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Yamaha T-Max XP500 25kW – L’amant

Texte de Patrick Schneuwly / Photo(s) de Patrick Schneuwly
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Dans la vie d’un motard, il y a des caps. La découverte de la moto, à peine en équilibre sur une pocket-bike pour établir le record du tour du jardin. Puis en passager avec son père, sans casque autour du pâté de maisons. Ce sont ensuite des balades, de plus en plus longues. Vient alors la première moto, comme un premier amour.

Puis on essaie tous les styles, pour trouver chaussure à son pied ; le kilométrage augmente lui aussi. Là, la pente devient descendante, on monte un top-case sur la moto (ndlr : un top-case est un genre de valise en plastique qui se monte à l’arrière d’une moto). Un motard doit ignorer cette personnalisation le plus longtemps possible. Désolé ! Finalement, on vend toutes ses motos pour un scooter, puis on monte aussi un top-case dessus…

STOP !

Heureusement, je suis encore en pleine ascension de cette pente, exactement à l’étape où je cherche le style qui me convient le plus. Comme Jimmy l’a fait avant moi, je dois moi aussi avouer que j’aime le T-Max. Je ne pense pas en posséder comme unique véhicule avant longtemps, mais comme véhicule de luxe pour petits et longs déplacements urbains et parfois autoroutiers, il est le meilleur candidat.

T-Max, le scooter qui ne laisse pas les motards indifférents

Commençons par passer en revue la concurrence du maxi-scooter Yamaha. Honda propose les SW-T400 et SW-T600, récemment restylés pour devenir plus jeune. Suzuki vend le Burgman 400 et 650 au look trop banal. Kymco a aussi un scooter 500cm3, ainsi que Gillera (Fuoco et Nexus). Visuellement, le T-Max est un cran au-dessus. Avec ses lignes tendues, il flatte l’œil sous tous les angles. La face avant arbore deux grands phares de forme assez classique, juste à côté des deux clignotants intégrés d’un style assez automobile. Pareil à l’arrière, le phare est bien intégré et couvre une grande partie de la pointe arrière.

La selle sur deux niveaux suit la ligne du scooter. L’arrière très haut se termine avec des poignées qui semblent être conçues pour tirer quelqu’un en roller. Enfin, je dis ça mais n’essayez point (ou alors, envoyez-nous la vidéo !). Le peu que l’on voit du moteur se résume en deux carters peu éloignés des cale-pieds passager escamotables. Tout le reste est du plastique peint couleur carrosserie ou noir brillant. Un peu à la manière d’un piano, ces pièces ont un côté classe, mais sont un enfer à garder propres. De plus, la pièce qui couvre la trappe à essence sera rapidement rayée si le pilote ne fait pas attention en passant le pied.

A la croisée du style et de l’agrément, je parlerais de la bulle juste trop basse pour mon mètre quatre-vingts, mais aussi des rétroviseurs perchés à 15cm du bout d’un bras. Diablement bien placés pour bien voir derrière, mais on repassera pour le style. Sur le tableau de bord, les trois cadrans à aiguille sont au diapason avec la classe du noir brillant. A première vue bien visible, le tachymètre vous paraîtra détraqué en voyant l’aiguille monter vite et haut. Je me demande s’il faudrait pas un affichage tête haute, comme dans un avion de chasse ou une des dernières voitures de luxe.

En bas, au centre, bien qu’il ne soit pas d’utilité majeure, se trouve un compte-tours digital, d’allure très sportive.

A quel point cette moto, pardon, ce scooter est-il pratique ?

Pour un motard, le premier argument recevable est fait d’avoir des rangements. Bien qu’on arrive très facilement à ranger un couteau suisse et une couverture de survie sous sa selle, on peut cacher bien plus encore sous la celle d’un autre scooter… Pas dans le T-Max. Pour ranger un casque, il faut une certaine dextérité pour ne pas le cogner de tous les côtés avant de pouvoir fermer le coffre. En termes de volume, j’ai transporté sept briques de 2 litres avec encore un peu de place pour des formats plus petits.

Le XP500 T-Max propose aussi deux rangements, à gauche et à droite, sur le bas du tableau de bord. Tout deux sont munis de joints pour éviter le bain à ce qu’on y range et celui de gauche offre un tiroir à smartphone. Seulement, ces deux rangements ne sont pas verrouillables. Une prise 12V pour charger son téléphone aurait été un atout intéressant si on ne peut pas le laisser dedans.

J’ai fini par mettre mes lunettes de soleil et un chiffon microfibre dans ces aménagements. J’ai aussi cherché comment installer un top-case. Le support vendu par Yamaha vient se fixer sur les quatre vis des poignées arrière et les remplace. La belle ligne sportive se trouve alors cassée, au profit d’un rangement extra-large.

Garer le T-Max se fait de manière aisée, même si son poids de 230kg jouera contre vous au moment de mettre la béquille centrale. Vous choisirez peut-être de mettre la béquille latérale, même si elle fait prendre pas mal d’angle au XP500 et lui fera prendre un peu plus de place. Et si vous vous garez en descente, n’oubliez pas de bloquer la roue arrière avec le frein de stationnement, le scooter pourrait se faire la malle…

Une fois en route, il n’y a plus de doute, c’est un scooter !

