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Essai Harley-Davidson Low Rider S 2016 – Le Dark Custom de Milwaukee

Texte de Marc / Photo(s) de Malo Liechti
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Cet essai est aux antipodes des machines avec lesquelles j'ai l'habitude de rouler, mais avec l'âge qui avance, bien trop vite à mon goût et les restrictions de circulation, les gros customs me font de l'œil, c'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis porté volontaire pour l'essai de cette Low Rider S qui est une nouveauté 2016.

Au premier abord, la Low Rider impose le respect, déjà avec son gros V-Twin de 1'801cc qui fait dans le massif, son gros filtre à air décalé sur le côté droit qui donne un air de muscle bike à la Harley et son garanti respectable, je me dis qu’il va falloir faire attention lors des manoeuvres à basse vitesse, mais aussi que cette moto est flatteuse pour l’égo de son pilote.

La Low Rider S est basée sur la Dyna Low Rider qui, elle, accuse déjà plus de 20 années au catalogue H-D, gagnant en centimètres cube au fil des années, la première version étant basée sur le moteur de 1’340cc. Aujourd’hui, c’est un twin moderne, toujours à 45° dans la plus pure tradition Harley qui fait avancer à gros coups de piston la belle.

Le Twin Cam 110 refroidi par air annonce la bagatelle de 156Nm à 3’500tr/mn déjà… autant dire que le pneu arrière va avoir de la peine à le transmettre sur la route et que mes petits bras vont devoir s’accrocher aux branches du guidon.

Il faut tout de même préciser que le bloc a été revu par les gars de chez Screamin Eagle, qui sont une référence en la matière pour les prépa HD. Je ne résiste pas à la tentation d’appuyer sur le bouton start avant même de finir mon petit tour du propriétaire, et là… le son mythique est là ! Okay, un peu étouffé par les normes sonores, mais tout de même bien présent.

La Low Rider S se passe d’arbre d’équilibrage, ce qui fait que lors des petits coups de gaz donnés à l’arrêt, la machine bouge un peu sur sa béquille latérale, béquille sur laquelle nous reviendrons.

Pour le reste, la Low Rider S fait très classe dans sa robe noire, l’absence de phare arrière, ce sont les clignos qui assurent ce rôle, dégage le pare-boue, qui est tout autant dénué de selle passager… la Harley est une moto d’égoïste, ce n’est pas sur celle-ci que j’emmènerais mon sac de sable préféré faire un tour.

Le faux bouchon de réservoir gauche fait office de jauge à essence, déjà à l’arrêt il n’est pas facile à lire et le sera encore moins en roulant. Par contre, les deux gros compteurs centraux disposés sur le réservoir sont lisibles. On aimera, ou pas, le petit saute-vent, perso j’aurais bien vu la Low Rider S sans cet accessoire, mais cela n’est que mon avis.

Vu la classe de cette dame toute de noire vêtue, on se permet de la regarder de derrière pour se délecter de ses courbes et ainsi remarquer qu'il n'y a pas de phare arrière, le garde-boue est bien lisse du début à la fin sans appendice. Ce sont les clignotants qui font office à la fois de phare arrière, de feu stop et... de clignotants justement.

Pour le reste, la transmission finale se fait par courroie crantée, gage de souplesse et surtout d’entretien réduit ! On appréciera également la présence d’un double-disque à l’avant pour ralentir la bête dont le poids reste important, mais on ne parle par de poids à une dame aussi musclée.

La première chose qui me surprend est qu’on ne s’installe pas au guidon d’une HD mais qu’on descend sur sa selle ! L’assise est très basse et aide grandement à manoeuvrer le bestiau une fois la béquille latérale enlevée. D’ailleurs parlons-en tout de suite de cette dernière : aucun problème pour la replier, par contre, lorsqu’il s’agit de la mettre, c’est une autre paire de manches… Elle se déplie à 90° par rapport à la moto et une fois qu’on l’appuie dessus, elle « descend », personnellement j’ai toujours eu peur qu’elle ne se replie une fois, mais cela ne sera jamais arrivé.

Et hop c’est parti ! Les poignées et les leviers sont faits pour les mains « d’homme », l’embrayage est facile à manipuler en regard du couple « camionesque » à gérer et permet de démarrer quasiment sur le ralenti. La position des pieds est appelée médiane par Harley-Davidson, soit ni trop en avant, ce qui péjorerait les plus petits, et ni trop en arrière ce qui ferait que les grands auraient le genou droit qui viendrait buter dans le cornet d’admission.

J’ai trouvé le guidon très bien placé, pas trop haut et juste assez large pour me permettre de le braquer à fond sans avoir à me contorsionner.

Malgré sa longueur, la Low Rider est facile à emmener et permet de tourner dans les petits coins, voire de faire un demi-tour sur route, sans que celle-ci ne bascule vers l’intérieur de la courbe, le poids placé très bas doit certainement aider à cela.

D’ailleurs la maniabilité en générale est assez bluffante vu la taille, la Low Rider S fait 2m39 de long et également en regard du poids ! Le constructeur a bien fait de ne pas céder à la tentation de doter sa moto d’un pneu arrière trop large, ce qui aurait grévé l’agilité. Là, la HD s’emmène sans problème sur les routes de campagne sinueuses en se balançant d’une courbe à l’autre sans effort.

Ma moto ne comptait que quelques centaines de kilomètres, et bien que la boîte de vitesse ne soit pas complètement rodée, elle fonctionnait sans peine, le passage des rapports s’accompagnant seulement d’un bon « clonck » signifiant que le rapport était bien engagé.

