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Harley-Davison Switchback - Deux motos pour le prix d'une !

Texte de Yann Blondel / Photo(s) de Patrick Schneuwly
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Prendre le guidon d'une Harley-Davidson est toujours un grand moment, 110 ans d'expérience, une notoriété éprouvée depuis des années, le tout avec un arrière-goût d'Amérique.

A la rédaction, il y a une tradition, le plus vieux doit réaliser les essais d'Harley-Davidson. Bon, ce n'est pas tout à fait vrai ! En fait, personne n'est vraiment chaud pour partir sur ce genre de moto... à part moi qui suis ouvert à tout. Chevaucher un mythe n'est pas la panacée de mes collègues. Ils comprendront certainement un jour que pour mériter une Harley, il faut avoir une certaine maturité.

Voici la Dyna Switchback !

La Switchback arrive comme un cheveu sur la soupe dans la firme de Milwaukee. Effectivement, si les Ricains avaient pensé à toute sorte de motos, ils avaient omis de proposer une vraie routière GT.

La Switchback vient donc combler cette déficience en proposant deux motos en une : un châssis de Dyna promettant rigueur et agilité, associé à une fourche de Softail, des valises latérales d'Electra reprenant l'esthétisme des FL, et au besoin un pare-brise de Road King démontable en un tour de main, le tout sans outils. Avec ou sans artifice, vous aurez donc le choix entre opter pour un look custom ou un look de voyageuse.

D'un gabarit impressionnant à la livraison, la moto sait se faire discrète sans son équipement de voyage. La moto devient alors bien plus agréable à l'oeil et permet aisément de reconnaître la lignée des Dyna.

La large et épaisse selle annonce immédiatement la couleur, le confort est la priorité de cette version. Les petits gabarits seront heureux d'apprendre que sa hauteur se trouve à 695mm du sol. Les larges repose-pieds devraient permettre de cruiser aisément, mais leur garde sol sera rapidement un problème lors d'une virée dans un col. Le large guidon surélevé offre une position relaxante ménageant poignets et dos. Les rétroviseurs sont idéalement placés et offrent un champ de vision optimal.

Les commandes au guidon sont manipulables facilement : un clignotant de chaque côté du guidon, un bouton trip pour consulter le minuscule écran sur le réservoir offrant les plusieurs informations essentielles (compteur kilométrique, trips partiels, jauge de carburant avec indicateur de niveau bas, autonomie, compte-tours digital, horloge). C'est complet !

Une fois en selle, les 330kg de la moto se font presque oublier. Presque, car lors des manoeuvres, il sera nécessaire de se servir des cuisses pour déplacer ce char. Pour les propriétaires d'une Electra, la Switchback n'est rien par rapport au 413kg de la grande routière.

Le tour du propriétaire étant fait, il est temps de partir en virée.

Pour les premiers de roues, j'ai décidé de partir en solo afin de vérifier si je retrouvais l'esprit de la Dyna dans cette switchback.

Une simple pression du pouce droit ébroue le gros twin de 1'690cc "103". Immédiatement je ressens que le démarreur a besoin de son plein de batterie pour lancer la machine. Il en faut de la force pour faire bouger les deux gros pistons emprisonnés dans ces cylindres et culasses refroidies par air et huile. D'ailleurs, le moteur est bien présent et distille son lot de sensations tout en vibrant de toute sa grandeur.

Le moteur tourne comme une horloge. Un son feutré, me laissant quelque peu sur ma faim, sort des magnifiques échappements chromés. Forcément, je m'attendais à quelque chose de plus expressif et de plus vrombissant. La Switchback est une GT... c'est ainsi ! La liste des accessoires Harley-Davidson est suffisamment longue pour y trouver un échappement plus libre... je ne me fais pas de souci à ce sujet !

Premiers tours de roues...

Même si ce n'est pas sa vocation ni son terrain de jeu idéal, je me lance parmi la faune urbaine. Le passage du premier rapport demande une forte pression sur le sélecteur. Virile, la boîte de vitesses ! Les premiers mètres se font toujours avec une certaine appréhension en regard du gabarit et du poids de l'engin. Elle en impose !

Une fois dans le flot de circulation, la moto se conduit avec aisance pour autant que vous restiez à votre place.

Bien que la Switchback se manie assez facilement une fois les 20km/h dépassés, sa largeur pénalise l'épreuve du gymkhana. Il est ainsi préférable d'attendre sagement dans la file, entre les boîtes à roues. De plus, comme tout moteur à refroidissement air/huile, les remontées de chaleur sont importantes et peu agréables par météo estivale. Aussi, il m'a été difficile de trouver le neutre de la boîte de vitesses... peut-être dû à la jeunesse de la machine (seulement 900km) ?

Plutôt que de perdre du temps à traverser Genève pour rejoindre un bout de campagne, je décide d'emprunter le long ruban pour m'extraire rapidement de la jungle urbaine. Une fois lancé, le 1'690cc équipé d'une boîte à six rapports, se montre très volontaire et offre de bonnes accélérations pour autant que vous puissiez aller de bout en bout de la poignée des gaz.. La course est exagérément longue, ce qui à l'usage est rapidement fatiguant. Heureusement, Harley-Davidson a équipé la poignée d'un stabilisateur de vitesse manuel, réglable via une simple mais efficace molette. Cruiser à 120km/h ne posera donc aucun problème pour autant que vous ayez installé le pare-brise. Le poids de la moto assure une stabilité exemplaire dans cet exercice autoroutier. La large et épaisse selle filtre parfaitement les vibrations du moteur.