Permis A limité oblige, mon T-Max d’essai était bridé, mais il y a quand même de quoi s’amuser ! Dès la première accélération, le bicylindre sort vite de la torpeur du ralenti. Gaz en grand, la manière dont le moteur s’énerve pour vous faire prendre de la vitesse en surprendra plus d’un. Ça en devient un jeu dangereux, pas autant que la roulette russe, mais le temps qu’il faut pour atteindre les 50km/h est vraiment bref.

Sur les trajets autoroutiers, le maxi-scooter Yamaha est un canapé monté sur rail. Bonne absorption des imperfections de la route, régime moteur moyen pour qu’il se fasse discret, bruit de vent bien maîtrisé à condition de se réfugier derrière la bulle. La taille de cette dernière, comme signalé précédemment, aurait gagné à mieux protéger les grandes personnes. Étrangement, la position, elle, est bien adaptée à ma taille. Les pieds en avant sur les repose-pieds alu marqués T-Max ou, comme sur les autres scooters, les pieds à plat. Ma sortie d’autoroute est approche, il est temps de s’enfoncer dans la ville.

Sur les grands boulevards, pour aller de carrefour en carrefour, ce scooter autorise des prises d’angle assez intéressantes. Au point de chercher le point de corde sur les trottoirs, entre le jeune à l’attaché-case et la mère avec la poussette.

Dans le trafic dense, le XP500 est un peu moins à l’aise, son gabarit vous retiendra parfois de remonter une file où d’autres scooters viennent pourtant de passer. Suffisamment lentement, sans sortir les pieds au risque d’être encore plus large, mais aussi en gardant l’équilibre; il faudra de l’entrainement pour savoir quand ça ne passe plus. Avec un passager, presque rien ne change, juste l’équilibre à l’arrêt. Pour la mise en situation, on s’est amusé à parcourir la ville de long en large avec un ami. Les gens qui nous croyaient à l’autre bout de la ville cinq minutes auparavant étaient surpris de nous voir s’arrêter devant eux.

Le freinage n’est pas en reste, double disque et étriers deux pistons à l’avant, monodisque de même diamètre à l’arrière, le tout supervisé par un ABS qui rassure. Le système se déclenche rapidement à l’arrière, lorsqu’on tire fort sur le levier, mais n’engendre pas de réaction désagréable. Chacune des poignées de frein est réglable en cinq positions, du plus progressif et long au plus direct. Lors d’arrêt en pente, il m’est arrivé d’actionner le frein de stationnement, en poussant rien qu’un peu le levier dans le bon sens permet de libérer la roue. En même temps, de la main droite, on met des gaz pour un départ tout en douceur.

Tmax, ou l’amant du motard

Rouler en T-Max est super amusant, mais je dois me garder de le dire. Une fois le premier kilomètre passé, les préjugés s’envolent. Ne prenez pas le risque de vous pointer assis dessus dans un rassemblement de motards, ce serait comme venir avec votre maîtresse au réveillon de Noël en famille, alors que personne n’aurait imaginé cela.

Commercialement, je me demande quelle proportion des ventes est en 25kW. Selon moi. le client qui veut un scooter avant 25 ans en choisira un moins puissant. Mais au fond, qu’importe, les quelques clients qui l’achèteront bridé auront entre les mains un véhicule très agréable à rouler et à regarder. Facile à utiliser pour n’importe qui, seul ou avec un passager.

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Au final...

On a aimé :
+
La position, étudiée pour rester assis longtemps
+
L’envie de repartir une fois arrivé
+
Mettre gaz à fond pour voir les gens s’éloigner derrière moi !
On a moins aimé :
-
Le regard de mes amis motards
-
La taille du coffre inversement proportionnelle à celle du scooter
-
Dire combien coûte la bête à tout ceux qui me le demandaient

Fiche technique

Véhicule
Marque :
Yamaha
Modèle :
T-Max XP500
Année :
2010, 2011
Catégorie :
Scooter
Kit 25 kW :
Disponible
Moteur
Type :
Bicylindre parallèle, 4 temps, 4 soupapes, double arbre à cames en tête
Cylindrée :
499 cm3
Refroidissement :
Liquide
Performances
Puissance max. :
43.5 ch à 7'500 tr/min
Couple max. :
46.4 Nm à 6'500 tr/min
Transmission
Finale :
Automatique par courroie en V
Partie Cycle
Châssis :
Simple berceau type « Diamant »
Suspension AV :
Fourche téléscopique
Suspension AR :
Bras oscillant
Pneu AV :
120/70 – 15
Pneu AR :
160/60 – 16
Freinage
ABS :
Oui
Frein AV :
Double disque ø 267mm, étriers 4 pistons
Frein AR :
Simple disque ø 267mm
Dimensions
Longueur :
2'195 mm
Empattement :
1'580 mm
Hauteur de selle :
800 mm
Poids total :
225 kg
Réservoir :
15 litres
Catalogue
Prix de vente :
CHF 14'990.-
TMAX TECH MAX Édition spéciale : CHF 15’960.-
En ligne :

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