Ma plus grande surprise viendra du freinage, bien que le responsable de la concession Harley de Plan-les-Ouates, où chaque fan de la marque trouvera son bonheur, m’ait dit de faire attention car c’est le point sur lequel je devrais faire le plus attention étant habitué aux sportives ou aux roadsters et bien c’est par sa qualité que j’ai été surpris.

Nul besoin de tirer comme un sourd sur le frein avant pour arrêter les 305kg tous pleins faits de la bête. L’attaque au levier est assez franche et lorsqu’on la conjugue avec une pression sur le frein arrière, vu le peu de transfert des masses, on obtient un freinage franc et des plus efficaces ! On comprend le choix d’un disque de 300mm à l’arrière, cela permettra une sacrée endurance avant de le faire surchauffer.

Classe « S » oblige, les suspensions sont du haut de gamme sur la Low Rider et elles gomment efficacement les défauts de la route tout en préservant vos vertèbres. Après une balade de plusieurs heures nul mal de dos et mon fessier aura été choyé par la selle confortable.

Mais en balade le must reste le moteur ! Le Twin Cam 110 délivrant son lot de sensations. Nul besoin de tirer les rapports, il n’est pas conçu pour cela. Il suffit de cruiser entre 1’500 et 4’000tr/mn pour en tirer la quintessence et avoir des frissons qui remontent le long de la colonne vertébrale tant en raison de la bande son que de l’accélération ressentie.

D’ailleurs pour peu que la chaussée soit un peu humide, avec une accélération franche sur les 3 premiers rapports, vous partirez dans un drift qui restera facilement gérable tant que les 2 roues resteront bien alignées. Et même sur le sec, en étant un peu généreux sur le gaz, il est courant d’entendre le pneu arrière couiner et laisser une trace de gomme sur le bitume. Généreux le 1’801cc on vous dit !

Par contre, une fois de retour en ville, on se rend compte des calories développées par le big twin… on se trouve avec un véritable four entre les jambes. Je me serai d’ailleurs brulé quelques fois le mollet droit sur les tubulures d’échappement à peine protégées.

Pour ce qui est des détails, j'ai apprécié la clé codée qui permet de s'assoir sur la moto et d'appuyer sur le contacteur pour entendre un blip qui signale que les deux grosses gamelles sont prêtes à être lancées. Par contre, le verrouillage sur la colonne de direction par une classique clé est moins pratique car du coup il faut quand même la sortir de la poche...

Conclusion :

Alors que vaut la Harley-Davidson Low Rider S ? Pour vous donner une indication, pour moi dont c’était une première sur ce type de moto, ça a été une magnifique expérience et je dois dire que je craquerais volontiers pour ce type d’engin.
Son moteur extraordinaire, ses freins plus que corrects et son confort permettent de rouler encore et encore en prenant un panard monstrueux au rythme des pistons et de la bande son, homologuée, des échappements, ce sans avoir (trop…) peur pour son bleu.

En plus, la Low Rider S est une vraie moto valorisante, les gens vous regardent passer, viennent vous parler pour vous demander le modèle, la cylindrée.

Dans les moins, je mettrais la selle monoplace, la HD est une moto d’égoïste et vous en profiterez en solo. La béquille fait également partie des choses dont je ne me serais pas tout à fait habitué.

Quant à son prix, il est à la hauteur de la qualité et de la rareté de l’objet, la Low Rider S n’a pas la vocation à être une moto de grande production et c’est presque tant mieux, les beaux objets doivent être rares.

Je retiendrais également de cette Harley l'attraction qu'elle déclenche. J'en veux pour preuve le nombre de personne qui m'ont demandé à pouvoir poser leur fessier dessus pour ressentir le couple énooooooorme du moteur, mais chuuuuuuut j'ai promis de taire les noms...

PS : les photos de cet essai auront été réalisées dans une tenue "légère" afin de coller au maximum avec l'esprit de la machine et également car elle appelle à cruiser tranquillement.

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Au final...

On a aimé :
+
Le twin qui respire
+
La classe et la prestance HD
+
Les freins
+
Le bonheur d'enrouler
On a moins aimé :
-
La chaleur du moteur (aïe mon mollet droit)
-
Pas de duo
-
Le verrouillage sur la colonne de direction

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Harley-Davidson
Modèle :
Low Rider S
Année :
2016
Catégorie :
Cruiser
Moteur
Type :
Bicylindre en V Screamin' Eagle 110
Cylindrée :
1'801 cm3
Refroidissement :
Par air
Alimentation :
Injection électronique à port séquentiel (ESPFI)
Performances
Couple max. :
156 Nm à 3'500 tr/min
Transmission
Finale :
Par courroie crantée
Boîte :
6 rapports
Partie Cycle
Châssis :
Cadre tubulaire double berceau en acier
Suspension AV :
Fourche téléscopique 43mm
Suspension AR :
Double amortisseur réglables
Pneu AV :
100/90 x 19
Pneu AR :
160/70 x 17
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
Double disque hydraulique 300mm, étriers 4 pistons
Frein AR :
Simple disque 300mm, étrier 2 pistons
Dimensions
Longueur :
2'390 mm
Empattement :
1'630 mm
Hauteur de selle :
685 mm
Poids à sec :
293 kg
Poids total :
305 kg
Réservoir :
17,8 litres
Catalogue
Prix de vente :
CHF 21'300.-
En ligne :

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