Avaler les kilomètres sur l'autoroute, c'est parfois pratique, mais totalement dénué d'intérêt !

Les trajets autoroutiers sont pratiques pour les déplacements rapides et "utilitaires" d'un point A à un point B. C'est tout ! Les motards eux, ils aiment les routes sinueuses des cols, les routes de campagne, là où ça bouge à gauche, à droite.

Le trajet choisi m'aura fait partir du côté de Bellegarde, puis Lélex, les Rousses, pour redescendre par le célèbre col de la Faucille. La boucle mesure environ 120km et se compose de routes en plus ou moins bon état et de courbes qui mettront sans aucun doute les suspensions de cette Switchback à rude épreuve.

Position de conduite plutôt décontractée, pieds en avant, guidon relevé, le trajet est agréable. Le moteur offre toujours une excellente louche de couple (126Nm) très bas dans les tours, ce qui permet d'enrouler et de rester sur les derniers rapports. Les premiers virages serrés approchent, je tombe deux rapports, empoigne le levier de frein avant et là je me rends compte que je suis un poil optimiste. La fourche s'enfonce et montre son côté grand confort, alors que le simple disque avant a bien du mal à freiner les 330kg de la bête et mes 85kg. Heureusement, le frein arrière ralentit l'ensemble avec bien plus d'efficacité que son frangin de devant. 

Le premier virage passé, s'en suivent de nombreux enchaînements de virages. Je resterai donc sur le second rapport. Chaque virage serré me rappellera que la garde au sol est insuffisante pour espérer suivre la concurrence japonaise, et c'est bien dommage, car la moto est très bien équilibrée, alliant agilité et légèreté dans cet exercice.

Que ce soit à gauche ou à droite, les repose-pieds en prennent pour leur grade en hurlant telle une crécelle. Si vous envisagez de longs voyages, il vous faudra prévoir des boulons de rechange afin de ne pas voir vos repose-pieds chromés fondre comme neige au soleil, usés par l'asphalte bien rugueux des cols de montagne.

De retour sur route rectiligne, la moto se trouve à nouveau dans son élément de prédilection et permet à nouveau de cruiser et de rêver aux routes du pays de l'Oncle Sam, larges, longues et bien droites...

Un arrêt dans la station du coin me fera constater que ce nouveau bloc offre de bonnes performances pour une consommation raisonnable avec un peu moins de 6.5 litres pour 100km parcourus, le tout sur nationales et routes de montagne. Un autre arrêt me rappellera également que le chrome, c'est beau, mais qu'il faut être sacrément maniaque si l'on souhaite le garder rutilant comme au premier jour. Heureusement, de nos jours de bons produits existent !

Conclusion :

La Switchback se positionne clairement dans la catégorie des GT. Malgré tout, elle ne rivalisera pas avec ses concurrentes européennes ou asiatiques, reines dans le domaine. Les fans de Harley-Davidson ne recherchent pas forcément les aptitudes parfois aseptisées de la concurrence.

Le rêve américain est toujours bien présent avec la Switchback, avec son chrome à profusion, son moteur vivant et son aptitude à cruiser sans avoir besoin de penser toutes les deux minutes aux limitations de vitesse. Bref, une moto qui mérite d'être essayée, tout en gardant à l'esprit que cette moto n'est pas faite pour chasser le chrono ou pour prendre de l'angle "de goret".

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Au final...

On a aimé :
+
L'esthétique inégalable
+
Avoir deux motos en une
+
Le moteur très contueux
+
Le confort
+
Les nombreuses concentrations auxquelles vous participerez
On a moins aimé :
-
Le freinage avant bien trop juste
-
Les sacoches peu pratiques

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Harley-Davidson
Modèle :
Dyna Switchback
Année :
2013
Catégorie :
Routière
Moteur
Type :
Twin Cam 103™
Cylindrée :
1'690 cm3
Refroidissement :
Air
Alimentation :
Injection électronique à port séquentiel (ESPFI)
Performances
Puissance max. :
81 ch à 5'350 tr/min
Couple max. :
126 Nm à 3'500 tr/min
Transmission
Finale :
Par courroie
Boîte :
6 rapports
Partie Cycle
Châssis :
Acier
Pneu AV :
130/70B18 63H
Pneu AR :
160/70B17 73H
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
Simple disque avec étrier fixe à 4 pistons
Frein AR :
Simple disque avec étrier double piston avec fixation anti-couple de rotation
Dimensions
Longueur :
2'360 mm
Empattement :
1'595 mm
Hauteur de selle :
695 mm
Poids à sec :
320 kg
Poids total :
330 kg
Réservoir :
17,8 litres
Coloris disponibles
Coloris :
Vivid Black
 
Ember Red Sunglo
 
Big Blue Pearl
Catalogue
Prix de vente :
CHF 21'700.-
Options de coloris : 22'100.-
En ligne :

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