performances de Nicolas Monnin, et de l’avancée de son beau projet.

Plus d’infos sur la page du Team Suisse Dakar ou sur Facebook.

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